‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 36 sur 92 · TROISIÈME PARTIE. — LE PALAIS-SACRÉ · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — LE PALAIS-SACRÉ

Si donc en quittant ces deux pièces on voulait sortir du palais, on n'avait qu'à traverser la Phiale, la Thermastra et l'Hippodrome couvert (pP 42) ; de là, par la cour de Daphné (n® 41), on arrivait à la Porte de fer (pP 39).

Reprenons notre marche dans le Palais-sacré à partir du Triconque (pP 73). En sortant de ce triclinium on trouvait une galerie en forme de T (n*' 74) qu'on appelait Diabatica du Triconque. Les branches de cette galerie au nord et au midi (n^ 74 B) servaient de communication entre les différents triclinium bâtis par l'empereur Théophile pour sa demeure particulière; la branche principale (n® 74, A), qui se dirigeait vers l'est, conduisait à une porte à un seul battant (n^ 75), qu'on appelait porte Monothyros du trésor privé, ou Monothyros tout court. Au delà de cette porte on trouvait des degrés (n® 76) qu'on descendait pour arriver au triclinium Lausiacos (pP 92) . Les galeries du Triconque devaient être éclairées par en haut, comme l'était ce triclinium. Du temps de l'empereur Théophile, et avant que l'empereur Basile le Macédonien eût fait bâtir un édifice spécial pour le trésor, c'était dans les pièces à droite et à gauche de cette galerie orientale qu'était placé le trésor privé de l'empereur. Au dixième siècle ces pièces renfermaient, celles au nord, les bureaux (n** 77, A et B) ; celles du midi (nP 78), les diverses dépendances pour le service du palais et notamment les cuisines : mais cette partie du palais , de même que la porte Monothyros qui la fermait , avait conservé le nom de trésor. Il est probable que des escaliers particuliers conduisaient à l'étage inférieur, où devaient exister également des pièces destinées au service du palais.

Du Sigma on entrait par une porte ouverte vers le nord (n® 71 , C) dans l'Éros (n® 79) . Ce triclinium avait été construit par l'empereur Théophile pour lui servir de cabinet d'armes. Les murs étaient décorés de boucliers et d'armes de toute espèce * . Au dixième siècle , l'Éros était un lieu de passage , une sorte de vestibule de la galerie des Quarante- Saints. Il possédait un escalier (n^ 79, A) par lequel on pouvait descendre dans les jardins^ pour aller de là au grand triclinium dq la Magnaure (n** 116).

La galerie des Quarante-Saints (n^ 80) , dans laquelle on entrait par le Triconque , s'étendait jusqu'à l'héliacon du Phare (n® 105), où se terminait le Palais-sacré; elle servait à mettre en communication toutes les pièces de ce palais.

A l'est de l'Éros s'élevait un triclinium plus important, qu'on appelait la Perle (n® 81) ; il avait été entièrement construit par Théophile. On trouvait à l'étage supérieur, que reproduit notre plan , un salon et une chambre à coucher (n® 8 1 , A) . Le plafond du salon était porté par huit colonnes de marbre de Rhodes. Des représentations d'animaux , exécutées en mosaïques de marbre, enrichissaient les murs. Le sol était pavé en marbre de Proconèse de différentes couleurs. Le plafond de la chambre à coucher, en forme de voûte, était enrichi d'or et porté par quatre colonnes de marbre. Deux galeries (b), soutenues par quatre colonnes de marbre de Thessalie , et dont les murs et le sol étaient

^ Anontm., De Theophiloy ap. Script, post Theoph,, lib. III, $ 43; Paris., p. 88; Bon., p. 143.

couverts de marbres variés comme le salon, conduisaient à une terrasse (n^ 82) qui s'élevait au-dessus des jardins et de laquelle on voyait la magnifique église (n^ 128) bâtie par Basile le Macédonien. Cette terrasse était tournée vers le nord. L'empereur Théophile halûtait la Perle depuis l'équinoxe du printemps jusqu'à Téquinoxe d'automne ^

Au midi du Sigma et du Triconque (n*^* 71 et 73), on trouvait d'autres triclinium que l'empereur Théophile avait également fait construire pour son habitation personnelle et celle de IHmpératrice. Le premier de ces bâtiments (n^ 64) , qui touchait au Sigma, avait deux étages. L'étage de rez-de-chaussée, qui devait être de plain-pied avec le Sigma inférieur et les jardins, se nommait Pyxitès; l'étage supérieur, qui est reproduit dans notre plan , servait de vestiaire au clergé du palais '•

A l'est du Pyxitès et touchant au Triconque, s'élevait le Garien (n® 83) , ainsi nommé de ce qu'il était construit tout en marbre de Carie. Théophile habitait le coiton de ce triclinium à l'approche du solstice d'hiver, afin d'éviter le souffle impétueux des vents du midi, dit l'auteur anonyme de la vie de cet empereur*. En effet, ce bâtiment était abrité des vents de la mer par la grande galerie de Justinien et des vents de l'est par les autres triclinium dont nous allons parler^ C'était donc une habitation très-convenable pour l'hiver. D'après cet auteur et d'après le livre des Cérémonies*, le triclinium Carien servait, au dixième siècle, au dépôt des étoffes de soie et à l'habitation du concierge du palais. C'est sans doute Tétage de rez-de-chaussée qui avait la destination de garde-meuble; le concierge du palais était parfaitement placé au premier étage, puisqu'il se trouvait là auprès des trois portes qui fermaient le Triconque sur le Sigma (n® 71, D et E) et donnaient entrée dans le Palais-sacré.

Le Carien était séparé par une terrasse (pP 84) de bâtiments élevés à la suite les uns des autres et renfermant plusieurs appartements, xou6oOxXeia, destinés à l'habitation particulière de l'empereur, sous Théophile et Michel IIL Le premier étage de ces bâtiments devait être de plain-pied avec le Triconque et le premier étage du Carien; on y avait accès et par cette terrasse et par les galeries du Triconque (n® 74, b). Le premier de ces appartements portait le nom de Camilas (n® 85) . A la suite d'une pièce d'entrée (A) , se trouvait un vaste salon, dont le plafond voûté était soutenu par six colonnes de marbre vert de Thessalie. Le lambris d'appui était également fait de ce marbre ; le mur au-dessus était revêtu d'une mosaïque qui représentait des personnages mangeant des fruits ; le sol avait été dallé en marbre de Proconèse. Un oratoire (b), à la suite du salon, contenait deux autels, consacrés, l'un à la très-sainte Mère de Dieu, et l'autre à l'archange saint Michel. L'étage de re^-de-chaussée renfermait une salle à manger et une

* Anomyu., De Theophilo, ap. Script, posi Theoph,; Paris., p. 89; Bon., p. 143.

' Anonitm., De Theophilo, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 88; Bon., p. 143.

' Anonym., De Tlieophilo, ap. Script, post Tlieoph.; Paris., p. 86 et 89; Bon., p. 139 et 144.

^ Anonym., De Theophilo; De cer. auL Byz.^ lib. II, cap. xv, p. 592.

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