L'ÉGLISE DU SEIGNEUR; LA PORTE DU SPATHARICION
L'église du Seigneur (n° 35) , ËxxXr^i'a tou Kupfou, Naàç tou Kupfou, ô Kuptoç était située, comme on vient de le voir, au fond des Courtines et près des portes du Consistorion (n° 32) . Elle se composait d'un narthex , dans lequel on entrait par des portes de bronze , d'une nef et d'un sanctuaire qui était tourné vers l'est, conformément aux usages de l'Eglise2. L'empereur étant arrivé au Seigneur par la Chalcé et les Courtines, comme on vient de le voir, y faisait sa prière devant les portes saintes du sanctuaire , « puis traversant » les galeries de l'église-, 8ià tôv Staêaxtxûv tou Kupfou , l'hémicycle du Triconque et la » galerie des Quarante-S^ints, il entrait dans le Chrysotriclinium (nos 35, D, 73, 80 et 95) 3» . Les galeries de l'église situées au midi conduisaient à la porte du Spatharicion (n° 66), qui s'ouvrait sur la Phiale mystérieuse du Triconque (n° 61), et donnait accès de ce côté dans le Palais-sacré; nous en justifierons dans un instant. Revenons d'abord à l'intérieur de l'église. Au nord du sanctuaire, on trouvait le Trésor ou la sacristie, une salle nommée l'Oatos, et un petit porche par lequel on montait sur l'Héliacon du grand triclinium de la Magnaure (n° 115). Ces localités, annexées à l'église du Seigneur, sont indiquées dans le cérémonial à observer lorsque l'empereur se rendait du Palais-sacré à la Magnaure pour y prononcer une harangue devant le Sénat et les hauts dignitaires de l'empire. « L'empereur » sort du palais revêtu du scaramangion et du sagion bordé d'or ; il traverse la galerie des » Quarante-Saints (n° 80), le Sigma (n° 71) et l'église du Seigneur, où il allume les » cierges; de là il traverse le Trésor (de l'église), l'Oatos et le Sténopos, par lequel on » monte dans l'Héliacon de la Magnaure, Stspyovxat otà xe TÎjç SaxOJajç xal tou lûaTou xal tou » àvàyovToç STevwrroû dç tov tîjç Mavvaupaç HÀiaxo'v, et il entre dans le grand triclinium » (n° 116) 4. » Dans une autre circonstance, lors de la réception des ambassadeurs
1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 32; lib. II, cap. xv, p. 578; lib. I, cap. xvn, p. 98; lib. I, cap. xlvii, p. 239. — Codin., De originibus ; Paris., p. 9; Bon., p. 19.
2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 32, et cap. x, p. 84.
5 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. x, p. 84; cap. xvu, p. 107, et cap. xxx, p. 169. 4 De cer. aul. Byz., lib. II, cap. x, p. 545.
étrangers, qui avait lieu dans la Magnaure, il est dit dans le Cérémonial que l'empereur, pour s'y rendre, « passait par la galerie des Quarante-Saints et le Sigma, s'avançait dans » l'église du Seigneur, et de là traversait le Trésor, l'Oatos et le Sténopos, par lequel » on montait vers l'Héliacon de la Magnaure, StipjçeTai oià toû àvfovxoç 2tsvcouoû nfa to T'?jç » Mavvaupaç 'HXwocdv l. » Ainsi, en venant du Palais-sacré, après avoir passé par la nef de l'église, on traversait encore, pour aller à la Magnaure, qui était au nord, le Trésor ou la sacristie (n° 35, A), une pièce à laquelle on donnait le nom de Oatos (n° 35, B), parce que sans doute elle était voûtée en forme d'oeuf2, et un autre endroit nommé Sténopos (n° 35, C). Nous verrons plus loin que dans le livre des Cérémonies le dessous du portique de l'Augustéos (n° 49) recevait le nom de S té non, to 2tsvov 3, qui signifie, dans l'ancien grec, étroit, resserré, passage étroit. Le mot orevayrcdç signifie également lieu ou chemin étroit, sentier; nous avons donc pensé que ce Sténopos devait être le dessous d'un petit porche abritant l'entrée de l'Oatos, qui, de ce côté, servait sans doute de vestibule à l'église. Au surplus, à la porte de l'Héliacon du Phare (n° 105, A) on trouvait un Sténopos. Pour sortir de cet Héliacon, on traversait le Sténopos de la porte, Sià toû Iiiviùhou toû MovoO'jpou ; le Sténopos qu'il fallait traverser en sortant d une porte à un battant ne pouvait être que le sol même d'un petit porche, d'un tropicé, élevé au-devant de cette porte4. Les qualificatifs àvàyovTOç et àvfovroç, donnés au Sténopos de l'église du Seigneur, indiquent positivement que de ce lieu, en sortant de l'église, on montait dans l'Héliacon de la Magnaure5, et cela se conçoit, puisque nous avons appris, par les citations déjà faites, que le terrain sur lequel s'étendait la demeure impériale allait toujours en s'élevant depuis la mer jusqu'aux murs qui la fermaient au nord.
Nous allons prouver maintenant que la galerie extérieure de l'église par laquelle l'empereur sortait pour rentrer dans le Palais-sacré aboutissait à la porte du Spatharicion (n° 66).
Quand l'empereur voulait aller du Palais-sacré à Sainte-Sophie par la voie la plus courte et sans passer par le forum Augustéon, les officiers du palais, les patrices, les domestiques (chefs des gardes) et les autres seigneurs, revêtus du scaramangion , se réunissaient auprès du Spatharicion. La porte s'ouvrait et les officiers du palais étant entrés, l'empereur sortait, accompagné par eux, et était reçu en dehors de la porte du Spatharicion (n° 66), è'^co ir^ to5Xyjç toû 2na0apix(ou, par les patrices et les domestiques, qui se prosternaient devant lui. Ceci fait, l'empereur, accompagné de tous, passait par la Magnaure, par ses galeries supérieures et par l'escalier de bois (nos 116, 117 et 13), et
1 De cer. aul. Byz., lib. II, cap. xv, p. 567.
2 Du Cange, Const. Christ., lib. II, § 4, n° 20, p. 122, et lib. III, § 33, p. 30. 1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. ix, p. 69. Voyez ci-après § vu.
' De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xix, p. 119.
5 'Avayw, conduire de bas en haut; àvwjfAi, pousser en haut, monter.