TROISIÈME PARTIE. — LE PALAIS-SACRÉ
galerie dans laquelle Tempereur Constantin Porphyrogénète avait établi la bibliothèque du palais. Les murs de la salle à manger étaient en marbre de]^oouleur foncée ; le sol offrait une mosaïque de marbre.
Le Coubouclion qui Tenait à la suite du Gamilas ofirait au premier étage un salon (n® 86) dont le plafond était porté par quatre colonnes de marbre de Phrygie. On avait reproduit sur les murs des arbustes et divers ornements, exécutés en marbre vert et se détachant sur un fond de mosaïque d'or. Le sol était pavé en marbre de Proconèse. L'étage inférieur, que l'on appelait Mésopatos, était destiné à l'habitation des eunuques.
Le troisième Gouboudion, qui touchait à celui que nous venons de décrire, renformait au rez-de-chaussée la chambre à coucher de l'impératrice, qui se trouvait ainsi auprès du Mésopatos. Du côté du levant, où la pièce était éclairée, deux colonnes de marbre de Carie s'élevaient jusqu'au plafond voûté ; cinq colonnes de ce marbre le soutenaient du côté du midi. C'est là sans doute que se trouvait le lit de l'impératrice. Les murs, au nord et au couchant, étaient revêtus d'une mosaïque composée de marbres de différents pays, dont les couleurs variées avaient été si harmonieusement disposées que la chambre en avait reçu le nom de Mouatx^ç , ce que l'on peut traduire par Harmonie. La variété des dessins et des couleurs de la mosaïque de marbre qui couvrait également le sol donnait à ce dallage, dit l'auteur de la vie de Théophile, l'aspect d'une prairie émaillée de fleurs. La pièce située au premier étage au-dessus de l'Harmonie (n® 87) servait de vestiaire à l'impératrice. Les murs étaient enrichis de peintures que l'empereur Michel HI, fils de Théophile , avait fait exécuter ; le sol était dallé en marbre blanc de Proconèse. A la suite de la chambre à coucher de l'impératrice existait un bâtiment qui ne s'élevait que dans la hauteur du rez-de-chaussée (n*^ 88) et qui était divisé en deux pièces. L'empereur Léon le Philosophe (f 911) avait fait établir dans une de ces pièces un oratoire sous l'invocation de sainte Agnès. Quatre colonnes de marbre [de couleur nuageuse et foncée soutenaient la voûte; les murs étaient revêtus de plaques de ce marbre; le dallage du sol se composait de marbre blanc de Proconèse.
Un dernier Coubouclion, adossé à ce bâtiment et à l'Harmonie, formait une aile en retour, se dirigeant vers le couchant (p? 89) . Il était élevé de deux étages. On trouvait là un escalier (A) par lequel on communiquait de la chambre à coucher de l'impératrice au premier étage de ce coubouclion et, sans doute, au vestiaire. Il y avait à ce premier étage un salon enrichi de colonnes et de marbres, dans le style des pièces que nous venons de décrire. L'étage de rez-de-chaussée avait un vestibule (b) donnant sur les jardins. En sortant par ce vestibule on pouvait se diriger, soit vers le Cénourgion (n^ 100 à 104), en passant au-dessous du triclinium Lausiacos (n^ 92), soit vers le Pentacoubouclion (n^ 141), en traversant les arcades qui portaient la grande galerie de Justinien (n« 109) \
* AjtoNTH., De Theoph. Mich.fiL, ap. Script, post Theoph., lib. III, % 43; Paris., p. 91; Bon., p. 146.
L'empereur Théophile avait encore fait élever, entre la galerie du Lausiacos et le bâtiment qui contenait le Gamilas, le Mésopato$ et THarmonie, un autre triclinium (n^ 90) qui renfermait quatre coubouclion. Les deux coubouclion du bas, qui iaisaient face au Mésopatos, avaient un plafond doré, distribué en quatre absides. Leur sortie était du côté du palais de porphyre (n^ 140) '• Les deux salons du premier étage avaient vue sur la galerie du Lausiacos '.
Revenons maintenant à la galerie orientale du Triconque (n® 74 A). Au bout de cette galerie on trouvait la porte dite Monothyros et un escalier (n^ 75 et 76). Après en fivoir descendu les degrés on entrait dans le triclinium Lausiacos par un tropicé (n^ 91) auquel nous avons donné la forme hémicirculaire ; nous supposons que Thémicycle était couronné par une demi -coupole dont Tare était porté par deux colonnes.
Le Lausiacos (n^ 92) était une longue galerie transversale qui donnait d*un bout, vers le nord, dans la galerie des Quarante-Saints (n® 80), et de l'autre, dans le grand triclinium de Justinien (n^ 109). Le Lausiacos communiquait encore avec le Tripéton (n^ 94) , vestibule de la salle du trône , par des portes de bronze qui se trouvaient en face du Tropicé (n^ 91). Des portes également en bronze donnaient accès dans le bâtiment (n® 78) où se trouvaieqt les cuisines et les pièces de service •. L'empereur Théophile fit restaurer le Lausiacos ; il l'embellit de mosaïques à fond d'or et y plaça les chapiteaux des colonnes du palais que le tyran Basiliscus (f 477) avait fait construire à Constantinople *. L'empereur Léon l'Arménien (f 820) affectionnait ce triclinium ; il y recevait les placets de ses sujets et y rendait la justice '. C'est principalement dans le Lausiacos qu'étaient organisés les différents corps des dignitaires et des fonctionnaires de l'État lorsqu'ils se réunissaient en procession, soit pour être présentés à l'empereur, soit pour l'accom-» pagner à sa sortie du palais *• Tous les dimanches on faisait l'ofHce dans le Lausiacos ; le sacrifice de la messe était célébré dans l'oratoire de saint Basile (n® 93), qui s'ouvrait sur ce triclinium ''. Le Curopalate, l'un des premiers officiers du palais, avait son siège dans le Lausiacos ^. Les maglabites, soldats de la garde intérieure du palais, et le chef des hétaircs , gens de service chargés des soins intérieurs , s'y tenaient également *.
Pu triclinium Lausiacos on passait dans le Tripéton (n^ 94). Ce vestibule portait encore le nom de Horologion , à cause d'une horloge qui y était placée. Des portes ouvertes aux
* Anontm., De Tkeoph. Mich.fiL^ ap. Script, post Theoph., g 44; Paris., p. 91; Bon., p. 147.
' ÀNONTBf., De Theoph. Mich. JiL, ap. Script, post Theoph., g 42, 43 et 44; Paris.^ p. 86 et seq.; Bon., p. 139 et seq,
' De cer, auL Bjrz., lib. I, cap. xxi, p. 123, et lib. II, cap. i, p. 519.
* Anonyh., De Theophiio, 8 44, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 91; Bon., p. 147.
* Cedreni Hàtor. Comp.; Paris., p. 491; Bon., t. II, p. 60.
* De cer. oui. Byz., lib. I, cap. xxxii et xxxt, p. 174, 180 et passim. ' De cer. oui. Byz.^ lib. II, cap. ii, p. 522 et 550.
■ De cer. aul. Byz.y lib. I, cap. lxiv, p. 288. ' De cer. aul. Byz.y lib. II, cap. i, p. 519 et 520.