‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 66 sur 301 · DÉCORATION DE LA SALLE DES BAINS PAR SIMON YOUET · texte numérisé non relu

DÉCORATION DE LA SALLE DES BAINS PAR SIMON YOUET

T. I. LE PALAIS- ROYAL

Si le duc eût gagné son procès, dit une note manuscrite d'un contemporain, familier avec les choses du Palais1, ç’auroit été un objet de quatre millions de restitution de fruits, et la propriété de toutes les maisons, ce qui auroit ruiné quatre cents familles.

Revenons à l’installation de la reine Anne d’Autriche au Palais- Royal. Dès la fin de l’année iG43, elle y a pris ses habitudes, y donne réception aux ambassadeurs, prend plaisir à se promener dans le jardin où, parfois, elle s’attardera des nuits entières sous les arbres2. L’Anglais Evelyn, âgé de vingt- trois ans, ayant reçu de Charles Ior la permission de voyager sur le continent, visite le palais à cette époque et s’extasie sur ses beautés. 11 dit dans son Journal , à la date du G avril 1 644 :

Je suis allé souvent au Palais-Cardinal... C’est une fort belle maison, quoique un peu basse. Les galeries, les portraits de gens de distinction des deux sexes, les bains de la reine, le salon d'audience et son plafond richement sculpté et doré, la salle de spectacle, le jardin, qui est fort grand, et sa belle fontaine, ses bosquets et son mail sont dignes d’attention...

Les délais réguliers pour le deuil du roi étant passés, on y donne des fêtes. En i G44, il y eut un feu d’artifice tiré sur la place. La reine y assista sur le balcon de la rue Saint-Honoré avec ses enfants. Un dessin de la collection Destailleurs3, reproduit plus tard par la gravure, nous donne un tableau très intéressant de cette cérémonie. Mais la légende écrite dans le cartouche est manifestement erronée, car la date de 1642 est en contradiction flagrante avec l’inscription qu’on lit au-dessus du balcon: a Palais-Royal. » De plus, Louis XIII n’était plus de ce monde quand le monument reçut ce titre. Quoi qu’il en soit, le morceau est curieux. L’hiver de iG45 débuta par de brillantes fêtes au Palais-Royal, à l’occasion du mariage de Wladislas VII, roi de Pologne, avec Marie-Louise de Gonzague, fille du duc de Nevers, cette Louise qui avait aimé Gaston d’Orléans, et s’était ensuite compromise avec Cinq-Mars. La cérémonie eut lieu dans la chapelle, et pendant trois jours, il y eut bals, soupers, jeux scéniques, comédie française et comédie italienne.

Les ambassadeurs polonois, dit une relation du temps, s'y trouvèrent avec les principaux de leur suite et les princes, princesses, seigneurs et dames de la Cour : tous si richement vestus et parés de tant de pierreries, qu'il est fort mal aisé de voir rien de si beau. Le théâtre étoit couvert d'une toile, laquelle estant tirée, il parut une table garnie de fruits et de toutes sortes de confitures, vers laquelle, par un pont, furent conduites toutes les princesses et dames du bal, le

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