‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 52 sur 92 · DÉCORATION INTÉRIEURE DE LA GHALCÉ. IIS · texte numérisé non relu

DÉCORATION INTÉRIEURE DE LA GHALCÉ. IIS

Forum , ne s'y trouva plus lorsque la clôture de la place vers Test eut été rqx>rtée beaucoup plus loin, par suite de la reconstruction de Féglise Saint^Sophie.

On trouve au surplus dans les auteurs difitérentes notions qui tendept à établir que l'entrée de la Chalcé n'était pas au centre du Forum , mais au contraire bien plus près de ses galeries occidentales que de ses galeries orientales. Eu efiGet, la chapelle Saint-Alexis, qui était jointe à l'atrium de Sainte-Sophie \ et qui par conséquait n'était pas éloignée de i'angle nord-ouest du Forum, devait iahre face au vestibule de la Chalcé, comme nous l'a appris le récit que fait Nicétas du combat livré dans le Forum par les soldats du césar Jean aux impériaux. La Chalcé ne devait donc pas être fort éloignée de l'angle sud-ouest du Forum. Le livre des Cérémonies nous vient encore en aide pour détermina:* cette situation. Aiifii, en rendant compte d'une cérémome dans laquelle l'empereur allait de son appartement à Sainte-Sophie, l'auteur s'exprime ainsi : «L'empereur traverse le tridinium n des Excubiteurs, celui des Scholaires et la Chalcé, et au sortir de la grille de la Chalcé, n il tourne à droite, ixveuei SeÇ(à, avec la procession, et s'en va au Puits-sacré '• » Si la grande porte de la Chalcé avait été ouverte au milieu du Forum, l'empereur n'aurait eu à peu près qu'à marcher droit devant lui pour arriver au Puits-sacré (n^ 1 9 L) ; mais au contraire, en soi^tant de la Chalcé, il tourne à droite; ce n'était sans doute qu'après avoir dépassé la hauteur du Milliaire que la procession se mettait en marche vers le nord^ pour arriver à la Grande-Église.

Dans une autre circonstance, les ambassadeurs sarrasins, se rendant au palais, arrivent au Forum par la porte Anéthas, située à l'ange nord-est de la place (pP 10, B). Si la Chalcé par où ils entrèrent dans le palais avait eu sa porte au milieu du Forum , ils se seraient dirigés en droite ligne vers cette porte en traversant obliquement la place y mais au lieu de cela , ils passent devant les bâtiments annexés au mur méridional de Sainte- Sophie , et ce n'est qu'après avoir dépassé le Puits-sacré (n^ I , L) qu'ils se dirigent vers la Chalcé , où ils descendent de cheval en dehors des grilles \

Nous nous scAnmes étaidu longuement sur la position de la Chalcé, parce que œ vestibule étant l'^itrée du palais et notre point de départ , il était important d'en détermin» exactement la situation; il nous reste à parler de sa décoration intérieure. Les murs, depuis le sol jusqu'aux voûtes , étaient revêtus de très-beaux marbres de difSér^ites couleurs. Il est resté dans l'église Sainte-Sophie de magnifiques spécimens de ces mosaïques de marbro, et l'on peut dire que les artistes byzantins n'ont jamais été surpassés dans ce genre de travail ; il est impossible de marier les couleurs avec plus de goût et d'offrir plus de variété et de charme dans la composition des dessins^. Les voûtes étaient décorées de fines

* Voyez chap. Il, g vti, p. 40.

* De cer, auL Byz.y lib. II, cap. xix, p. 606.

* De cer. auL Byz.j lib. II, cap. xr, p. 583.

^ Voyez les planches 31 et 32 de Fonvrage de M. de Saizenberg, AluChislHche Baudenkmale von Con--

stantinopeL

mosaïques représentant une foule de sujets et de personnages. On y voyait Bélisaire rentrant à Gonstantinople avec son armée et présentant à Justinien et à Théodora les rois captifs , les villes et les provinces conquises ; les sénateurs et les grands dignitaires de TËtat entouraient Tempereur et l'impératrice.

Le pavé de la Chalcé était composé d'une belle mosaïque de marbre '. Au-dessous de la coupole existait dans le pavé une grande dalle de porphyre de forme circulaire, à laquelle on donnait le nom d'Omphalion, xà '0|ji(pdeXiov. On accomplissait certains actes sur cette dalle de porphyre. Ainsi l'empereur Romain Lécâpène (919 f 944) , après avoir racheté pour une somme considérable les titres souscrits par des citoyens de Gonstantinople^ devenus insolvables , fit brûler ces titres sur l'Omphalion de porphyre de la Chalcé *. On trouvera des omphalion encastrés dans le pavé du grand triclinium de Justinien (pP 109), dont nous parlerons plus loin. Il en existait aussi dans d'autres pièces du palais et notam* ment au-devant des trônes. L'empereur s'arrêtait sur ces dalles de porphyre dans certaines cérémonies.

Le vestibule de la Chalcé était enrichi d'un grand nombre de statues antiques. On y voyait aussi celle de Bélisaire et celles de quelques empereurs de l'époque byzantine. Justinien y avait placé une croix'.

Romain Lécâpène avait fait édifier dans la Chalcé , ou pour mieux dire avait annexé à cet édifice un oratoire dédié sous le vocable du Sauveur, toO IcoxYJpoc XpicrroO xaxà tî^v XocXx^v eôxTT^piov, ô Icorjjp eiç ttJJv XoXxyjv (n*^ 21). L'empereur Jean Zimiscès (f 976) le reconstruisit, et y fit préparer son tombeau, qui était tout en or et enrichi d'émaux et de nielles *.

Auprès de la Chalcé s'élevait, sur le Forum, un édifice qui recevait le nom de Nouméra, xà Noij(X£pa (n^ 22) ; il avait été construit par Constantin en même temps que le vestibule de la Chalcé, et faisait partie du palais impérial. Cet empereur y avait établi des tribunaux; postérieurement, les Nouméra furent convertis en prison*. Les Nouméra touchaient aux Thermes de Zeuxippe. A la fin de l'empire byzantin, ces thermes, ayant été réunis au palais, avaient pris le nom de Nouméra, de l'édifice auquel ils étaient

* Procopius, De œdificus, lib. I, cap. x; Pans., p. 24; Bon., p. 204.

^ Anonim., De Romano Lee, ap. Script, post Theoph., lib. YI, $ 44; Paris., p. 266; Bon., p. 429. — Gedreni Hist. compend,; Paris., p. 631; Bon., t. II, p. 318. — Theophanis Chronogr,^ in Mauricio; Paris., p. 239; Bon., p. 438. — Lebeau, dans son Histoire du Bas-Empire, livre LXXIII, fait de cet Omphalion une place publique.

' Anontm., jint, Const.j ap. Banduri, Imp. Orient,^ lib. I, p; 7 et 8. — Godin., De signis, Paris., p. 19; Bon., p. 34.

* Leonis Diaconi Hist., lib. VIII, g i; Paris., p. 78; Bon., p. 128; et lib. X, 8 n; Paris., p. 110; Bon., p. 178. — Anonym., jint. Const., lib. I, p. 10. — Godin., De œdificiis; Paris., p. 63; Bon., p. 127. — Ms. Bibl. Impér., n» 1788, F» 9 i*.

* Anontm., Ant, Const.y ap. Banduri, lib. I, p. 8. — Godin., De originibus; Paris., p. 9; Bon., p. 18; et De œdijiciis; Paris., p.*39; Bon., p. 76. — Anonym., De Michaele, ap. Scr^t. post Theoph., lib. IV, g 22; Paris., p. 109; Bon., p. 175.

TRICLINIUM DES SCHOLAIRES. 115

joints'. Dans la sédition des Yictoriats, sous Justinien, les Nouméra furent brûlés avec les Bains de Zeuxippe et la Ghalcé. La contiguïté des Nouméra avec ces deux édifices est encore démontrée par la citation que nous avons empruntée au cérémonial de la réception des ambassadeurs sarrasins , et qui constate que le bas peuple se tenait , sur le Forum , en dehors des grilles de la Ghalcé, auprès des Nouméra'.

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