Né vers i58o, mort le 3o juin
Laporte, oncle du cardinal, qui est maintenant au Louvre1; Ruyster, Germain Giney, Francini, un des vieux sculpteurs de l’école de Fontainebleau, qui vivait encore en i G 4 o , et avec lequel Richelieu était en relation, car il en parle dans une de ses lettres à Michel Le Masle, etc.
Le comte de Laborde, dans le volume si curieux, si savant, qu’il a consacré au Palais-Mazarin2 , fait honneur au ministre favori d’Anne d’Autriche, avec une indulgence qu’il est permis de juger excessive, de beaucoup d’innovations au point de vue de l’encouragement des beaux-arts, dont le mérite revient, en bonne justice, au cardinal de Richelieu. C’est ainsi qu’il attribue a son héros la mode de se faire peindre, mode, dit-il, qui a valu «à la France et aux arts un Philippe de Champaignc, un Largillière et les graveurs Nanteuil, Masson, Audran, etc.». Il ajoute : «L’impulsion fut donnée par Mazarin; l’honneur doit lui en rester.» Or, il est indubitable que ce mérite appartient précisément à Richelieu qui, habile à préparer sa gloire pour la postérité, assez vaniteux de sa tournure élégante de gentilhomme, prétendait entrer dans l’histoire non comme une abstraction, mais sous les espèces réelles qu’il lui plaisait prendre et dans les multiples attitudes où il lui convenait d’y paraître. Il ne se borna pas aux divers portraits peints par Philippe de Champaigne. Tous les artistes en renom de son époque furent conviés à reproduire la figure altière du cardinal- duc. Des médailles nombreuses, presque toutes des chefs-d’œuvre de M arin, racontent les principaux événements de sa vie. Une sorte de catalogue en a été dressé (peut-être par Le Masle), dont le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale3. Le même Jean Warin exécuta son buste en bronze, qui fut terminé dans le courant de l’année iG4i. C’est à son sujet que le ministre adressait, le 3 décembre de cette année, le billet suivant à Mazarin :
Monsieur Mazarin fera payer, s'il luy plaist, les deux mil livres, qui sont deutz à celui qui nous a vendu la Vénus de bronze et les huict testes, s'il ne l’a desja esté... Il se souviendra des boistes avec des diamans pour mon portraict.
Si le' sieur Loppez a de petites chaisnes, il les achcptera comme pour luy, afin que je n'aye rien à demesler avec le seigneur Ilebreo.
Il envoira voir chez Varin si son buste en piastre est achevé V
De ce buste plusieurs épreuves en bronze ont été tirées. Après la mort du Cardinal, la duchesse d’ Aiguillon, sa nièce, payait aux fondeurs le prix de ces épreuves, ainsi qu’en témoigne cet extrait de son registre d’administration :
Au sieur Hubert Le Sueur, maître sculpteur, pour quatre bustes de Son Eminence, suivant quittance du 12 juin 1 643 : 3, 000 livres.