‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 204 sur 301 · INDIQUANT LES TRAVAUX ENTREPRIS A CETTE DATE PAR L.PH. D'ORLEANS · texte numérisé non relu

INDIQUANT LES TRAVAUX ENTREPRIS A CETTE DATE PAR L.PH. D'ORLEANS

(Les bâtiments entourant la Basse-Cour , marqués de la lettre L, sont construits par l’architecte Cartaud)

(Les bâtiments marqués Àf et N sont construits par Contant d’Ivry pour les nouveaux logements de la duchesse d’Orléans)

(Planche extraite de l’ouvrage de Blondel : L' Architecture')

en plus tout autour de la balustrade, un air plus riche, une élévation plus grande. Que penser, sinon que Moreau n’est pas, comme on l’a cru jusqu’à présent, l’auteur de la façade? Est-il même certain que ce fut aux frais de la Ville que celle-ci fut exécutée? On verra plus loin que plusieurs bonnes raisons donnent créance à une autre thèse.

11 ressort de tout ce qui vient d’être dit que, s'il n’était pas heureux en ménage, le jeune duc d'Orléans ne négligeait pas de s’étourdir par des prodigalités variées, et savait assez bien, comme son grand-père le Régent, jeter l’argent par les fenêtres. Il est vrai qu’il avait d’autres genres de plaisirs, et (pie le côté extérieur, les bals, les réceptions, la chasse le séduisaient autant que son aïeul en avait eu le dédain. L’année même de la mort de son père, le i4 septembre 1702, il donna, en son château de Saint-Cloud, une fête

extraordinaire pour la convalescence du dauphin1. Au surplus, il serait injuste de lui dénier, comme l’ont fait trop souvent ses biographes, un certain sentiment des arts. Par-dessus tout, il aimait les chevaux, c’est entendu, et dépensait, bon an mal an, 3oo,ooo livres pour ses écuries. Mais il protégeait les artistes, se plaisait au milieu des œuvres de goût, savait s’adresser aux

hommes de talent pour embellir le Palais- Royal, et les pensionnait; il courait même les boutiques de Paris pour dénicher des bibelots de prix dont il meublait sa demeure. Quand on parcourt le Journal de Lazare Duvaux, le fameux marchand de curiosités, on est un peu surpris d’y trouver à tout instant, depuis l’année 1753 jusqu’en 1757 et même 1708, le nom de Louis-Philippe d’Orléans, qui venait soit acheter quelque objet ancien, soit faire réparer certaines pièces de ses collections. Par exemple, en 1753, il achète à Duvaux des encoignures d’ancien laque, fond noir et or, garnies en bronze doré. Une autre fois, ce sont des vases en forme de feuilles, de porcelaine céladon, garnis de bronze doré; ou bien un bureau en bois de rose, à fleurs, de quatre pieds et demi (384 livres); ou encore une garniture de cinq morceaux de porcelaine des Indes (i,63a livres). Le Journal de Lazare Duvaux porte, à la date de mars 1756, cette mention :

Réglé le compte avec S. A. R. Msr le duc d'Orléans. Il m'a arrêté un mémoire à la somme de 8,ia5 livres, payables à raison de 1,000 livres par mois, à commencer au icr mai prochain.

Mais le compte, à peine réglé, est bien vite repris, et, durant le seul mois de décembre 1756, le duc achète à Duvaux : le 7, un vase de porcelaine rouge jaspé, de i,44o livres; deux bouteilles cannelées en porcelaine céladon, de 84o livres; le 11 décembre, un pot-pourri de porcelaine grise, ancienne, garni avec des colimaçons; le du même mois, une commode en laque rouge, de 720 livres; une table de nuit plaquée, à mosaïque de bois des Indes, de 96 livres; une théière et son plateau, violet, garnis de bronze, de 3ia livres, sans compter des tasses, un plateau de vernis du Japon, etc. L’année 1707 est marquée par de plus grandes dépenses encore chez le marchand de curiosités. Avec une véritable passion, le duc d’Orléans continue a acquérir des porcelaines de la Chine et des objets de laque, et parmi ces bibelots

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