LE PALAIS DU CATHISMA
évidemment dans le narthex que se trouvait la porte qui s'ouvrait sur cet escalier secret.
Lorsque tout est prêt et que le peuple est monté sur les gradins et les a remplis, le Préposé vient l'annoncer à l'empereur. « Alors l'empereur descend par l'escalier » de pierre — et entre dans sa chambre, èv tw xoiTÔvt auxoîi. Le Préposé ayant appelé les
» valets de chambre, ceux-ci revêtent l'empereur de la chlamyde , puis ils sortent
» de la chambre; l'empereur ayant été couronné par le Préposé, sort de la chambre » accompagné des chefs des Cubiculaires, et se tenant dans le petit (triclinium) , il fait » signe au Préposé, et celui-ci à l'ostiaire, qui introduit les patrices, le silentiaire » soulevant la portière de la porte. Les patrices étant entrés avec les généraux, tous se » prosternent, et, lorsqu'ils se sont relevés..., l'empereur, accompagné par eux, passe par » le triclinium l. » Dans cette pièce il trouve les sénateurs. « Accompagné de tous, il sort » et monte dans le Cathisma (n° 18) , et, se tenant devant le trône, il bénit le peuple 2. »
On apprend, par cette citation, qu'après être monté par l'escalier secret dans une chambre du palais du Cathisma, qui devait se trouver au premier étage de l'aile orientale, et avoir de là examiné le champ de course, l'empereur était descendu dans le coiton qui lui était particulier, et que là il avait pris le costume impérial. Il entre ensuite de cette chambre dans un petit triclinium, où il admet seulement les plus hauts dignitaires de l'Etat ; puis il passe dans le grand triclinium où le Sénat est réuni ; ensuite il sort du palais pour monter dans la tribune des jeux. Ainsi l'on trouvait en pièces principales, dans le rez-de-chaussée du palais du Cathisma, une grande galerie, un petit salon et un coiton, et, en dehors des portes, la tribune des jeux, qui recevait le nom de Cathisma. Nous avons décrit cette tribune en traitant de l'Hippodrome. Dans la citation que nous venons de transcrire, le petit triclinium n'est indiqué que par ces mots ziç ib axev^v; la suite du récit indique le mot qui manque là dans le texte. Après les courses, l'empereur et les dignitaires qui l'accompagnent rentrent dans le palais du Cathisma, et l'empereur se retire dans son coiton. Après qu'il s'y est reposé, il en sort, « traverse le petit triclinium, Stà toû gtsvou » xpixXi'vou, et passe dans le grand triclinium, où le repas a lieu3. »
L'auteur anonyme qui a écrit au onzième siècle sur les antiquités de Constantinople, attribue à Constantin la construction de tous les palais qui s'élevaient depuis la Chalcé et les salles des gardes, ainsi que celle de l'église Saint-Etienne et du coiton qui en dépendait, dans lequel , dit-il , ce prince couchait pendant l'hiver 4 ; il y a tout lieu de penser que, par ce coiton, l'Anonyme entendait parler du palais du Cathisma. Codin est
1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxviii, p. 305.
2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxviii, p. 307.
3 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. lxviii, p. 308.
'' Ant. Const., ap. Banduri, Imp. Orient., lib. I, p. 3.
plus précis en disant que Constantin fit élever les palais de l'Hippodrome, Ta uaXàxia
tou ïinuxoû àv^yeips '.
Nous avons terminé ce qui a rapport aux deux premières parties du palais impérial, Chalcé et Daphné. Ces deux premières parties comprenaient tout ce que Constantin avait construit ; Justinien les reconstruisit presque entièrement : mais il est à croire que la partie du palais de Daphné qui subsistait encore au dixième siècle se reliait, antérieurement au règne de Théophile (829 -J- 842) , à d'autres bâtiments élevés sur l'emplacement de la Phiale, du Sigma, du Triconque et de ses galeries (nos 61, 71, 73 et 74). Ces bâtiments furent sans doute détruits en partie, modifiés et reconstruits sur un autre plan par cet empereur. Toujours est-il qu'au dixième siècle l'ancien palais de Daphné se réduisait à des pièces de réception (nos 48, 50 et 51), à la grande terrasse de Daphné (n° 44), à la Thermastra, qui en formait le rez-de-chaussée , et aux oratoires élevés sur cette terrasse. Le Palais-sacré, dont nous allons nous occuper, appartenait entièrement à des époques postérieures à Justinien.
LA PIIIALE ET SON ABSIDE, LES BAINS DE TIIÉOCTISTOS , LA CHAPELLE SAINT-JEAN.
Nous avons établi plus haut que des galeries de Daphné on descendait dans la Phiale mystérieuse du Triconque (n° Cl), rt <l>tàÀr( jjlucttixy] tgu Tpixo'y/ou, et qu'on y entrait aussi par la Thermastra, rez-de-chaussée régnant au-dessous de ces galeries2. Si l'on se reporte à la description que nous avons déjà donnée de cet atrium du Palais-sacré et à notre plan, on verra que l' Abside (n° 60), r\ 'At|i(ç, en formait l'entrée du côté de Daphné. Au milieu de la Phiale existait un bassin (n° 68), et de chaque côté, des escaliers de marbre (n° 69) pour monter au Sigma (n° 71), péristyle du Palaissacré. Au milieu des degrés, s'élevait un petit porche (n° 70) qui abritait la porte de l'étage de rez-de-chaussée au-dessous du Sigma. Quelques citations empruntées au livre des Cérémonies et à l'auteur anonyme qui nous a laissé la vie de l'empereur Théophile, justifieront ces dispositions de notre plan.
Le jour de la fête de la Pentecôte, l'empereur, en revenant de Sainte-Sophie, après avoir déposé son costume dans l'Octogone, « traverse l'Augustéos (n° 48) et l'Abside, » et rentre dans le Palais-gardé-par-Dieu 3 » .
Le jour du Samedi saint, l'empereur se rendant du Palais-sacré à Sainte-Sophie,
1 De œdificiis; Paris., p. 51; Bon., p. 100.
2 Voyez § vu, p. 134.
1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. ix, p. 70; cap. xiv, p. 91, et lib. II, cap. xv, p. 573.