TABLEAU DE L’ANCIENNE GALERIE DU PALAIS - ROYAL
déjà parlé. A Choisyle-Roi, on prit deux ou trois peintures : Allégorie représentant la famille du Régent, une Toilette de Vénus et les Quatre filles du Régent. Mais il est probable qu’Alexandre Lenolr aurait pu glaner d’autres peintures, qui sans doute étaient restées au Palais-Royal et qui durent être vendues aux enchères, avec les meubles, à moins qu’on ne les y ait dérobées3. N’aurait-on pas
1. Archives du Musée du Louvre, A3, ann. 1802, et Mi, Origines; 1795, 7 septembre.
2. Au retour de l’émigration, en 1819, la famille d’Orléans réclama au Gouvernement français certains objets d’art et tableaux qui avaient appartenu à Philippe-Égalité (Archives nationales, 03, 1429, i43o et 1 43 1 ) . Outre plusieurs statues placées au Luxembourg, et un Henri IV par Prieur, il y avait vingt et un tableaux (dont ceux qui ont été ci-dessus cités) et le groupe de Houdon : Diane chasseresse. Mais, pour cette dernière œuvre, on transigea, el la famille accepta, en échange, une statue d ’Ajax par Dupaty. Il est vrai qu’en 1848 Louis- Philippe prit sa revanche, en se faisant donner toute la collection espagnole du Louvre. — (Communication due à l’obligeance de M. Ch. Saunier .J
dû y trouver, par exemple, les divers portraits de famille que nous avons eu l’occasion de signaler, ceux de la femme du Régent, ceux de la princesse Bourbon-Conti, par Nattier, etc. ? Un amateur très érudit, artiste bien connu et de rare mérite, M. Cb. Rossigneux, possède un tableau qui faisait partie de la collection du Palais-Royal et qui fut acheté, en 1793, lors de la mise à l’encan des meubles du Palais. C’est la toile de Paul Véronèse intitulée Mars et Vénus liés par l’Amour. Nous l’avons fait reproduire (voyez page 233). L’origine n’en peut être suspectée. Un brocanteur qui l’avait acquise sous la Révolution, et qui n’en connaissait pas la valeur, en avait fait une tente à l’auvent de sa boutique. « Depuis un siècle elle appartient à ma famille,» nous a dit M. Rossigneux. Cependant, cette même toile est indiquée, dans la liste des œuvres vendues à l’Angleterre, comme ayant été adjugée 3oo guinées (7,950 francs) à M. II. Elwyn. En vérité, le miracle de la multiplication des pains, dont parle l’Evangile, n’est pas plus étonnant que le mystère dont restent entourées certaines œuvres de la galerie d’Orléans !