‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 44 sur 96 · LE PORT ET LES PALAIS DU BOUCOLÉON · texte numérisé non relu

LE PORT ET LES PALAIS DU BOUCOLÉON

lie port du Boucoléon (n° 135), qu'on nommait encore le port du palais, ou tout simplement le Boucoléon, était très-près du Palais-sacré. On y descendait de ce palais par un chemin (n° 127) qui partait de l'Héliacon du Phare (n° 105). Les auteurs ne donnent pas l'époque de sa fondation, qui devait être fort ancienne et remonter au temps de la construction du palais par Constantin. Un magnifique quai (n° 136), enrichi de colonnes et pavé de marbre, s'étendait au-devant du port. On y voyait un groupe de marbre représentant un lion terrassant un taureau ; c'est ce groupe qui avait valu à ce lieu et aux édifices qui l'avoisinaient le nom de Boucoléon1. Des statues d'animaux, que Constantin Porphyrogénète avait rassemblées de différents endroits, accompagnaient le groupe du lion et du taureau. Cet empereur avait fait encore construire un vivier dans le Boucoléon2. Du quai, on descendait à la mer par des escaliers de marbre. Ce port était à l'usage exclusif de l'empereur, et c'est là qu'il s'embarquait quand il voulait sortir par mer du palais.

Théodose le Jeune ( -J- 450) avait construit auprès du port un palais qui reçut aussi le nom de Boucoléon. Les empereurs en avaient depuis longtemps abandonné l'habitation, lorsque Nicéphore Phocas (963 f 969), après avoir fait fortifier l'enceinte de la demeure impériale, fît bâtir près du port du Boucoléon une forteresse dans laquelle il renferma l'ancien palais de Théodose. Le donjon qui s'élevait au-dessus des murs d'enceinte devint sa demeure habituelle. Les deux édifices (n° 134) étaient appelés, au onzième siècle, les palais du Boucoléon. Comme notre restitution se reporte à la fin du dixième siècle, nous avons dû donner à ces palais réunis la forme d'un château fort du moyen âge. Dès le commencement du douzième siècle , le grand palais de Constantin commença à être négligé par les empereurs, qui habitèrent souvent soit le palais des Blaquernes, soit celui du Boucoléon, véritables forteresses où ils se trouvaient plus en sûreté.

1 Anna Comnena, Syntagma rer. ab Alexio gest., lib. III, § 1; Paris., p. 72; Bon., p. 137. s Incerti continuatoris Constantini Porphyr. imperium, ap. Script, post Theoph., lib. VI, § 15; Paris., p. 278; Bon., p. 447.

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