UE PALAIS -ÉGALITÉ PENDANT LA TERREUR VENTE DU MOBILIER
Le 6 novembre 1793, le duc d’Orléans périt sur l’échafaud. Le Glaive vengeur lui fit cette oraison funèbre: «D’Orléans, à qui la prévention publique supposait l’âme d’un valet, la lâcheté d’un enfant, est pourtant mort avec le masque du courage. » Jusqu’à la dernière minute il se montra impassible. Il finit du moins en beau joueur. Que lui restait-il, en effet P Des amis véritables, il n’en avait point et ne s’en souciait guère. Dans sa famille, nulle tendresse. On ne le pleura pas. Toute ambition lui était interdite désormais. Quant à sa fortune, il n’en restait ph is trace.
Le Palais-Royal, qui, depuis trois ans, avait reçu le nom de Palais-Égalité, était devenu la proie suprême, le dernier os sur lequel s’acharnaient furieusement les créanciers, et dont ils s’efforçaient d’extraire la moelle, n’ayant plus rien autre à dévorer. Comme bien d’apanage, ils ne pouvaient le faire
PHILIPPE-ÉGALITÉ
vendre : on en tira tout ce qu’on put par des locations. Le i4 septembre 17; )a, l’Assemblée nationale avait rendu un décret autorisant Philippe -Egalité à continuer les aliénations des bâtiments dépendants du Palais1.
Quelques mois plus tard, après avoir signé, dans la prison où il était enfermé, une procuration aux mandataires de ses créanciers, le prince s’était trouvé dépouillé des derniers vestiges de sa fortune. On fit vendre tout indistinctement, aussi bien les immeubles désignés dans le concordat que les propriétés qui n’y étaient pas comprises et que le duc lui -même n’aurait pas pu aliéner :
Le 3o juillet 1793, dit Vatout2, les mandataires se rendirent eux mêmes acquéreurs d'une partie des bâtiments de la cour des Fontaines, et vendirent le reste pour la somme de 8i6,3oo francs en assignats.
Les autres maisons dépendantes du Palais furent vendues de la même manière. Gaillard et Dorfeuillc eurent pour i,Goo,ooo francs non seulement le théâtre dont ils étaient locataires, mais encore la partie du Palais qui s’y trouvait adossée.
L ebeniste boudin eut en loca- pragment d’un panneau de boiserie sciepUb
tion pour neuf ans, moyennant
5o,ooo francs par an, tout le pavillon neuf construit sur la cour d’honneur, depuis les caves jusqu’aux combles, ainsi (pie le bâtiment donnant sur la rue «Honoré» dans la première cour. D’autres locataires, Sauvai 1 et Pichet, prirent