‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 39 sur 92 · TROISIÈME PARTIE. — LE PALAIS-SAGRÉ · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — LE PALAIS-SAGRÉ

Nous n'avons rien trouvé dans le livre des Cérémonies qui nous indiquât la destination de Tabside (f) qui venait à la suite de la Gamara orientale. Il est probable qu'on passait par cette abside pour arriver à l'escalier (n^ 97) que nous supposons avoir dû exister dans l'écoinçon nord-est du grand carré pour monter à la galerie circulaire de la Coupole. Un escalier semblable a dû se trouver dans l'angle sud-ouest (n" 99) qui touchait aux appartemelits de l'impératrice. Comme dans l'empire d'Orient l'impératrice n'était jamais assise à côté de l'empereur dans les cérémonies publiques, les femmes n'y étant pas admises', elle pouvait , par cet escalier et sans passer par les salles de réception, monter à la galerie de la Coupole , sorte de gynécée semblable à celui des églises, et voir de là, avec les dames

de la cour, les cérémonies qui se passaient dans la salle octogone du Chrysotriclinium.

L'abside septentrionale (G) faisait communiquer le Chrysotriclinium avec la galerie des Quarante-Saints '.

La huitième abside (II) , touchant à l'abside du Panthéon , était attribuée au concierge du Palais-sacré; c'est là que cet officier en déposait les clefe après l'avoir ouvert. Il attendait en cet endroit que l'empereur lui donnât ses ordres '.

Le pavé du Chrysotriclinium avait été renouvelé au dixième siècle sur les dessins de l'empereur Constantin Porphyrogénète ; c'était une mosaïque de marbres et de porphyres de diverses couleurs oHî^ant des combinaisons et des entrelacements du meilleur goût ; la mosaïque était encadrée dans une bordure d'argent *. Les murs et les voûtes étaient enrichis de mosaïques. Un lustre de grande proportion , auquel on donnait le nom de Polycandélon , était suspendu au centre de la Coupole'^.

Le Chrysotriclinium était , comme on l'a vu , la salle du trône du Palais-sacré ; mais, dans certaines occasions, on y dressait une table, et l'empereur y donnait des repas*. Dans ces occasions assez rares, le service devait être fait par les cuisines établies dans le bâtiment (n® 78) , dont une porte ouvrait sur le Lausiacos (n® 92).

Nous avons dit que l'abside méridionale du Chrysotriclinium (p? 95 , C) conduisait aux appartements particuliers de l'empereur ; occupons-nous maintenant de ces appartements. Basile le [Macédonien , après avoir assassiné Michel III , son collègue et son bienfaiteur, n'avait pu sans doute se décider à habiter les appartements de ce prince , qui avaient été construits par l'empereur Théophile et dont nous avons déjà fait la description. Il fit donc élever au midi du Chrysotriclinium un corps de bâtiment auquel on donnait le nom de Génourgion''. Ce bâtiment (n^ 100 à 104), qui comprenait plusieurs pièces, devint, à

' Procop.9 De belto Persico, lib. I, S xxiv ; Paris., p. 70; Bon., p. 120. — De cer. auL Byz,, passim.

* De cer, aul. Byz.j lib. I, cap. x, p. 85; cap. xvii, p. 107; cap. xxx, p. 169, et cap. xxxy, p. 180. ' De cer, oui. Byz.y lib. Il, cap. i, p. 519.

* AifoiiYM., De Constant. Porphyr., ap. Script, post Tkeoph.; Paris., p. 284; Bon., p. 456.

* De cer. aul. Byz.j lib. II, cap. xv, p. 597.

* De cer. aul. Byz.^ iib. I, cap. xiv, p. 91, et lib. II, cap. xy, p. 597.

' GoifST. Porphyr., De Bcuil. Maced.j lib. V, S 89, ap. Script, post Theoph.; Paris., p. 204; Bon., p. 332.

partir du règne de Basile (867 f 886), Thabitation particulière des empereurs jusqu'au moment où ils allèrent s'établir dans le château du Boucoléon ou dans celui de^ Bla«* quemes. Une longue galerie, qui régnait au midi du Tripéton et du Chrysotriclinium, était divisée en deux parties. La première partie (n^ 100), datis laquelle on entrait par lô Tripéton , servait de salle à manger particulière à Fempereur • Cette salle devait oommurniquer avec Técoinçon sud-ouest (n^ 09) du grand carré qui renfermait le Ghrysotriclinium et ses absides. L'escalier que nous avons supposé devoir exister dans cet écoinçon pour monter à la Coupole, se trouvait ainsi placé très-près des appartements particuliers. La seconde «partie (n^ 101) recevait le nom de Macron de la chambre à coucher; elle se pro*longeait jusqu'au narthex de Sainte-Marie du Phare (n*^ 106), sur lequel elle était fermée par des portes d'argent. C'est sur ce Macron que s'ouvrait la porte de communication avec l'abside méridionale du Chrysotriclinium (n^ 95, C). La longue galerie qui renfermait la salle à manger et le Macron devait être éclairée par le plafond.

A la suite de la salle à manger se trouvait un vaste salon. La description en a été donnée par Constantin Porphyrogénète dans la vie qu'il a écrite de son aïeul l'empereur Basile. Nous ne pouvons mieux faire connaître cette magnifique salle qu'en traduisant le texte de l'auteur, ce Cette construction nouvelle est soutenue par seize colonnes dispibsées à inter- )) valles égaux , dont huit de marbre vert de Thessalie et six d'onychite ; toutes ont été » couvertes d'ornements par le sculpteur et historiées de ceps de vigne, au milieu desquels M se jouent des animaux de toute espèce. Les deux dernières sont d'onychite aussi , mais )) elles n'ont pas été traitées de la même manière par l'artiste, qui en a emichi la surface )) de stries obliques. Dans tout ce travail , on a cherché dans la variété de la forme un » surcroît de plaisir pour les yeux. Toute la salle, depuis le dessus des colonnes jusqu'à » la voûte, est ornée, ainsi que la coupole orientale, d'une mosaïque de toute beauté où )) se trouve représenté l'ordonnateur de l'ouvrage trônant au milieu des généraux qui ont » partagé les fatigues de ses campagnes ; ceux-ci lui présentent comme offrande les villes » qu'il a prises. Immédiatement au-dessus, sur la voûte, on a reproduit les faits d'armes » herculéens de l'empereur, ses grands travaux pour le bonheur de ses sujets, ses*e£forts » sur les champs de bataille et ses victoires octroyées par Dieu ^ »

A l'orient d^ cette salle s'ouvrait un petit vestibule (n^ 103) qui précédait la chambre à coucher. Son plafond formait une coupole, où sans doute étaient percés des jours j les mosaïques qui décoraient les murs étaient remarquables et par la composition des sujets et par l'harmonie des couleurs. L'empereur Constantin Porphyrogénète avait construit dans ce vestibule un bassin de porphyre qui était entouré de colonnes de marbre d'un poli

' GoNST. PoRPHYR., De BosU. Maced,y lib. Y, $ 89; Paris., p. â04; Bon., p. 332.

Nous allons avoir à traduire un assez grand nombre de passages des auteurs byzantins. Notre unique but étant de rechercher le véritable sens des textes sur la situation, la forme et l'ornementation des édifices et des différentes parties qui les composent, nous ne nous attacherons pas à en donner une traduction élégante, mais plutôt à rendre mot pour mot; nous ne reculerons pas devant la répétition fréquente du même mot français quand le mot grec se trouvera répété dans le texte.

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