‹ Le palais impérial de Constantinople et ses abords Sainte-Sophie, le ForumChapitre 75 sur 92 · SAINTE-MARIE DU PHARE ET SAINT-DÉMËTRIUS · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE DU PHARE ET SAINT-DÉMËTRIUS

cette circonstance, Fauteur désigne ce naos par ces seuls mots : eiç tàv $àpov; mais les actes que la zostès accomplit dans la localité où elle est entrée viennent établir qu'il s'agit en cette occasion de la chapelle de Sainte-Marie du Phare , et non de la station télégraphique qui était à côté.

On vient de voir, par une citation du livre des Cérémonies, que l'empereur entrait directement de la galerie qui précédait sa chambre à coucher (n^ 101) dans le narthex de Sainte-Marie du Phare. Un passage de l'histoire de l'empereur Alexis Gomnène, écrite par sa fille Anne, vient à l'appui de ce renseignement. « La chambre où l'em- » pereur couchait alors touchait, du côté gauche, au lieu saint bâti dans l'enceinte ') du palais impérial et dédié sous le vocable de la Mère-de-Dieu. Beaucoup de gens » croient à tort qu'il a été consacré sous le nom de Saint-Démétrius \ »

£n entrant dans les appartements particuliers de l'empereur par l'abside méridionale (n** 95, C) du Chrysotriclinium , on trouvait en eflfet, à gauche, le naos de Sainte- Marie du Phare.

La chapelle de Saint-Démétrius (n*^ 107), vaàç et èxxXr^cxfa toO 'Aylou Ar^(xrjTp(ou , touchait au naos de Sainte -Marie du Phare, et s'élevait également sur l'Héliacon du Phare. Cette situation est parfaitement indiquée par plusieurs passages du livre des Cérémonies. Ainsi, le jour de la fête de saint Démétrius, l'empereur, rentrant au palais par les Scyla, la grande galerie de Justinien, le Lausiacos et le Tripéton (n^* IIÔ, 109, 92 et 94), « traverse le milieu du Chrysotriclinium et sort avec la )) procession par les portes orientales ; les maîtres , les proconsuls , les patrices , restent » en avant du naos de Saint-Démétrius, c'est-^-dire dans la partie gauche de l'Hé- » liacon.... L'empereur, avec le patriarche, se tient dans le vestibule de l'église, et, » après les cérémonies prescrites, ils entrent. Le patriarche pénètre dans le sanctuaire; » l'empereur, passant par le milieu de l'église, s'avance et se tient dans le Tétraséron » qui est là, afin d'entendre la lecture de l'Évangile '. »

Dans une autre circonstance, le Cérémonial dit que l'empereur (( se tient dans le naos M de Saint-Démétrius, devant l'image en émail de la Mère de Dieu, qui est près de la )) porte qui conduit à l'Héliacon » . Ensuite les sénateurs, les maîtres et d'autres dignitaires pénètrent dans l'église, puis « tous entrent, par une autre porte de Saint-Démétrius, dans i) le naos de la Très-Sainte Mère-de-Dieu du Phare'» .

Ainsi la chapelle de Saint-Démétriiis s'élevait sur l'Héliacon du Phare et était unie à celle de Sainte-Marie, puisque les deux églises se communiquaient par une porte.

La première des deux citations parle d'un tétraséron qui aurait existé dans Saint- Démétrius. Reisk * pense que xeTpaaipov est synonyme de xeTpaôiîpov, un lieu à quatre

' ANNA GoMNENA, S/ntogma rer, ab Alexio Comn. gesU, lib. XII; Paris., p. 361. ' De cer. auL Byz.^ lib. I, cap. xxi, p. 124. ' De cer. auL Byz,^ lib. I, cap. xxxi, p. 170. ^ De cer, auL Byz.j Comment., t. II, p. 217.

portes. Le savant commentateur nous parait se tromper; car Tauteur anonyme de la Vie de Théophile, en nous apprenant qu^on donnait le nom de Tétraséron à Tétage inférieur du Triconque, dont la forme était semhlable à celle du Triconque (n® 73) qu'il supportait , nous a fait connaître ce qu'on entendait de son temps par le mot TeTpooipov ' . C'était une construction composée d'une partie rectilig^e sur laquelle s'appuyait un hémicycle pénétré par trois absides voûtées en cul-de-four. Le grand hémicycle oriental de Sainte-Sophie, avec ses trois absides, forme un immense tétraséron. L'abside supérieure du tétraséron de Saint- Démétrius renfermait l'autel; c'est dans ce lieu que le patriarche était entré; l'empereur se tenait en avant, entre les deux autres absides, pour entendre l'Évangile, que lisait le patriarche, du haut de l'estrade où l'autel était élevé.

La tour du fanal ', qui était en communication avec un autre fanal situé sur la côte asiatique, s'élevait sur l'Héliacon du Phare, à côté des naos de Sainte-Marie et de Saint-Démétrius , év tû (jLeyàXc») uaXaTÎo} xaxà tô i^Xiaxàv toO $àpou, dit l'auteur de la Vie de Théophile*.

La porte de l'Héliacon du Phare, ouverte sur les jardins, donnait de ce côté une sortie au Palais-sacré. Elle était précédée d'un petit porche (n^ 105, A). L'itinéraire de l'empereur, allant de Sainte-Marie du Phare à la Nouvelle-église-basilique (n® 1^8), est ainsi tracé : « L'empereur traverse dans son milieu le naos du Phare et sort par la ii porte qui conduit à l'Héliacon... traverse avec la procession le milieu de l'Héliacon et i) le petit porche de la porte à un battant , Stà toO 2t£V(i>icoO t^ MovoOupou *, et descend j> la pente du Boucoléon *....))

Ainsi, on sortait du Palais-sacré par l'Héliacon du Phare. Les murs de cet Héliacon, ceux du fanal et de Saint-Démétrius, formaient donc l'extrémité orientale de ce palais.

Il faut revenir sur nos pas et nous occuper de la galerie des Quarante- Saints et de l'appartement particulier de l'empereur, qui, comme on l'a déjà vu, touchaient au Ghrysotriclinium .

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