‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 56 sur 96 · L'ÉGLISE DU SEIGNEUR · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE DU SEIGNEUR

entrait dans les Catéchumènes de la Grande-Eglise 1 . Ainsi, les premières citations nous ont appris que lorsque l'empereur allait du Palais-sacré à la Magnaure, il passait par l'église du Seigneur, et la dernière , que lorsqu'il allait à Sainte-Sophie par la Magnaure et ses galeries supérieures , il sortait par la porte du Spatharicion ; il est donc établi que cette porte était celle par laquelle le Palais-sacré communiquait avec l'église du Seigneur et le triclinium de la Magnaure, et par conséquent celle par laquelle l'empereur entrait lorsqu'il arrivait par la Chalcé, les Courtines, le Seigneur et les galeries extérieures de cette église. Quand le patriarche, après avoir fait visite à l'empereur dans le Chrysotriclinium (n° 95), retournait à Sainte-Sophie, il était reconduit par les officiers du palais jusqu'à la porte du Spatharicion2. Cette porte, l'une de celles qui fermaient le Palais-sacré, s'ouvrait donc sur la voie la plus courte pour aller à Sainte-Sophie.

L'église du Seigneur, bâtie par Constantin3, fut la chapelle impériale du palais jusqu'au moment où Basile le Macédonien eut fait construire le naos de Sainte-Marie du Phare (n° 106). Un événement tragique de l'histoire byzantine vient en fournir la preuve.

Michel le Bègue, patrice et capitaine des gardes, convaincu d'avoir conspiré pour usurper l'empire, avait été condamné par l'empereur Léon V, dit l'Arménien (820), à être brûlé vif dans la fournaise des bains du palais. Le supplice devait avoir lieu le jour de Noël , mais ayant été différé d'un jour, à cause de la solennité de la fête , Michel profita de ce délai pour faire prévenir ses complices qu'il les dénoncerait tous s'ils ne le sauvaient pas de la mort. A cette époque, les prêtres et les clercs qui desservaient la chapelle impériale n'étaient pas logés dans le palais, comme ils le furent depuis. Vers les trois heures du matin, ils se réunissaient à la porte d'ivoire (n° 43) et de là ils se rendaient dans la chapelle, où ils chantaient Matines. Les empereurs se dispensaient rarement d'assister à cet office dans un jour solennel. Léon V, qui avait une belle voix et qui aimait à entonner les psaumes et à diriger les chants du chœur, n'avait garde d'y manquer. Les conjurés, couverts de robes de clercs, se mêlèrent parmi ceux du palais, et, à la faveur de l'obscurité, pénétrèrent dans l'église, où ils se tinrent cachés dans les endroits obscurs. Comme il faisait un froid rigoureux, l'empereur, de même que les prêtres, avait la tête couverte d'un grand capuchon. A peine eut-il entonné le premier psaume, c'était le signal convenu entre les conjurés, que ceux-ci se précipitent armés vers le sanctuaire, et frappent d'abord le chef du clergé; mais ayant aussitôt reconnu leur méprise, ils se retournent vers l'empereur. Celui-ci s'était élancé vers l'autel et avait saisi une grande croix dont il se servait pour parer les coups. Bien qu'il eût reçu plusieurs blessures, il se défendait avec énergie, lorsque l'un des assassins, d'une taille gigantesque,

1 De cer. mil. Byz., lib. I, cap. xxu, p. 124, et cap. xxvm, p. 157.

2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xiv, p. 96.

' Codin., De originibus; Paris., p. 9; Bon., p. 18.

lui déchargea un coup de sabre qui abattit en même temps l'épaule du prince et un bras de la croix ; il tomba, et un autre des conjurés lui trancha la tête Michel le Bègue passa de la prison sur le trône. Il eut pour successeur son fils Théophile, dont nous avons déjà plusieurs fois parlé.

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