‹ Le palais législatif de QuébecChapitre 11 sur 20 · FAÇADES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

FAÇADES SECONDAIRES

Les travaux de maçonnerie des trois côtés de l'édifice donnant bur les rues Grande- Allée, Saint- Augustin et Sainte- Julie,furent commencés dès l'année 1877. Ils furent interrompus à l'automne, puis repris au prin-

1. C'est du dôme du pavillon central faisant face à la Grande- Allée dont il est ici question. Le comble du corps principal ne fut construit qu'après le départ pour l'Europe de la princesse-artiste.

temps de 1878. Le millésime ^^ 1878/' que Ton voit sur Tavant-corps central de la façade de la Grande-Allée, indique Tannée même où l'on a placé la pierre portant ce chiffre, et non Tannée du commencement des travaux.

Au-dessus du millésime est le monogramme de Sa Majesté la reine d'Angleterre ; " V.R.," sculpté dans la pierre, entouré d'une couronne de feuilles de chêne et orné de rayons. A droite et à gauche, les lettres " D " et " L," entourées de branches de laurier, indiquent les noms du comte de Dufferin et du marquis de Lorne, qui furent successivement gouverneurs du Canada pendant la construction de cette façade. La lettre " D " est surmontée d'une couronne de comte, et la lettre " L " d'une couronne de marquis.

L'entrée de cette façade de la Grande- Allée, avec ses pilastres ioniques et ses ornements d'un goût si pur, est un des détails les plus réussis de tout Tédifice. C'est un épisode charmant de ce beau poème ^

1. Le chevalier Falardeau ne pouvait se lasser de con^ templer cette façade de la Grande- Allée et tout Pensemble

Des panoplies placées au-dessus de cette entrée, à droite et à gauche, contiennent, sculptées en haut relief, les armes des deux premiers lieutenants-gouverneurs de la Province sous le régime de la Confédération :

Sir Narcisse-FortunatBelleau et l'honorable René-Edouard Caron.

Chacun de ces blasons porte son emblème caractéristique en cimier. L'écusson de M.

Belleau est surmonté d'un hibou ; la devise est : " Je veille/' L'écusson de M. Caron est surmonté d'une fleur de lis ; la devise est ., " Swioiter in modoy foriiter in re^ Chaque écusson est timbré d'un casque de chevalier.

Sur la façade de la rue Saint-Augustin se trouvent des panoplies similaires dans les trumeaux du premier étage ; l'un (à droite de rentrée) porte les armes du successeur de M. Caron, l'honorable Luc Letellier de Saint- Just, timbrées d'un casque de chevalier et surmontées d'une main en cimier. Ces armes

du bâtiment. '^ C'est, disait-il, un palais admirable qui serait un ornement dans les plus belles de nos villes d'Italie." La façade principale de l'édifice n'était | as alors construite. (1882).

ont pour devise : " Hodc manuft oh patriam!^ Dans Tautre panoplie (à gauche de Tentrée), on a fait sculpter, en 1895, les armes de Sir Adolphe Chapleau, le lieutenant-gouverneur actuel de la province de Québec. Voici comment ces armes peuvent se lire :

" D'argent à la fasce d'azur accompagnée de deux burèles du même, l'une en chef, l'autre en pointe, et de trois têtes de lion de sable, arrachées et lampassées de gueules. Sur le tout, les armes de la province de Québec : D'or, à la fasce de gueules chargée d'un lion d'or passant regardant, accompagnée en chef de deux fleurs de lis d'azur, et en pointe de trois feuilles d'érable sinople tigées."

La devise est : '^Toujours pour elle." L'écusson est timbré d'un casque de chevalier, et porte en cimier trois feuilles d'érable de sinople ^.

1. On sait que, dans le blason, les couleurs s'indiquent sur la pierre, le marbre, le bronze ou le bois par des hachures tracées selon des règles conventionnelles. Ainsi le rouge (de gueules) est représenté par des lignes verticales 'j le bleu (d'azur) est représenté par des lignes hoH-

Les armes de Thonorable Auguste-Réal Angers, sixième lieutenant-gouverneur de la province de Québec sous le régime de la Confédération, ont été sculptées en 1896, dans une des panoplies de la façade donnant sur la rue Sainte-Julie. Elle se lisent comme suit :

" Ecartelé en sautoir, au premier et au quatrième d'azur à Tétoile d'argent, au deuxième et au troisième d'or à la rose de gueules tigée de sinople. Sur le tout, de gueules à la tête de chérubin d'or ailé du même en cimier " ^.

La devise est : " Par droicts chemins."

Les trois façades secondaires dont nous venons de parler comprennent chacune un pavillon de centre en forte saillie sur Tali-

zon taies ; le vert (de sinople), par des lignes diagonales allant de droite à gauche ^ le pourpre, par des lignes dia gonales de gauche à droite j le noir (de sahle), par des lignes horizontales et verticales croisées. L'or est représenté par un pointillé j l'argent est indiqué par l'absence de toute hachure ou incrustation (fond uni).

1. Les ancêtres de M. Angers signaient " Angest " (petit ange) : de là la tête de chérubin qui occupe le centre de l'écu.

gnement général, surmonté d'un attiqu^e servant de base à une grande coupple. à quatre pans, percée de lucarnes à l'extérieur et, sur la cour. Les pans transversaux de ce? cqupoles sont flanqués de cheminées dont les proportions et les formés élégantes embellissent les coupoles elles-mêmes.

Les entrées des pavillons de centre des façades secondaires, dont nous avons parlé plus haut, sont ornées d'un portique d'ordre ionique à pilastres engagés dans le bossage à refends du rez-de-chaussée. L'architecte y a introduit très heureusement des emblèmes nationaux : ainsi, la frise de l'entablement de ce portique est ornée d'un lion passant entre deux tireurs de lis, et la clef de l'archivoUq porte les trois feuilles d'érables tigées, ce qui forme ensemble les diverses pièces du blason de notre province.

Les tympans des portes cintrées de ces entirées, sont ornés de rameaux et de lauriers.

A chacun des angles du carré de l'édifice, un pavillon à saillie centrale supporte, d'un

côté un grand comble où se dessinent dès fleurs de lis, et de l'autre une lucarne en pierre artistement sculptée renfermant une horloge monumentale.

Des écussons en pierre de Deschambault, sculptés aux armes de la province, et surmontés de la couronne royale, occupent le sommet des lucarnes des cadrans. Chacun de ces écussons a pour tenants ou supports deux énormes castors dressés (assis), ce qui donne un cachet original et national à la fois à cette ornementation, absolument conforme du reste aux règles héraldiques et classiques.

Les quatre pavillons d'angle de l'édifice contiennent, chacun, une entrée de proportions restreintes, avec pilastres ioniques, consoles, corniche et cartouche sculpté aux armes de la Province.

On pénètre dans la cour par deux vastes guichets cintrés pratiqués dans les avantscorps donnant sur la rue Sainte-Julie. Les tympans de ces guichets sont ornés de couronnes de feuilles de chêne.

, L'entrée de rayant-corp^eentral dçnpivpt sur la Grande-Allée conduit aux bureaux du Lieutenant-Gouverneur et de différents départements publics.

Au sommet de la grande lucarnefrontale de la coupole de cet avant-corps est fixée une hampe au haut de laquelle on hisse le drapoau britannique aussitôt que le gouverneur de la Province arrive à ses bureaux.

Ce drapeau reste ainsi flottant et déployé aussi longtemps que le représentant de Sa, Majesté demeure dans l'édifice.

Depuis un certain nombre d'années on a cessé de se servir des portes des façades donnant sur les rues Sainte-Julie et Sai^nt- Augustin, afin de pouvoir surveiller plus efiicacement les entrées et les sorties des personnes qui ont accès aux bureaux ou ailleurs.

La garde de l'édifice et de ses aborda est confiée à la police provinciale. Celle-ci a un bureau spécial dans le soubaasenient de ja partie de l'édifice qui donne sur la rue Sainte-Julie. Les communications rapides

avec les gardiens de service se font par signaux électriques.

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