COUVERCLE DE TABATIERE EN OR CISELE
gros, 166 livres. — Une boette d'or à deux
portraits, pesante deux onces, 1 48 livres. — Une tabatière d'or en coquille, pesante deux onces deux gros, 166 livres. — Tabatière d'or avec un pot de fleurs au milieu, pesante deux onces quatre gros, i85 livres. — Tabatière d’or avec des mosaïques dessus, pesante deux onces deux gros, 166 livres. — Une petite tabatière d’or ronde avec un portrait en dedans émaillé, pesante deux onces quatre gros, i85 livres. — Une tabatière de jaspe à deux tabacs garnie d’or émaillé, 600 livres. — Tabatière de jaspe garnie d'or avec des couleurs, 200 livres. — Tabatière de jaspe garnie d'or, avec des étoilles émaillées, 200 livres. — Une petite tabatière de jaspe à coquille garnie d’or, 100 livres. — Petite tabatière d’agalbe en coquille garnie d’or, 100 livres. — Tabatière de Prime d’amatiste (sic) garnie d'or, 200 livres. — Tabatière de lapis garnie d'or quarrée, 200 livres. — Tabatière de lapis ronde, garnie d'or, 200 livres. — Tabatière de cristal de roche en trèfle garnie d’or, i5o livres. — Une boette de caillou quarrée garnie d'or, 70 livres. — Une grande tabatière d agathe en trèfle garnie d'or, 100 livres. — Une tabatière de caillou à pans garnie d'or, 100 livres. — Tabatière d agathe garnie d’or émaillée, i5o livres. — Tabatière d'ambre quarrée à gorge d'or, 70 livres. — Autre tabatière d'ambre garnie d'or quarrée, 80 livres. — Tabatière d'ambre avec de la Chine dessus, garnie d'or, 90 livres. — Tabatière d’ambre garnie d'or, 5o livres. — Tabatière de nacre de perles quarrée avec de la Chine dessus et corps d'or, 25o livres. — Tabatière d’une coquille de nacre garnie d’or, 120 livres. — Tabatière en coquille de nacre de perles garnie d'or, 80 livres. — Tabatière à deux tabacs de deux coquilles garnies d’or, 80 livres. — Tabatière en coquille de manteau ducale garnie d'or émaillée, i5o livres. — Tabatière en coquille de Magellan garnie
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d’or, (So livres. — Tabatière en coquille blanche avec une rosette verte dessus émaillée, garnie d'or, 5o livres. — Deux très petites coquilles blanches jaspées de couleur garnies d'or, 5o livres. — Deux autres très petites coquilles blanches jaspées de couleur garnies d'or, 5o livres. — Tabatière de coquille appelée Cassandre garnie d'or, 4o livres. — Petite tabatière d'aventurinc, garnie d'or,
5o livres. — Tabatière d’écaille piquée garnie à corps d’or, /100 livres. — Tabatière d’écaille piquée et doublée d'or avec une peinture en dedans, 120 livres.— Tabatière quarrée d’écaille à corps d’or avec une piqûre coulée dessus, 100 livres. — Deux tabatières d'écaille noire piquée à gorge d’or, 1G0 livres. — Très petite tabatière d’écaille verte, doublée d'or, 4 o livres. — Petite tabatière d'écaille blonde à gorge d'or, jo livres. — Tabatière de pierre de lave garnie d'or, 4 o livres. — Boette à portrait d'yvoire à gorge d'or, 5o livres. — Tabatière d'yvoire de Venise avec une peinture, à gorge d’or, So livres. — Tabatière de cristal fondu à corps d'or, 70 livres. — Sept tabatières d'écaille rondes et quarrées, io5 livres. — Deux tabatières de caillou garnies d’argent, 5o livres.
A la mort de son mari, en 172.3, la duchesse d’Orléans put choisir parmi les meubles appartenant à la communauté, ainsi que cela avait été stipulé dans son contrat, ceux qu’elle voulut jusqu’à concurrence d’une valeur de 3oo,ooo livres. Comme ceux qu elle avait apportés lui restaient en propre, elle col donc personnellement un mobilier considérable, sans compter les curiosités et objets d’art. Sa vaisselle d’or et d’argent était splendide. Mais, lorsqu’elle mourut, la plus grande partie en revint à ses dames d’honneur et à ses femmes de chambre, à cause des droits attachés à leur charge.
C’était, en effet, une coutume royale et princière qui remontait à une époque lointaine, de léguer en mourant aux principaux serviteurs les objets ayant servi au maître et qui faisaient partie de l’exercice de la charge de chacun d’eux. Ainsi, aux valets de chambre, on distribuait les habits, aux maîtres d’hôtel l’argenterie, aux chefs d’écurie les chevaux, etc. O11 a vu que le cardinal de Richelieu s’était conformé à cet usage et qu’il avait distribué lui-même, par un article spécial de son testament, ses carrosses et ses chevaux à son personnel. Ce qui n’était, à l’origine, que l’effet de la générosité et du bon vouloir de la part du seigneur devint peu à peu une sorte d'obligation et un droit tacitement reconnu dont se prévalurent les serviteurs pour
LË ËALAÎS-ROYAL SOUS LA RÉGENCE
VENUS A LA COQUILLE Tableau de l’ancienne Galerie du Palais-Royal
réclamer — qu’il y eût ou non legs stipulé en leur faveur — - les objets ressortissant à leur emploi. La famille d’Orléans fut fidèle à cette royale habitude aux xviie et xvnU siècles. On voit dans leurs inventairesVjue les titulaires des offices furent, aux décès de leurs maîtres ou maîtresses, mis régulièrement en possession de toutes les choses ayant un caractère intime et personnel dont ils avaient eu spécialement la garde. Cela paraît incroyable, car on
imagine aisément les proportions que prirent de pareilles prérogatives et à quel chiffre se montait la valeur des cadeaux que s’arrogeaient ainsi les gens de service. Il n’y a pas de fortune qui, à la longue, aurait pu résister à une telle coutume. Par exemple, à la mort du. Régent, une grande partie de la vaisselle d’argent fut revendiquée par Jean Jupin, contrôleur ordinaire, Ch. Le Tellicr, garde-vaisselle, et de Montigny, premier maître d’hôtel. Ce dernier voulut bien laisser le choix aux héritiers ou de lui remettre l’argenterie à laquelle il prétendait, ou de lui en verser le prix, soit i3G,954 livres. On préféra lui constituer une rente viagère de 12,000 livres. De même, M. de Simiane, premier gentilhomme de la chambre du Régent, revendiqua comme droit de sa charge le mobilier de la chambre appelée de campagne, d’une valeur de 11,100 livres1. Le duc de Gontaut-Biron réclama de son côté « les chevaux et équipages, habits de livrée et dépendances de l’écurie de Son Altesse Royale soit par droits de sa charge, soit par un usage (pic la bonté des princes et princesses autorisoit... » 2 ; mais, voulant agir en grand seigneur, le duc de Gontaut-Biron, tout en élevant ses droits, déclara qu’il ne voulait pas s'en prévaloir et qu’il « supplioit très humblement» le fils du Régent d’accepter qu’il lui en fît remise. On ne voulut pas être en reste de galanterie avec lui; on garda les chevaux et équipages, mais on constitua une rente de 10,000 livres au fils de Gontaut-Biron. Quand mourut la duchesse d’Orléans, en 1 7 4 9 , son mobilier, son orfèvrerie, ses belles dentelles furent de la même façon en partie distribués à ses serviteurs. Mais il se produisit alors une compétition assez comique entre la dame d’honneur, la duchesse de Lorges, la dame (Latour, Mm0 d’O, marquise de Clermont, et Céline Berthe, la première femme de chambre. La duchesse de Lorges réclama tous les meubles (le la chambre où était décédée Mme d’Orléans, notamment, suivant les expressions de la requête :
Tout ce qui s’est trouvé placé et renfermé dessus et dedans les commodes, bureaux, coings, armoires, cassettes, tablettes, porcelaines, lustres, cristaux, tout le linge, toute l'argenterie de la chambre, flambeaux, à l'exception des torchères, toutes les bourses et jetons, les livres de dévotion, toute la toilette complète, argenterie, carrés et boettes, toutes les voilettes de points de dentelles, à l'exception d’une de point qui appartient à la dame d'atour, plus tout ce qui se trouvait également
1. Archives nationales, R4, 1066, et X1 a, 9162. — Ce mobilier de campagne comprenait : i° un lit de damas cramoisi, avec toutes ses tentures brodées d’or, ses bois à colonnes, deux tapis de cuir, le tout enfermé dans un coffra recouvert de cuir noir; deux tentures de tapisserie de damas cramoisi en quatorze pièces, de trois aunes de hauteur et trente-six lez de long; 20 un autre lit avec ses tentures de damas vert à (leurs de lys, ornés de franges, molets et crespines d’or et argent lins. Quand le duc d’Orléans allait à l’armée, on voit de quel luxe il restait entouré. Il avait aussi un service d’argenterie spécial pour ces occasions, et comme on pense, il était approprié à la situation.
2. Termes de la requête du duc de Gontaut-Biron au moment de la confection de l’inventaire du Régent. La valeur des effets ainsi réclamés était de 83,528 livres.
LE PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE
tant en meubles qu'autres effets de cette nature qu'ils soient dans les cabinets qui suivent et dépendent de ladite chambre, à l'exception de diamants, tabatières d’or et ce qu'on appelle bijoux de poche, tout le surplus généralement, et tout ce qui se trouvera en place et renfermé dedans et dessus tous les coffres, armoires, cassettes, commodes de coins qui sont dans lesdits cabinets lui appartenant pareillement en ladite qualité de dame d’honneur...
La dame d’atour, marquise de Clermont, revendiqua, de son côté, les objets suivants:
Toutes les dentelles, tout le linge du corps, tous les habits et jupons, toutes les pièces d'étoffes qui se trouvent dans les coffres et armoires de la garde robbe, la belle toilette de point les palatines, les fichus de couleur, les rubans, les sacs à nœuds, les navettes, les éventails, les gands, les manchons et toutes les fourrures, manteau et mantilles, coeffes, bas, mules et souliers, coffrets et armoires de la garde-robbe, les corbeilles et pagniers, et les coffres où sont les soies, le tout lui appartenant en sa qualité de dame d'atour...
Céline Bertlie, la femme de chambre, intervint à son tour et exposa aux commissaires chargés de l’inventaire ce qu’elle entendait qu’on lui réservât :
CISEAUX Dis DAME
Tout ce qui est dans la garde-robbe au linge, toutes les garni- l1AîiS LElJIt 1;TUI tures de nuit et du deuil, tous les manteaux de lit et tous les jupons blancs, couvre-pied, coeffes, mantelets, fichus, palatines, gands, rubans, évantailles, manchons, les coffres de la garde-robbe au linge, le coffre aux rubans, le coffre aux soies, la chaise percée, les bassins tant argent qu'argentez, le pot de chambre d'argent, toutes les chaises de commodité, les petits pots qui ont servi à laver les mains, les jattes et les bouteilles d’odeur, les robbes à peigner, les jupes et tous les jupons qui n’ont point de robbe, les pagniers et le lit de veille, trois palettes d'argent qu'elle a à sa disposition, les mules, bas, pantoufles et souliers, le tout lui appartenant en sadillc qualité de première femme de chambre.
Il fallut que le comte d’Argenson, chancelier de la maison d’Orléans, employât son autorité pour établir l’accord entre ces dames et faire tête à toutes les revendications qui continuèrent à se produire au cours de l’inventaire. Ce ne fut pas facile. Toute la meute des serviteurs, lâchée sur ces successions princières, comme des carnassiers sur une proie, faisait rage, et chacun en voulait un morceau1. Il en advint pareillement pour les chevaux.
i. Cf., entre autres pièces, la «minute du procès-verbal des commissaires de la cour lors de l’inventaire fait après le décès de Madame Françoise-Marie de Bourbon, princesse du sang, veuve de Monsieur le duc d’Orléans, petit-fils de France. » ( Yrchives nationales, X1 a, 9 1 08 .)
T. I LU PALAIS — ROYAL
La duchesse d’Orléans avait ses écuries à elle rue Richelieu, dans une maison louée à cet elïét. Sans décrire en détail les attelages, voitures, harnais, etc., qui s’y trouvaient, je reproduirai ce court extrait de l’inventaire en faisant remarquer qu’il ne s’agit là que de chevaux servant à Paris, au Palais-Royal, et qu’à Saint-Cloud, à Versailles ou à Bagnolet, il y avait encore d’autres équipages :
Écurie de la duehesse d'Orléans.
L’attelage du corps de neuf chevaux noirs à longues queues, avec tous leurs crins, agez depuis sept, huit, neuf, dix, onze à douze ans; prisez ensemble, 2,5oo livres. — Le second attelage du corps de neuf chevaux noirs à longues queues, avec tous leurs crins, agez depuis sept, huit, neuf, dix, onze, douze et treize ans; estimez ensemble 1,800 livres. — Le troisième attelage de suitle de huit vieux chevaux à longues queues, avec leurs crins, agez depuis dix, onze, douze, treize, quatorze et quinze ans; prisez ensemble 800 livres. — Item, quatre chevaux de maître à courte queue, gris pommelez, gris truité et gris argentez, agez depuis six, sept, huit et onze ans; prisez ensemble 800 livres. — Hem, quatre bidets gris argentez à courte queue, agez depuis sept, huit, neuf et dix ans ; prisez ensemble 600 livres. — Item, six chevaux de suite, dont trois noirs à longues queues qui seront coupées, avec tous leurs crins, un cheval bay à courte queue et deux chevaux gris, agez de huit, neuf, dix, onze et douze ans; prisez Goo livres.
Carrosses et équipages: Carosse du corps, garny de velours plein y compris le dessus de l'impérialle par dehors orné de broderies d'or tant par dehors que par dedans, avec frangeons et frangean sur les coutures, deux coussins et un strapontin couverts de pareil velours ornez de inolcls et franges, le tout d'or fin; sept glaces; quatre rideaux de damas cramoisi, garnis autour d’un molet cl d'une fausse housse de drap sur l'impérialle et dessus la housse du cocher bordée d’un galon d'or; deux housses de chevaux pour la ville de velours brodé, avec une frange pareille à celle de la housse du carosse, les harnois dud. carosse ont été drappez, les clous, pommes, fiches et mains de ressort sont d'or moulu; monté sur son train; prisé la somme de 4, 000 livres. — Item, le carosse jonquille garni de velour cramoisi de Flandres à ramages, le dessus de l'impérialle garni de pareil velours avec une pente en dedans brodée de cordonnet et galonné d'or comme aussi sur la goutière en dehors avec des boutonnières de cordonnet d'or sur les mantelets et la housse de dessus l’impérialle et housse de cocher de drap écarlate, y compris les deux housses des chevaux bordez d'un galon d'or, à l’exception des housses de chevaux, où il y a un grand galon; trois glaces, quatre rideaux de damas garnis d'un galon d'or, deux coussins; monté sur un train tout équipé. Toutes les fontes dorées d’or de feuille. Les harnois ont été drappez, prisé le tout 4,200 livres.
Un fauteuil en baldaquin monté sur un tréneau à trois roües, garni en dedans d'un damas cramoisi, le dehors de maroquin rouge, avec son tablier cloué d'un rang de clous dorez, le tout chamarré de crestes et galons carmoisi, les corps dorez, les panneaux peints île lacq au vernis, 35o livres. — Une grande hoëte appelée la Loge du berger, toute de bois, à la réserve de l'impériale,
LE PALAIS-ROYAL SOUS LA REGENCE
garni en dedans d'un taffetas jonquille, le dehors de cuir de pareille couleur, chamarré d'un cuir rouge découpé, une housse de toile cirée par-dessus, montée sur un treneau à trois rôties, 75 livres. — Une grande calèche montée sur son train garnie en dedans d'un velours gris, les franges à boettes cartésane, galons et cordons de soye bleüe, quatre rideaux et un sur le dossier de taffetas blanc chamarré de cresles bleües, un coussin de même velours, une housse de siège de drap garnie de frange bleüe, trois glaces, deux ressorts à doubles coins posez sur le derrière et deux à la jeument sur le devant garnie de six pommes, six fiches et loquet cloué à trois rangs, le tout d'or de feuille, garnie de ses suspentes et boucles, 600 livres. — Une calèche de promenade à quatre places appelée la calèche de VÉtoille, garnie d'un drap d'or semé d'étoilles brodées d'argent, les galons bordez de dessous les clous d'argent, les coussins de même étoffe doublez aussi bien que les dessus des coffres de gros de Tour bleu ; le plafond garni de drap bleu; le tout couvert d'une housse de drap bleu, le pavillon enrichi de broderie, mantelets, franges d’argent; pommes et quenouilles; montée sur son train à trois brancards, avec un arc, quatre roues à gentes larges, les faces sculptées; les rayes à balustres, moyeux garnis de quatre boettes de fonte doré d'or moulu; garnie de six ressorts et un croissant posez sur la cheville ouvrière; tous les corps panneaux de lad. calèche et sculptures du train dorez d'or bruni; prisé 3, 000 livres. — Un fauteuil de canne à pieds de biche montée sur un plasfond à trois roues, led. plafond garni de maroquin vert cloué d'un rang de clous dorez sur un galon d'or, tout le dehors et le corps doré d'or bruni de fond d'émail; prisé 100 livres. — Un fauteuil de canne à pieds de biche monté sur un plasfond à trois roues, garni de maroquin citron, cloué d’un clou doré sur un galon d'or, peint en couleur de canne; prisé 60 livres.
O11 voit, par cette énumération, que la princesse avait le choix pour le luxe de ses carrosses et équipages, quand elle désirait aller en promenade. Il est vrai de dire que plusieurs de ces voitures, destinées à certaines cérémonies, et d’un usage peu fréquent, restaient la plupart du temps dans les remises, abritées sous leurs housses somptueuses.