‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 5 sur 92 · SAINTE-SOPHIE. SI · texte numérisé non relu

SAINTE-SOPHIE. SI

Gonstantinople au onzième siècle \ en ont laissé des descriptions assez détaillées pour qu'on puisse se le représenter parfaitement. Quatre colonnes d'argent doré d'une grande élévation portaient quatre arcades qui soutenaient un dôme à huit pans de forme triangulaire. Un cordon noueux ' qui se déroulait en suivant la courbure des arcades, serpentait à la base des pans du dôme et se redressait sur leurs arêtes jusqu'au faite. Ce dôme , en argent rehaussé d'ornements niellés ', se terminait , comme on le voit , d'une façon aiguë : c'était une espèce de pyramide ; il portait à son sommet une sorte de coupe dont les bords recourbés étaient découpés en forme de fleur de lis; cette coupe recevait un globe, image de la sphère céleste. Une grande croix d'or, enrichie des pierres précieuses les plus rares, s'élevait au-dessus du globe et dominait tout l'édifice. Huit candélabres d'argent placés à la base du dôme, au point où les différents pans s'unissaient l'un à l'autre, complétaient la décoration. Ces candélabres, simples motifs d'ornementation, n'étaient pas destinés à porter des lumières.

Au fond de l'abside , en arrière de l'autel , s'élevait le trône du patriarche ; à droite et à gauche, des sièges réservés aux prêtres en garnissaient tout le pourtour. Quatre colonnes entraient dans la décoration de cet hémicycle; trône, sièges et colonnes, tout était d'argent doré *.

Ainsi, dans ce sanctuaire, les constructions qui appartenaient à l'architectiu^e, comme le mobiher, tout était en métaux précieux. Procope, après avoir donné la description du temple de Sainte-Sophie, dit qu'il lui serait impossible d'énumérer toutes les richesses dont Justinien le dota, et, pour en donner une idée à ses lecteurs, il ajoute que dans le sanctuaire seulement il y a quarante mille Uvres pesant d'argent ^.

Les bâtiments adossés au mur méridional de Sainte-Sophie et qui s'élevaient sur le forum Augustéon avaient une grande importance. Jamais, en effet, l'empereur n'entrait à Sainte-Sophie par l'atrium de l'église et l'exonarthex. Du vestibule de la Chalcé, il se dirigeait vers l'une des salles que renfermaient ces bâtiments, et c'est de là qu'il pénétrait dans la Grande-Église. S'il voulait y entrer en cérémonie par les grandes portes impériales qui s'ouvraient du nartliex sur la nef, il gagnait le vestibule du narthex (pi. II, n® 1, l), et, de là, il pénétrait dans le narthex, qu'il parcourait

* Antiq. Constant^ ap. Banduri, Imp. Orient. <, lib. IV, t. I, p. 74.

' Le Silentiaire (Paris., II* pars, v. 314; Boanœ, v. 731) désig^ne d^abord cet ornement par le mot ^ifvzj qui signifie épine du dos, échine, et par extension le dos d'une feuille, et plus bas (v. 322 ou 739) par dtxavOa, qu'on traduit par épine, plante épineuse, chardon, arête de poisson. L'ornement d'argent ainsi désigné, qui couvrait la ligne de jonction des pans avec les arcades, devait être une sorte de cordon noueux ou de torsade.

* 'ApYupo^YxauoTov, dit l'Anonyme.

* Pauli Silentiarii DescripL S, Sophiœ; Paris., II* pars, v. 229; Bonnœ, v. 362, p. 19. — Anontm., Antiq, Const,^ lib. IV, ap. Banduri, t. I, p. 74.

* De œdificus, lib. I, cap. i; Paris., p. 8; Bonnœ, p. 179.

jusqu'à ces portes; sinon, il entrait dans Téglise par le Puits-sacré ou par le Métatonon (n® 1, L et M).

Commençons la description de ces difFérentes salles en partant du narthex.

En sortant du narthex par son extrémité méridionale , on trouvait une pièce qui portait le nom de Vestibule du narthex (n® I, l), xà irpoiniXaiov xoO vàpôiQxoc*.

Une magnifique porte de bronze, qui subsiste encore aujourd'hui, fermait ce yestibule sur le narthex. On lit dans le haut de Tun des battants : MIXAHA NIKHTÛN, MICHEL VAINQUEUR. Cette belle porte a été reproduite par M. de Salzenberg*. A droite du vestibule du narthex existait une pièce qui portait le nom de Didascalios; les cycles pascals étaient gravés sur ses mursl Le Didascalios servait d'entrée à un grand escalier tournant qui conduisait à l'étage supérieur des Catéchumènes méridionaux. Ce lieu a été altéré par les Turcs; mais un passage du cérémonial à observer le jour de la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, nous apprend que leDidascaUos et l'escalier devaient exister sur l'emplacement qu'occupe le minaret sud-ouest, l'un des quatre qui flanquent aujourd'hui l'édifice de Sainte-Sophie. Après l'adoration de la vraie Croix, qui s'était faite dans les CaCéchumènes supérieurs de l'église , « l'empereur descend par le grand escalier en Umaçon , et inclinant » à gauche, il passe par le Didascalios, où les cycles pascals sont gravés, et, descendant » les degrés, il entre par les grandes portes du narthex, et étant parvenu aux portes )) impériales, il s'drrête.... Ensuite, il traverse avec le patriarche le milieu du naos, et » entre par la solea dans la partie droite de l'ambon *. )>

Ainsi , après avoir descendu le grand escalier en limaçon , l'empereur se trouvait dans la salle nonunée Didascalios, et, de là, il passait évidemment dans le vestibule du narthex, puisqu'il en franchissait les. belles portes avant de parvenir aux portes impériales qui donnaient accès dans la nef de l'église.

A gauche du vestibule du nailhex existait (n^ 1 , J) un passage éclairé sur une petite cour qui subsiste encore aujourd'hui. Une porte du Baptistère, dont nous parlerons plus loin, s'ouvrait sur ce passage, qui conduisait aussi à l'Horologion, ta iQpoX^yiov (n^ 1, R). C'était une vaste salle qui touchait au Baptistère^. Elle s'ouvrait sur le Forum. Lorsque l'empereur sortait de son palais par le vestibule de la Chalcé pour aller à Sainte-Sophie, il entrait ordinairement par cette salle après avoir traversé le Forum*; il y faisait souvent des réceptions de fonctionnaires avant de pénétrer dans l'église '. Elle recevait son nom d'une horloge solaire qui s'y trouvait placée, et il iest à croire, d'après une inscription

CoNST. PoRPHTR. De certm. auL Byzant.^ lîb. I, cap. i, p. 14.

Alt'Christliche Baud, von ConstctnLj blatt 19.

De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. xxii, p. 126.

CoDiN., De S. Sophia; Paris., p. 66; Bon., p. 135.

CoNST. PoRPHYR. De cevîm. auL Byz.^ lib. 1, cap. ix, g 5, p. 63.

Idem^ lib. I, cap. i, S 8 et 9, et appendix ad lib. I, p. 14 et 502.

qui se trouve dans le livre IV de F Anthologie grecque*, que cette horloge avait été faite sur Tordre de Justin II et de sa femme Sophie.

A la suite de l'Horologion se trouvait le Puits-sacré, Ta "Ayiov $péap (n" I, L), autre grande salle qui recevait ce nom, au dire de l'Anonyme*, de la margelle d'un puits qu'on y conservait ; elle avait été rapportée de Samarie, et on la regardait comme étant celle du puits auprès duquel le Christ avait conversé avec la Samaritaine. Du Gange' a contesté le récit de l'Anonyme et rapporté le texte de divers auteurs qui disent que ce n'était pas la margelle du puits qui existait dans la salle du Puits-sacré , mais seulement un tableau où la scène du Christ conversant avec la Samaritaine était reproduite. Mais un passage du livre des Cérémonies de la cour de Byzance ne laisse aucun doute sur le fait rapporté par l'Anonyme. On y voit en eflfet qu'avant d'entrer dans l'église, l'empereur se prosternait devant le puits sacré *. De la grande salle du Puits-sacré on entrait dans l'église*. Ce ne pouvait être que par la grande porte méridionale qui subsiste encore au centre de l'édifice. Le Puits-sacré avait aussi une porte qui s'ouvrait directement sur les portiques du Forum, et l'empereur entrait quelquefois par cette porte en venant du palais, ou en sortait pour traverser le Forum*. L'emplacement du Puit^-sacré nous est donc indiqué par ces renseignements puisés dans les auteurs et par la disposition des portes qui existent encore.

Du Puits-sacré, on passait dans le Métatorion , Ta MrjTaxdipiov ''. Justinien avait fait construire cette salle (n® I , M) pour lui servir de lieu de repos lorsqu'il" sortait du temple après les offices". Elle servait à l'empereur de vestiaire et de saUe à manger*. Le Métatorion conmiuniquait avec l'église *^. Le siège de l'empereur étant situé dans la partie droite du Béma", il n'avait, lorsqu'il voulait quitter l'église, que quelques pas à faire pour gagner cette salle destinée à son service particulier. La communication entre l'église et le Métatorion devait être établie par une porte ouverte dans le mur méridional en face du gros pilier de droite vers l'orient. Cette porte existe encore aujourd'hui, ainsi qu'on peut le voir sur le grand plan de Sainte-Sophie relevé par M. de Salzehberg '*. Du Métatorion ^

* Ani, Const.y ap. Banduiii, Imp. Orientale ^ p. 151.

' Andq. Consty ap. Banduri, /m//. Orient.^ lib. IV, p. 75. > Const. Chrisdma, lib. III, g 76; Paris., p. 69.

* De cer. auL Byz., lib. I, cap. i, $ 22, et cap. x, S 2, p. 27 et 74. ' Idem y et appendix ad lib. I, p. 506.

* Idem y lib. I, cap. xxiii, S 6, p. 135.

' Idem^ lib. I, cap. i, $ 12, p. 18, et cap. xxiii, g 5, p. 135.

' Anontm., Andq. ConstanL^ lib. IV, ap. Banduri, Imp. Orient., p. 77.

9 De cerim. auL Byz.y lib. I, cap. i, g 12, p. 18, et cap. xxm, g 5, p. 135. — Godin., De S. Sophîa; Paris., p. 66; Bonnae, p. 135.

«• Idem, lib. I, cap. i, g 11 et 12, p. 17 et 18.

" Paul. Silent. Descript. S. Sophiœ; Parisiis, II* pars, v. 163; Bonn», v. 582, p. 29. — Du Gange, Const. C/lr»^, lib. III, g 42, p. 36.

" AUrChristUche Baudenkmate von Const., bl. 6.

rempereur montait dans les Catéchumènes, c'est-àrdire à Tétage supérieur des bas côtés méridionaux de T^^se, par un escalier tournant qui ne servait qu'à lui'. Des Catéchumènes, il pouvait rentrer dans son palais par un escalier de bois (n^ 13) qui touchait à Textrémité orientale de ces catéchumènes, et par les terrasses couvertes ' existant au-dessus de portiques (n^ 117) qui se prolongeaient jusqu'au grand tridinium de la Magnaure, ainsi qu'on le verra dans la description que nous donnerons plus loin de la demeure impériale.

A Textrémité orientale de cet étage supérieur des Catéchumènes méridionaux , il existe une pièce qui se trouve au-dessus du vestibule du narthex (n® 1, l) ; de cette pièce, on arrivait au grand escalier tournant dont nous avons parlé, par lequel on descendait vers ce vestibule.

Au delà du Métatorion se trouvait le tridinium Thomaîtès, 6 Tp6cXtvoç 0(O(jLa(T7]ç (n^ 1 9 N) . Le livre des Cérémonies de la cour nous apprend en efïet qu'une patricienne, promue à la haute dignité de Zostès , après avoir reçu la bénédiction du patriarche dans Sainte- Sophie, était conduite dans le Métatorion, qui est auprès du Thomaîtès*. Ce tridinium s'élevait sur l'Augustéon, conmie les autres salles dont nous venons de parler, et avait deux étages. Cette situation est indiquée par différents auteurs. Ainsi, Codin, rendant compte des cérémonies du couronnement de l'empereur, dit qu'après avoir fait dans l'église sa profession de foi, l'empereur montait dans le tridinium Thomaîtès, d'où Ton avait vue sur l'Augustéon, icpàç xàv AOyouorecova à^pcovroc, et que là, élevé sur un boudier, il était acdamépar le peuple et par l'armée, qui se tenaient au-dessous dans la place pubUque ^. On voit aussi dans la relation que fait Nicétas du combat que se livrèrent les impériaux et les soldats du césar Jean, que ceux-ci, du haut de la galerie des Catéchumènes et de l'étage supérieur du Thomaîtès, cherchaient à défendre leurs compagnons des attaques des soldats d'Alexis qui venaient de s'emparer du Forum*.

Le tridinium Thomaîtès était une dépendance des appartements du patriarche, et renfermait la bibUothèque patriarcale®.

Un portique ouvert sur l'Augustéon régfnait au-devant de toutes les salles que nous venons de décrire. En sortant de l'égUse, l'empereur montait à cheval sous ce portique''.

Un petit édifice (n^ 1, O), de forme quadrilatérale à l'ettérieur, joignait les bâtiments qui couvraient la face méridionale de l'église, et faisait saiUie sur le Forum, près du Milliaire^. Cet édifice*, qui subsiste encore aujourd'hui, servait de baptistère. Il avait été

* De cerim. auL Byz.j lib. II, cap. x, p. 548.

* Idem et Codin., De S. Sophia; Paris., p. 67; Bonnae, p. 135.

* De cer. auL Byz.^ lib. I, cap. l , p. 260.

* GoDiN., De off, pal, et de off. magn. ecclesiœ, cap. xvii; Paris., p. 121 ; Bonnae, p. 88.

* NiCETiE Historiœy De Alex. Mon. Com. fil.; Pans., p. 153; Bonnae, p. 307.

* Du Gange, ConsU Christ. ^ lib. II, g 8, p. 143, et lib. III, S 23, p. 21.

' De cer. oui. Byz.^ lib. I, cap. i, g 21 et 26; cap. xxiii, g 6, p. 27, 32 et 135. ' De cer. oui. Byz.^ lib. I, cap. x, g 3, et cap. xxxv, g 4, p. 74 et 185.

* M. de Salzenber(j a reproduit, dans sa sixième planche, cet édifice dans une assez gprande proportion.

LE FORUM AUGUSTÊON. 31

construit par Justinien * jet renfermait une chapelle précédée d'un vestibule qui s'ouvrait sur le Forum à l'occident. Cette espèce de narthex portait le nom d'athyr, àôtîp •, sans doute parce que sa porte d'entrée n'était pas fermée par des huis. Le sanctuaire offre la forme d'un octogone inscrit dans un carré. Chacune des quatre faces qui correspondent aux angles de l'édifice est percée d'une niche. La porte de la chapelle s'ouvre dans la face tournée vers l'occident du côté du vestibule. Sur la face orientale, à l'opposé, existe ^[alement une niche formant une petite abside où un autel était placé. Dans la face à gauche, du côté du nord, se trouve une porte aujourd'hui fermée; elle s'ouvrait sur le passage existant en arrière du baptistère, à la suite du vestibule du narthex. C'est par cette porte qu'entrait l'empereur lorsqu'il voulait retourner au palais en passant par le baptistère. Dans ces circonstances, l'empereur traversait le temple, sortait par la porte impériale, parcourait le narthex et le vestibule du narthex, puis montant l'escalier quf était à gauche, il arrivait à la porte ouvrant sur le baptistère, le traversait, sortait par l'athyr, et montait à cheval sous la porte de ce vestibule donnant sur le Forum *.

LE FORUM AUGUSTÊON.

Les citations précédemment faites ont établi que le forum Augustéon (n® 2), Aùyouoraiov, AÙYou<rrai(6v, ACrYouerrecâv ^, s'étendait du nord au sud entre les bâtiments annexés au mur méridional de Sainte-Sophie et le mur septentrional du palais*. U nous reste à justifier le tracé de sa déUmitation orientale et occidentale. Du côté oriental, on trouvait les murs du palais avec une porte dite Monothyros qui s'ouvrait sur le Forum , puis le Sénat et Sainte-Marie Chalcopratiana '. On a vu plus haut que de l'extrémité orientale des Catéchumènes supérieurs de la Grande-Église'', l'empereur pouvait passer dans son palais par un escalier de bois^. D'un autre côté, Sainte-Marie Chalcopratiana communiquait aussi à Sainte-Sophie par cet escaher*. Il est donc évident que le Forum ne pouvait pas s'étendre à l'orient au delà du corps de l'édifice de Sainte-Sophie. Nous avons même reconnu qu'il

' Anonym., AnU Constcmt.j ap. Banduri, lib. IV, p. 68.

' De cer. oui. Byz.^ lib. I, cap. x, J 3; cap. xxx, S 2, et cap. xxxv, S 4, p. 75, 164 et 185.

* De cer. auL Byz.^ lib. I, cap. i, g 2, et cap. x, g 3 et 7; cap. xxx, g 2, et cap. 35, g 4, p. 74, 80, 164 et 185.

* Ces diffiérentes formes du nom se trouvent dans les auteurs.

* Voyez plus haut, chap. 1, g ii, p. 12 et 13; chap. II, g i, p. 27 et suiv. ; et plus bas, chap. III, g x. ^ Voyez ci-après dans le présent g et les gg va et vi.

' Il ne feut pas oublier que les bas côtés de Sainte-Sophie portaient le nom de Catéchumènes, tant au rezde-chaussée qu'au premier étage. Il s'a^t des CSatéchumènes méridionaux.

* Voyez plus haut, g i, p. 30, et plus bas, chap. IV, g xxi.

* Voyez ci-après g vi.

ne devait pas atteindre tout à fait Textrémité de cet édifice, parce qu'alors les murs septentrionaux du palais sur le Forum se seraient étendus au-devant de toute la façade du tridinium des candidats (n*^ 28) , tandis que l'une des portes de ce triclinium faisait face à celle de Tatrium du grand triclinium de la Magnaure (n® 1 15) '. Nous avons donc tracé la délimitation orientale du Forum par une ligne dont le point de départ est situé à dix mètres de l'extrémité orientale des bâtiments annexés à Sainte-Sophie.

La limite occidentale de l'Augustéon était indiquée par celle du palais impérial qui se terminait de ce côté aux Nouméra (n® 22) . Cet édifice s'élevait sur le Forum et touchait aux Bains de Zeuxippe (p? 15), mais ces bains étaient situés en dehors du Forum. L'on verra plus loin en effet que le peuple , attendant l'empereur qui allait sortir dans le Forum par la Chalcé (n" 20) , se tenait devant les Nouméra , et qu'en sortant du Forum par la ^rte sud-ouest pour aller à l'Hippodrome , on rencontrait immédiatement les Thermes de Zeuxippe, dont on suivait le côté latéral '. Les Nouméra étant sur le Forum , et les Thermes de Zeuxippe en dehors, c'est entre les deux édifices que nous avons placé le point de départ de la ligne qui limitait l'Augustéon à l'occident. Dans l'état où il est figuré au plan de la restitution, le Forum présente donc une étendue de 140 mèti^es du nord au sud et de 170 mètres de l'est à l'ouest. On trouvera peut-être que cette étendue est exigué en raison de l'importance de cette place , mais il faut faire attention que l'espace entre Sainte- Sophie et la Propontide est assez resserré, et que l'Augustéon était moins une place pubhque qu'une vaste cour fermée, qui était commune à Sainte- Sophie et au palais impérial*. Au surplus, les plus petits côtés du Forum, fixés à 140 mètres, présentent encore ainsi une dimension supérieure à ceux de la place Vendôme, à Paris.

Tout tend à prouver d'ailleurs que les architectes de Justinien n'ont pas dû donner au Forum une autre forme que celle d'un quadrilatère. Quelques auteurs ont prétendu que l'Augustéon avait une forme circulaire; Godin, dans son Uvre sur les édifices, dit que ces auteurs se trompent ^, et il a été reconnu que le passage de Zosime sur lequel ils s'appuyaient se rapportait au Forum de Constantin, situé dans une autre partie de la ville*.

Les portiques de l'Augustéon, originairement édifiés par Constantin, avaient été détruits pendant la sédition des Victoriats, mais le Forum fut agrandi, et les portiques furent reconstruits par Justinien ; ils étaient soutenus par des colonnes doubles et bordaient les quatre faces de la place ".

Le sol était pavé de marbre''. De nombreuses statues enrichissaient l'Augustéon. On

* Voyez ci-après chap. IV, J m et xxi.

* Voyez chap. II, $ viii et ix, et chap. IV, S ii. ■ Du Gange, Const. Christ. ^ lib. I, S 1^» P- ^^^

* Godin., De œdificus; Paris., p. 39; Bon., p. 75.

* Du Gange, Const. Christ.^ lib. I, §24, p. 70.

' pROCOP., De œdificus , lib. I, cap. x; Paris., p. 23; Bon., p. 202. — Christ. Bondelmonti, Descript. Constant.

' Godin., De signis; Paris., p. 17; Bon., p. 28

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