‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 23 sur 92 · DÉNOMINATION DE SES DIVERSES PARTIES · texte numérisé non relu

DÉNOMINATION DE SES DIVERSES PARTIES

Byzantins, ce mot avait une signification plus étendue. Ils donnaient cette dénomination à un édifice complet comprenant plusieurs appartements , tel que la Magnaure ; à de grandes salles, comme les salles des gardes et la salle du trône, vaste pièce circulaire entourée de huit absides, et encore à de longues galeries, comme la galerie de Justi* nien et celle du Lausiacos.

La localité la plus importante après le tridinium est le coubouclion , tb xouëoùxXetov ; ce mot, qui vient de cubiculum, n'a pas la même acception chez les Byzantins que dans la langue latine , où il signifiait chambre à coucher. Le couboucUon est un corps de logis composé de plusieurs pièces formant un appartement, ou bien encore une salle de grande importance faisant partie d'un palais ou d'un triclinium \

Coiton, 6 xoiT(6v, est le mot employé chez les Byzantins, comme dans la haute grécité , pour désigner la chambre à coucher ; mais ce mot ne s'appUque pas seulement à la pièce dans laqueDe reposait l'empereur pendant la nuit. Dans chacun des grands tricliniums du palais il y avait un coiton qui servait à l'empereur soit pour se reposer, soit pour changer de vêtements. Le coiton reçoit souvent, en ce cas, le nom de métatorion, tô (XTjtatcopiov. C'est ainsi, comme nous l'avons dit, qu'était nommée la pièce des bâtiments annexés à Sainte- Sophie qui servait de lieu de repos à l'empereur en sortant de l'église. De même le coiton du grand tridinium de la Magnaure est aussi appelé quelquefois tô (XTQTaTci&piov dans le livre des Cérémonies *.

Les galeries qui n'étaient point destinées aux réceptions, mais qui servaient seulement de voies de communication entre diverses parties du palais, portaient le nom pluriel de diabatica. Ta StaêaTtxà •. Des passages pratiqués sur le dessus d'un portique ou d'une galerie extérieure, avec cette destination, reçoivent, lorsqu'ils sont couverts, la même dénomination^. Ce mot est quelquefois pris dans im sens plus général, et est employé pour signifier les différentes pièces du palais par lesquelles l'empereur doit passer pour en sortir •.

Le nom de macron, ô fjLaxpc&v, est donné à une longue galerie qui précède une ou plusieurs pièces principales , et qui leur sert de vestibule ou d'antichambre *.

Les édifices élevés dans l'enceinte de la demeure impériale, et même plusieurs des principales salles du palais, possédaient des portiques qui recevaient des noms différents, suivant le genre de leur construction. Lorsque le portique couvre toute la façade de

* CoNST. PoRPHTTR., De cer, auL Byz., lib. I, cap.i, p. 7, et passim. — Anontm., De TlieophUoy ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 89; Bon., p. 144 et seq.

' De cer. aul. Byz., lib. II, cap. xv, p. 583.

* Idem, lib. I, cap. x et xxx, pages 72, 169 et passim.

* Idem, lib. I, cap. xxi et xxii, p. 122 et 125. ^ Idem, lib. II, cap. xn, p. 610.

* Idem, lib. I, cap. ix, xx,xxiv et xlvii; p. 116, 119, 137 et 239. — Du Gange, Gloss. Grœc, et Constant. Christ., lib. II , g 7, n* 3, p. 144.

Fédifice et forme comme mie vaste galerie servant de vestibule , il reçoit le nom d'embolos, ô efjiêoXoc; \ que les Byzantins donnaient aux portiques qui bordaient une place ou une voie publique *• Quand les portiques ont moins d'étendue et qu'ils font avantcorps , ils prennent le nom de irtJpTt^ , TzépTt^ et irtJprtxoç * ; ils devaient être en ce cas une imitation du péristyle antique. Enfin, on donnait le nom de tropicé, Vj xpoirixi^, à un portique, ou, pour mieux dire, à une sorte de porche qui se composait d'une arcade soutenue ordinairement par deux colonnes et donnant naissance à une voûte en cul-de-fbur ou en berceau *. Le style du tropicé devait être à peu près celui du porche-tribunal décrit et reproduit dans les Instructions du Comité historique des arts et monuments. Le tropicé était le plus ordinairement édifié dans les intérieurs, audevant d'une grande galerie ou d'un corps de logis ; cependant le livre des Cérémonies, après avoir donné au portique du gi'and tridinium de la Magnaure le nom d'embolos, le désigne ensuite une fois par le nom de grand, tropicé '^. Mais la Magnaure ayant été construite par Constantin, devait être édifiée dans le style de l'antiquité et non pas dans celui de l'architecture néo-byzantine, et l'on ne peut regarder l'emploi de ce vocable, en cette circonstance, que comme une distraction de l'écrivain.

Le nom de sténacion, xà (Trevoxfov, ou de sténon. Ta orevciv, est donné au dessous d'un portique •, et celui de sténopos au dessous d'un petit porche ''.

Un emplacement à ciel ouvert et ordinairement dallé en marbre, était presque constamment établi au-devant des églises, des chapelles et des grands tricliniums de la demeure impériale ; ces emplacements reçoivent le nom d'héHacon , ta i^Xtox^v *, et quelquefois celui d'exaéron , tb é^oepov *.

Lorsque ces emplacements doivent servir de lieu de réunion à certains corps, et qu'ils sont enrichis d'un bassin d'eau, ils reçoivent la dénomination] de phiale, t^ çiàXiQ *®,

Le nom d'héliacon est encore donné à des terrasses ouvertes au-devant de pièces établies à l'étage supérieur d'un édifice ".

' De cer, auL Byz,, lib. II, cap. x, p. 547.

* Du Gange, Gloss. Grœc, et Const. Christ, lib. II, % 3, p. 109.

* De cer. auL Byz.y lib. I, cap. i et xliii, p. 9, 22, 219 et passim.

* Anonym., De TheophUo, §43, ap. Script, post Theoph,, lib. III, p. 87; Paris., p. 43; Bon., p. 141. — De cer, auL Byz., lib. I, cap. l, p. 260.

* De cer. auL Byz,y lib. II, cap. xv, p. 570.

« Idem, lib. I, cap. i et x, p. 20 et 72. Voyez chap. IV, g vu.

' Voyez chap. IV, § iv.

' De cer. oui. Byz., lib. I, cap. xxu et xxxu, et lib. II, cap. xv, p. 124, 170 et 586.

* AnoNTM., De Theoph., ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 87; Bon., p. 141. — De cer. oui. Byz.y lib. I, cap. I, S 14, p. 20.

*• Const. Porphtr., De Bas. Mac., ap. Script, post Theoph.; Paris., lib. V, p. 207; Bon., p. 336. — De cer., lib. I, cap. lxiy, p. 287, et lib. II, cap. xxxii, p. 631. — Anontm., De Theoph. Mich.fiL, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 87; Bon., p. 141.

" De cer. oui. Byz., lib. I, cap.xxi, p. 121; lib. I, cap. lxiy, p. 286. — Anontm., ap. Script, post Theoph., lib. III, S 43; Paris., p. 89; Bon., p. 144.

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