LÀ PHIALE MYSTÉRIEUSE DU TR1C0NQUE ET L'ABSIDE
« sort du Chrysotriclinium (n° 95), passe par la galerie des Quarante-Saints (n° 80), » sort dans l'hémicycle de la Phiale mystérieuse du Triconque , ensuite il traverse » l'Abside et Dapliné (n° 44), allume les cierges dans les chapelles qui sont là, et il » entre dans l'Augustéos »
Ainsi l'Abside touchait aux galeries de Daphné, et formait de ce côté l'entrée de la Phiale; en sortant du palais, on traversait la Phiale avant d'arriver à l'Abside.
L'Abside, comme l'indique son nom, était un hémicycle recouvert d'une voûte en demi-coupole. On en trouve une autre preuve dans le livre des Cérémonies. En effet, la Phiale étant à ciel ouvert et ne présentant pas d'abri, c'est dans l'Abside, èv T?j i^lùi, èv tc7) YjLuxxuXÉœ T/jç àtytôoç, que les dignitaires qui venaient au Palais-sacré attendaient que le concierge en eût ouvert les portes 2. L'auteur anonyme qui a écrit la vie de Théophile nous a fourni le détail des dispositions intérieures de la Phiale ; nous faisons remarquer que notre auteur, en décrivant les constructions exécutées par cet empereur, prend son point de départ du Palais-sacré, et qu'il décrit par conséquent le Triconque (n° 73) et le Sigma (n° 71) avant la Phiale : tout en le traduisant textuellement, nous rétablirons de l'ordre dans son récit assez confus. « A la suite du » Sigma, s'étend un atrium à ciel ouvert, ÛTiaiOpov ti xal â^àspov (n° 61), au milieu » duquel est un bassin d'airain (n° 68) dont les bords sont couronnés d'argent, et » qui renferme un vase d'or en forme de coquille. Cet atrium a été appelé la Phiale » mystérieuse du Triconque, prenant son double nom du Mystère près duquel il est
» placé et de la construction nommée Triconque Au temps des pistaches et des
» amandes, le bassin, qui en est rempli par un conduit qui s'ouvre dans la coquille,
» les offre pêle-mêle à manger à tous ceux qui sont là et qui en désirent Près de
» ce bassin, existent des escaliers, àvaÇàQpai (n° 69), de marbre blanc de Proconèse, » et, au milieu de ces escaliers, un porche , rponix-rç , de marbre (n° 70), appuyé sur » deux colonnes légères 3. » C'est par ces escaliers de marbre que l'on montait du sol de la Phiale dans le Sigma; le petit porche donnait entrée au Sigma inférieur.
Le moine Georges nous a fourni les renseignements sur les bains (n° 63) qui touchaient à l'Abside : « Théoctistos, qui gouvernait l'empire avec l'impératrice (Théodora, mère » de Michel III), fit élever des édifices, des bains, et établir des jardins auprès du lieu » qu'on appelle l'Abside, qui est près du palais4. »
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit plus haut sur la porte du Spatharicion (n° 66) , qui , du côté de l'église du Seigneur, donnait entrée dans l'atrium
* De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xxxv, p. 180; cap. ix, p. 71; cap. 52, p. 263; cap. lui, p. 265; cap. lxviii, p. 304.
2 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. x, xxm et lxxii, p. 71, 128 et 360.
3 Anonym., De Théophile», ap. Script, post Theoph., lib. III, § 43; Paris., p. 87; Bon., p. 141.
* Georgius Mon., De Michaele et Théodora, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 529; Bon., p. 815.
du Palais-sacré. Nous avons placé le Spatharicion , corps de garde des Spathaires (n° 67, A) , auprès de la porte de ce nom , ce qui est justifié par la citation qui nous a fait connaître cette porte1. Nous avons aussi figuré de ce côté la chapelle Saint - Jean (n° 65), dont l'existence nous est révélée par deux passages du livre des Cérémonies. Les hauts dignitaires se sont réunis dans le Palais-sacré, afin d'accompagner l'empereur et d'assister à une cérémonie qui va se passer dans la Phiale mystérieuse du Triconque. Quand l'empereur est au moment de sortir de son appartement, « les patrices et tous les » chefs barbus passent par le Lausiacos, les degrés qui sont là, la porte Monothyros » qui est dans le Trésor privé, et ils vont dans l'hémicycle de la Phiale mystérieuse du » Triconque (nos 92, 76, 75, 61). Tous les susdits se tiennent là, devant le naos de » Saint-Jean, pour attendre l'empereur2».
La Phiale recevait quelquefois le nom de Phiale mystérieuse du Sigma 3 ; elle était en effet plus proche du Sigma que du Triconque.