TROISIÈME PARTIE. — LE PALÂIS-SÀCRÉ. Ï
deux bouts faisaient communiquet* le Tripéton avec la galerie des Quarante-Saints (n® 80) et avec le Cénourgion {p!^ 100 à 104), bâtiment qui avait été construit par Tempereur Basile le Macédonien (f 886) pour son habitation personnelle. Lorsque le patriarche venait voir Tempereup^ il s'asseyait dans le Tripéton sur un siège couvert de tapisseries en attendant que Tempereur eût été prévenu de son arrivée ^ Le Tripéton devait être éclairé par en haut comme le Ghrysotriclinium.
Des portes d'argent (n" 94, A) s'ouvraient du Tripéton sur le Ghrysotriclinium ou tridinium d'or, salle du trône du Palais-sacré (n® 95). Ces portes étaient l'ouvrage de l'empereur Constantin Porphyrogénète , qui était un véritable artiste *.
Le Ghrysotriclinium était une vaste salle bâtie sur un plan octogone et surmontée d'une coupole. Chacun des pans de l'octogone était pénétré par ime arcade qui donnait naissance à une demi-coupole couronnant une pièce en hémicycle ; c'étaient huit absides rayonnant autour de la salle octogone. La salle et ses huit absides étaient inscrites dans un vaste carré dont les angles formaient des pièces irrégulières (n®* 96 à 99); nous en indiquerons plus loin la destination. Au-dessus des huit arcs des absides et des huit pendentifs qui les séparaient , régnait un riche entablement , dont la corniche très-saillante formait une galerie circulaire autour de la salle. Aurdessus de cette galerie s'élevait la coupole qui était percée de seize fenêtres cintrées. L'abside occidentale (n®95. A), en communication immédiate avec le Tripéton , servait d'entrée à la salle octogone par une porte à un seul battant que couvrait du côté de la salle une portière de pourpre qu'on nommait la portière du Panthéon , et plus souvent encore par abréviation le Panthéon *. Cette portière, qui était attachée à une tringle d'argent ^, avait donné son nom à l'abside occidentale qu'on appelait Camara du Panthéon. Les arcades des autres absides étaient également munies de portières*, mais celle-là seule avait un nom. Lorsque la grande porte d'argent (n^ 94 , A) était fermée , on pouvait arriver à l'abside du Panthéon pour entrer dans la salle octogone par la cella irrégulière située à l'angle nord-ouest du grand carré (n® 98) , laquelle communiquait par une porte de service (n® 98 , A) avec la galerie des Quarante-Saints *.
L'abside (b) à la droite de l'abside occidentale servait de vestiaire au patriarche lorsqu'il venait visiter l'empereur.
L'abside méridionale (c) formait l'entrée des appartements particuliers de l'emperem*. Les musiciens qui chantaient pendant les repas que l'empereur donnait quelquefois dans
* De cer* auL Byz,^ lib. I^ cap. uv, p. 91.
' De cer. auL Byz,^ lib. I, cap. xiv et xxi, p. 92 et 122. — Anontm., De Constantmo Porph., ap. Script post Theoph.; Paris., p. 281 ; Bon., p. 450.
' De cer, auL Byz., lib. I, cap. lxiv, p. 289; cap. i, p. 6 et 7; cap. xxi, p. 122, et cap. XXX| p. 116.
* De cer. auL Byz.y lib. II, cap. xv, p. 587.
* De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. xiv, p. 95; cap. xx, p. 119; cap. Lxnr, p. 289; lib. II, cap. i, p. 519. ' De cer. aul, Byz.j lib. I, cap. lxiy, p. 289.
le Ghrysotriclinium étaient placés dans cette abside et dans celle qui servait de vestiaire au patriarche ^
L'abside de Saint-Théodore (d) qui venait à la suite , servait de vestiaire à l'empereur. C'est dans cette abside qu'il était revêtu du costume impérial et qu'il prenait la couronne, soit lorsqu'il devait monter sur son trône dans le ChrysotricHnium , soit lorsqu'il devait sortir du palais en cérémonie. En descendant de son trône ou en rentrant au palais^ il déposait le costume impérial et la couronne dans cette abside avant de se retirer dans ses appartements '. Au fond de l'abside de Saint-Théodore s'ouvrait un petit oratoire consacré sous l'invocation de ce saint, très-vénéré dans l'Eglise grecque (n® 96). Cet oratoire était édifié dans l'écoinçon sud-est du grand carré dans lequel était renfermé le Chrysotridinium et ses absides '. C'est dans cet oratoire qu'étaient conservés le costume impérial , les couronnes et les armes de l'empereur, et deux boucliers d'or émaillé enrichis de perles et de pierres fines. On y déposait également les armes précieuses et les insignes de certains officiers du palais, comme par exemple les verges d'or gemmé des ostiaires, les verges d'argent doré des silentiaires , les colliers d'or des protospathaires et les épées dorées des spathaires *.
L'abside orientale (e) était fermée par une porte à deux battants sur la grande salle octogone du Chrysotriclinium. Au fond se trouvait une porte de sortie sur l'Héliacon du Phare (n^ 105), dont nous parlerons plus loin. Les deux battants de cette porte étaient revêtus d'argent. On voyait dans cette abside l'image du Christ assis sur un trône, et jamais l'empereur ne traversait le Chrysotriclinium , soit en sortant de ses appartements , soit en y rentrant, sans faire sa prière devant cette image, qui était sans doute exécutée en mosaïque sur la voûte '. Le trône impérial était établi dans l'abside orientale. Ordinai* rement l'empereur, après avoir pris le costume impérial et la couronne dans l'abside de saint Théodore , traversait le Chrysotriclinium et montait sur son trône ; ensuite les officiers du palais allaient chercher dans le Tripéton ou dans le Lausiacos les personnes ou les corps constitués qui devaient être admis en sa présence *. Mais lorsque les dignitaires que l'empereur voulait recevoir étaient déjà réunis dans la salle octogone du Chrysotriclinium , l'empereur passait de l'abside de saint Théodore dans l'abside orientale , dont les portes étaient formées, et lorsqu'il était assis sur son trône, deux officiers du palais ouvraient ces portes '', et les assistants se prosternaient aussitôt pour lui rendre hommage.
' De cer. auL Byz.j lib. II, cap. xv, p. 585.
* De cer. auL Byz., lib. I, cap. xix, xx, xxi, xlviii et lxiv, p. 115, 119, 122, 244, 249, 285 et 289. ' De cer, oui. Byz.^ lib. II, cap. xxiy et xxy, p. 623 et seq.
^ De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. i, p. 6, et lib. II, cap. xl, p. 640.
* De cer. atil. Byz.^ lib. I, cap. i, p. 7 et 22; lib. 11^ cap. i, p. 519 et 599.
* De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. xxxii, p. 175; lib. II, cap. i, p. 521, et cap. ix, p. 540, et lib. I, cap. xLym, p. 244.
' De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. lxiy, g vi, p. 289 et seq.