TAPISSERIE DE DESPORTES
ni marcs 9 onces. Brochant sur le tout, venait la vaisselle léguée au duc d’Orléans par le cardinal Dubois, qui ne comprenait pas moins de 85 pièces, plus sept douzaines d’assiettes rondes et six douzaines d'assiettes à pans.
Un mot, maintenant, sur les tapisseries. On a vu plus haut (p. 196) quel grand nombre de belles tentures Monsieur avait réuni au Palais-Royal. Son fds, bien entendu, les garda. Mais, dans le remaniement qu'il fit subir à la décoration de sa demeure, trouvant sans doute que celles-ci avaient un air vieillot et ne s'accordaient plus avec l’aspect nouveau de l'architecture d’Oppenordt, avec les boiseries claires, les lambris revêtus de glaces, il les relégua presque toutes dans son garde-meuble. Pour son goût particulier, il préférait les étoffes de
soie brodées d’or, de couleur cramoisi, pimpantes, chantantes, et ce sont celles-ci qu’on trouve à profusion dans ses appartements, comme chez sa femme. Les tapisseries de laine, à sujets, furent laissées seulement dans les parties du palais meublées à l’ancienne mode. Ainsi, la mère du Régent garda dans son appartement la tenture de Y Histoire de Salomon. L’ancienne chambre qu’occupait le duc d’Orléans, alors qu’il n’était que le jeune duc de Chartres, resta ornée de la tapisserie représentant Y Histoire de César. Celle de sa dernière fille était tendue de dix- sept tapisseries figurant Y Histoire Sainte, fabrique de Bruxelles. Il y en avait encore chez quelques-uns des officiers qui logeaient au Palais-Royal, comme M. de Conflans, ou bien dans la salle des gardes : ces dernières n’appartenaient pas au Régent, mais au mobilier royal. Louis XIV, qui possédait une réserve considérable de tapisseries, en donna plusieurs fois à son frère, notamment la magnifique série de Moïse, du dessin de Poussin ', ou bien se contenta de lui en prêter à certaines.occasions, comme en novembre 1699, lors d’un séjour que le duc de Lorraine fit au Palais-Royal, où il lui envoya la tenture à' Alexandre, de Lebrun, pour décorer les appartements de son hôte.
Une comparaison intéressante que Y Inventaire des meubles du Régent permet de faire, c’est le prix d’estimation des tapisseries de Monsieur, aux deux dates de 1701 et de 1723. En vingt ans, quelques-unes de ces tentures bénéficièrent d’une plus-value extraordinaire. Par exemple, la série dé Am a dis des Gaules, en cinq pièces, fabrique de Bruxelles, prisée G, 000 livres à la mort de Monsieur, monte à 29,000 livres à la mort du Régent; Y Histoire d’Artémise va de G, 000 livres à iG,ooo livres; Y Histoire de Jules César, de 5, 000 livres à 7,500 livres, etc. L’ Histoire de Moïse, en six pièces, est cotée i/i,5oo livres; les Jeux d'enfants, de Raphaël, en sept pièces ornées des armes d’Angleterre, à 8,5oo livres; Y Histoire de Seipion, en sept pièces, à 5,5oo livres, etc. O11 comprend, d’après cela, que si la mode, au temps de la Régence, restreignit l’emploi des tapisseries à sujets, si répandu à l’époque précédente, ce n’est pas qu’011 estimât moins ces œuvres d’art : seulement les dimensions des chambres étaient diminuées, et l’on avait pris le goût des décors plus aimables que solennels.