LE TRIBUNAL DES LYCHNOS ; LES COURTINES
En retraçant l'itinéraire suivi par Tempereur à travers le palais, dans un jour de fête, pour se rendre de sa chambre à coucher (n^ 104) à la porte de la Ghalcé sur le Forum (n^ 20 , A) , et de là à Sainte-Sophie ', nous avons déjà prouvé la contiguïté des salles des gardes et du tribunal des Lychnos; le retour de l'empereur de Sainte-Sophie au Palaissacré complétera cette justification. Dans ces occasions, l'empereur sortait de l'église dans l'Augustéon par le Puits-sacré (n^ 1, L), et là, en dehors de cette salle, sans doute sous les portiques qui régnaient sur le Forum , il faisait une première réception de fonctionnaires. Après avoir traversé l'Augustéon et être arrivé au palais, il faisait une seconde l'éception en dehors du Chytos de la Chalcé, sous la voûte en cul-de-fbur, à l'intérieur de la porte de fer (n^ 20, A) . La troisième réception avait lieu à l'intérieur de la Ghalcé, èfvSoOev rîjç XoXxTJç, au-devant de la porte (n®20, D) qui conduit dans le triclinium des Scholaires, tl(; xàc l,y(okiç. Il faisait la quatrième dans le vestibule des Saint^Apôtres, c'est-^-dire dans les Scholaires , eiç xàc 2y(pki(; (u^ 23 et 24) , et la dernière dans le tribunal devant les flambeaux, dç Ta TptêouvdtXtov -JSyouv irpà tûv Xiîj^vcov (n"25). Après ces réceptions, l'empereur traversait les Lychnos, le triclinium des Excubiteurs (n^ 27) et le triclinium des Candidats (n^ 28), et entrait dans le Consistorion (n^ 32) *. Les trois tricliniums des gardes prétoriennes et le tribunal des Lychnos formaient donc une série de salles contiguès qui devaient se suivre en droite ligne, puisqu'elles avaient toutes des portes de sortie sur la longue cour nonmiée les Gomlines (pP 29), comme on le verra plus loin.
Revenons sur chacune de ces localités pour en signaler les particularités.
Le triclinium des Scholaires, ô xpfxXivoç tûv îj^oXûv*, et par abréviation les Scholaires, ai 2yoXa{®, était la première des salles du palais après le vestibule de la Ghalcé. Il servait,
* NiGEPHOB. Gallist., ap. Du Gange, ConsL Christ., lib. I, g 27, p. 90. ^ De cer, auL Byz.j lib. II, cap. xv, p. 579.
•Voyez Si, p. 107.
^ De cer. auL Byz., lib. I, cap. i, p. 19 et 20; cap. ix, p. 69.
* De cer. oui. Byz.^ lib. I, cap. i, p. 13, lib. II, cap. xv, p. 579.
* De cer. oui. Byz., lib. I, cap. i, p. 19; cap. ii, p. 40; cap. xxvii, p. 146 et
passim.
oomme son nom l'indique, de lieu de station aux soldats de la garde impériale qu'on nommait Scholaires, oi 2^oXàpioi ou ai I^oXaC. Les portes du naos des Saints^-Apôtres s'ouvraient sur cette salle. « L'empereur s'en Ta jusqu'au tridinium des Scholaires, dit le » Cérémonial, et fléchit trois ibis le genou dans le vestibule des Saint&-Apôtres, iv t$ » irpoiruXa((p tûv àytcov 'ÂicoordXcov )> ; et plus loin , « il fait une réception devant les portes » des Saints-Apôtres , c'est-à-dire dans les Scholaires , 'JSyouv elç xàç 2)(^oXdcç * » . Le naos des Saînt^Apôtres avait été construit par Constantin'. Cette chapelle, élevée par conséquent dans le style des anciennes basiliques, se terminait par un hémicycle surmonté d'une voûte en cul-de-fbur, et c'est là que se tenait l'empereur, dç TiJjv xa[xàpav, lorsqu'il y titrait.
Le tribunal des Lychnos, tô TpiSouvdtXiov tûv Aùyyîùv, ol Ajjyyoi (pP 25) *, qui venait après le triclinium des Scholaires, faisait partie des constructions élevées par Constantin*. Cette salle, à l'exemple des anciennes basiliques romaines où siégeaient les juges, s'arrondissait, du côté des Scholaires, en hémicycle recouvert d'ime demi-coupole. En sortant du palais, l'empereur passait par le tribunal des Lychnos, et y faisait une réception en se tenant dans l'abside, eIç m^v xocpuipacv, dit le Cérémonial. En rentrant au palais, l'empereur, après avoir fait une autre réception dans cette abside, traversait les Lychnos pour entrer dans le triclinimn des Excubiteurs '. Il fallait cbnc que l'abside s'élevât du côté des Scholaires. Quand l'empereur n'avait pas de réception à faire en sortant du palais, il ne traversait pas les Lychnos, et passait du triclinium des Excubiteurs (n® 27) dans celui des Scholaires (n^ 23) ^ ; ceci indique une galerie qui servait de communication entre ces deux tricliniums ; nous l'avons figurée dans notre plan sous le n^ 26. L'existence de cette galerie nous est révélée dans un autre passage du livre des Cérémonies. Les ambassadeurs sarrasins, devant être admis à l'audience de l'empereur Constantin Porphyrogénète , et étant entrés au palais par la Chalcé, (( traversaient le triclinium des Scholaires, et, arrin vant au tribunal des Lychnos, tournaient à droite et allaient s'asseoir dans l'abside qui » est là , jusqu'à ce que l'empereur fut disposé à les recevoir * » . Ces ambassadeurs étaient donc entrés par une porte donnant de la galerie (n^ 26) dans les Lychnos , et leur détour à droite pour aller gagner l'abside s'explique, lorsqu'on sait cpie cette abside était adossée au triclinium des Scholaires. L'auteur du Cérémonial donne en cette occasion à l'abside des Lychnos le nom de Phoumicon , ta ^upvtxciv, ce qui justifie encore la nature de la
* Procopius, Hist. are., cap. xxiv; Paris., p. 70; Bon., p. 135. — De Gange, Glass.
* De cer. auL Byz., lib. I, cap. i, p. 13 et 19; cap. ii, p. 36 et 40; cap. xlyiii, p. 252. ' GoDiN., De orîgimbus; Paris., p. 9; Bop., p. 18.
* De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, p. 12 et 20; cap. n, p. 35 et passim.
• GoDiN., De originUms; Paris., p. 9; Bon., p. 18.
• De cer. aul. Byz.^ lib. I, cap. i, p. 12 et 20, et cap. n, p. 37 et 40. ' De cer. aul. Byz.^ lib. î, cap. xxxv, p. 181.
• De cer. aul. Byz.y lib. II, cap. xv, p. 583.