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APRÈS LA MORT DE MONSIEUR. — LA V1E DE FAMILLE

Le matin même du jour où l’apoplexie terrassa Monsieur, Louis XIV avait fait à sou frère une scène terrible au sujet des dérèglements du duc de Chartres, son bis. Est-ce celte querelle qui avait déterminé la crise par

laquelle le prince fut emporté? Il semble, en tout cas,

que le roi en ait eu comme un remords, car son attitude à l’égard de son neveu se transforma brusquement et devint toute générosité et toute bonté. La douleur du jeune homme, qui adorait son père, le toucha. Il le combla d’honneurs et de biens, lui promit un commandement ;i l’armée à la première occasion, déclara (pie le nouveau duc d’Orléans aurait le litre de petit -fils de France, ce (pu lui conférait à la cour une

suprématie spéciale, ainsi que sa mère se plaît à l’expliquer dans une de

ses lettres :

Je vois, dit-elle, que vous croyez que mon fils est un prince du sang, mais il ne l'est pas; son rang est celui de petit-fils de France, ce qui est plus élevé et lui donne les plus grands privilèges: les pelits-fils de France s'asseoient devant les reines et montent dans leurs carrosses, ce (pie les princes du sang ne peuvent faire; ils sont servis par quartier, comme les enfants de France; ils ont un premier écuyer, un premier aumônier, un premier maître d'hôtel ; ils ont des gardes du corps et des suisses de la garde; tout cela établit une grande différence 1 .

Par brevet du 22 juin 1701, Louis XIV, «voulant dorîner à son neveu des marques de son amitié et de sa bienveillance, et le mettre en état de soutenir la dépense à laquelle sa naissance et son rang l’engagent2, » ordonne qu’il lui sera payé une pension de G6o,ooo livres, comme à Monsieur, et qu’il aura droit, sauf quelques différences peu importantes, au même train de maison. Le jeune duc d’Orléans eut donc, ce qui 11e s’était jamais vu qu’aux fils de France, comme l’explique très bien Saint-Simon3, des gardes et des suisses, sa salle des gardes au château de Versailles, un chancelier, un procureur général au nom duquel il devait plaider au lieu du sien propre, et

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