Bibliothèque nationale, Cabinet des Estampes
UNE ÉDUCATION ROYALE
roi et les reines demeurans en leurs places, où les gardes apportèrent à Leurs Majeslez plusieurs platz de confitures. La table estant levée, le roi1, avec la grâce qui reluit dans toutes ses actions, prit par la main la reine de Pologne et la mena par le mcsmc pont sur le théâtre, où Sa Majesté commença le branslc, qui fut rempli de la plupart des princes, princesses, seigneurs et dames du bal. Le bransle fini, le roi, avec la mesme grâce et son port majestueux, conduisit cette reine en son siège; et estant retournée sur le théâtre, Sa Majesté s'assit avec M. le duc d’Anjou, son frère, pour voir danser les courantes, qui furent commencées par le duc d’Enguicn, aussi doux à la danse que rude dans les combats, et continuées par les autres seigneurs et dames; le roi y dansa pour la seconde fois et prit M. le duc d'Anjou avec une telle adresse, que chacun fut ravi de voir tant de gentillesse en ces deux jeunes princes.
Aussi bien, puisqu’il est question ici des fds d’Anne d’Autriche, est-ce le moment de dire quelques mots de ce qui fut fait au Palais-Royal pour ces princes, ce qu’était leur « maison », ce que furent leurs jeux et leur éducation. La reine, qui aimait ses enfants et leur donnait par accès des témoignages passionnés de tendresse, acceptait qu’ils fussent loin d’elle, dans une autre partie des bâtiments, restait des journées sans les voir et montrait à leur égard une incurie qui parait extraordinaire. Mme de Motteville a raconté dans scs