‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 45 sur 96 · LE NAOS D'ÉLIE THESRITE ET LES ORATOIRES DE SAINT-CLÉMENT · texte numérisé non relu

LE NAOS D'ÉLIE THESRITE ET LES ORATOIRES DE SAINT-CLÉMENT

ET DU SAUVEUJl.

Si, en quittant le quai du Boucoléon, on suivait, en marchant vers l'ouest, la galerie méridionale (n° 129) qui bordait le Mésocépion, on arrivait à la chapelle d'Elie Thesbite (n° 137) , qui était construite dans la plaine, directement au-dessous du grand palais vers l'est. Cette chapelle, que l'empereur Basile le Macédonien (-J-886) avait fait bâtir, était remarquable par son élégance et par la richesse de son ornementation. La voûte était ornée d'une charmante mosaïque à fond d'or. Un oratoire consacré sous le vocable de saint Clément (n° 138) était annexé à cette chapelle. Basile y avait déposé le chef de ce vénérable martyr, ainsi que les saintes reliques de plusieurs autres1.

Près de ces édifices, Basile avait fait élever un oratoire consacré sous le nom du Sauveur, ô £ÙxTr(ptoç or/.oç toû liovr^oç (n° 139), dans la construction duquel il avait déployé toute sa magnificence. L'intérieur tout entier de ce petit temple était une œuvre d'orfèvrerie, et nous ne pouvons mieux le faire connaître qu'en traduisant littéralement la description que Constantin Porphyrogénète en a donnée dans la vie de son aïeul : « La » magnificence et l'éclat de cet oratoire sont incroyables pour qui ne l'a pas vu, tant est » grande la quantité d'or, d'argent, de pierres précieuses et de perles qui se trouve )) amassée dans son enceinte. Le pavé tout entier est d'argent massif travaillé au marteau » et enrichi de nielles. Les murs à droite et à gauche sont aussi revêtus de grosses feuilles » d'argent damasquiné d'or et rehaussé de l'éclat des pierres précieuses et des perles. » Quant à la clôture qui ferme le sanctuaire dans cette maison de Dieu, que de richesses » elle réunit! Les colonnes en sont d'argent, ainsi que le soubassement qui les porte ; » l'architrave qui s'appuie sur leurs chapiteaux est d'or pur et chargée de toutes parts de » ce que l'Inde entière peut offrir de richesses; on y voit, en beaucoup d'endroits, l'image » de Notre-Seigneur, le Dieu-Homme, exécutée en émail. Pour ce qui est des splendides » décorations du sanctuaire et des vases sacrés qu'il renferme, comme un lieu spécialement » affecté à la garde des trésors, le discours refuse son ministère pour les décrire et veut les » laisser comme choses dont nul n'approche. Lorsque la parole ne peut que rester au- » dessous du sujet, mieux vaut se taire. Voilà donc, si je puis m'exprimer ainsi, les » beautés orientales qui, du sein de la foi vive de l'illustre empereur Basile, ont rejailli » sur les œuvres élevées par ses mains dans la demeure impériale2. »

1 Constant. Porphyk., De Basilio Mac, ap. Script, post Theoph., lib.V, § 87; Paris., p. 203; Ron., p. 329.

2 Constant. Porphïr., De vita Basilii, ap. Script, post Theoph., lib. V, § 87; Paris., p. 203; Ron., p. 330.

LE PENTACOUBOUCLON.

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