‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 83 sur 96 · LE NAOS D'ÉLIE THE S DITE · texte numérisé non relu

LE NAOS D'ÉLIE THE S DITE

Disons la fin de cette tragédie. Une fois que les conjurés furent tous réunis sur la plate-forme du château, ils se portèrent, l'épée à la main, vers la chambre à coucher de l'empereur. Ne le trouvant pas dans son lit, ils se crurent découverts et allaient prendre la fuite en se précipitant du haut des murs dans la mer, lorsqu'un petit eunuque, sortant de l'appartement des femmes, vint à leur rencontre et les conduisit dans la chambre où reposait l'empereur. Nicéphore dormait d'un profond sommeil et n'entendit pas entrer les conjurés. Zimiscès le réveille d'un coup de pied, et, comme il levait la tête, Léon Abalantios lui fend le crâne d'un coup d'épée ; on le traîne aux pieds de Zimiscès, qui l'accable d'injures et de reproches. Comme au milieu des mauvais traitements qu'il endurait, Nicéphore invoquait Dieu et la Sainte Vierge, les conjurés lui brisent les mâchoires avec le pommeau de leurs épées; enfin, l'un d'eux l'achève d'un coup de lance à travers le corps.

Au commencement du treizième siècle, le palais du Boucoléon était encore une forteresse importante. Lorsqu'en 1204 les croisés français et vénitiens eurent escaladé les murs de Constantinople et pénétré dans la ville , l'empereur Murtzuphle se retira avec ses gens au château du Boucoléon C'était bien là, comme on le voit, la forteresse impériale, et Ville-Hardoin lui donne le nom de castel : « Li marchis Boni- » faces de Monferrat chevaucha toute la marine droit vers le palais de Bouche-de-lion ; et » quant il vint là, si li fu li palais rendus, sauves les vies de ceus qui dedans estoient. » Là furent trovées les plus hautes daines dou monde qui estoient afuies ou chastel 2. » Le château des Blaquernes se rendit à Henri de Flandre. Ces deux châteaux sont les seuls qui soient mentionnés par les auteurs; aucun ne parle d'une citadelle qui aurait été située sur une éminence dans la ville.

LE NAOS D'ÉLIE THESBITE; LES ORATOIRES DE SAINT-CLÉMENT ET DU SAUVEUR; LE PALAIS DE PORPHYRE.

Nous n'avons rien à ajouter à la description que nous avons donnée de ces édifices. Quant à leur situation, elle nous a été parfaitement indiquée par les auteurs. Ainsi, Constantin Porphyrogénète , en faisant l'énumération des constructions élevées par son aïeul l'empereur Basile, indique parfaitement la position du naos d'Elie Thesbite, ô vaoç tou ÏDaoû tou Qec&hou (n° 137) : « Il existe, dit-il, directement au-dessous du » palais, vers l'orient, è'aTi eOOùç xaxà ib irpàç àvaxoÀàç tûv àvaxxopcov pipoç 3. » Nous

1 Du Cange, Hist. de l'empire de Constantinople sous les Français, liv. I; Collect. des Chron. nat.; Paris, 1826, t. I, p. 21.

2 Joffroi de Vxlle-Hardoin, De la conqueste de Constantinople , § 107; Paris, 1838, p. 80.

3 Constant. Porphyr., De Basilio Mac, ap. Script, posl Theoph., lib. V, § 87; Paris., p. 203; Bon., p. 329.

avons donc placé cette chapelle au-dessous de la partie orientale du Palais-sacré, dans le prolongement du grand axe de ce palais, en face de l'extrémité des propylées de la Nouvelle-église, que nous avons supposés avoir dû lui servir d'accès. Il faut se rappeler que le grand axe du Palais-sacré, parallèle à celui de Sainte-Sophie, ne se dirigeait pas exactement à l'est, mais Lien à l'est-sud-est. L'oratoire de Saint-Clément, à £ÔxT^pioç xoO RXTQ[/.evTOÇ (n° 138), était annexé, cuvrt^ivoç , à cette chapelle, et quant au riche oratoire du Sauveur (n° 139), il en était voisin, yeixoveî xotfxoiç1.

Le Porphyre, ^ Iïopcp'jpa, était, dit Anne Comnène, une habitation située au-dessous du palais, oï/.r^y. t£ icnv xaxà Ta àvàxxopa, et tournée vers la mer et vers le port où l'on voit des lions et des bœufs de marbre, àcpopcov toç irpoç OàXascav -irpoç xov Xtfxiva 2. L'auteur anonyme qui a écrit la Vie de Théophile nous apprend, en outre, que la sortie du trielinium isolé (n° 90), qui s'élevait entre le Mésopatos et le Lausiacos, était tournée vers la Maison de porphyre \ Nous avons donc placé ce pavillon dans la plaine, directement au-dessous de ce trielinium. Dans cette position, il a vue sur la mer et sur le port du Boucoléon, comme l'indique Anne Comnène.

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