Bibliothèque nationale, fonds Baluze, n° 8, p
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PORTRAIT DK LA REINE HENRIETTE D’ANGLETERRE D’après un portrait de Van Dyck
(Bibliothèque nationale. Cabinet des Estampes, Collection Hennin)
I '[ O L E P A LAIS-ROTAL
fort dégast en la dorure et aux reliefs de toutes les chambres et de cette fameuse galerie où les grands hommes de France et leurs belles actions sont représentées avec leurs devises et leurs hiérogliphiques ; c’est une pitié de voir que pour avoir quelques sols, ils ayent enlevé des pièces qui ont coûté de bonnes sommes... Leur avidité et leur avarice les ont poussés à un tel point que, ne se contentant pas de ce qu'ils enlevoient les dorures relevées en bosse, ils ont cassé les vitres pour avoir le plomb1.
Le jardin avait toujours son mail, l’allée pour courre la bague, avec sa double liaie verte devenue de pk is en plus haute, et les deux bassins où l’eau , constamment jaillissante donnait de la fraîcheur aux promeneurs qui ne se faisaient point faute d’y venir. Nos deux Hollandais racontent le spectacle qu’ils y virent le 27 mai de cette même année iGôy :
Comme il étoit encore de bonne heure, nous fusmes au Palais -Royal, où nous vismes une assez iolie chasse dans l'eau, d'un barbet qui poursuivoit un canard. Elle dura près d'une heure et fit que ce grand rond du bassin se borda de toutes parts de monde, qui vouloit avoir sa part du spectacle et du divertissement.
Le même tableau se renouvela une autre fois; mais, en vérité, le divertissement manque de piquant et ne prouve qu’une chose, c’est qu’à cette époque la badauderie parisienne s’amusait de tout, aussi bien qu’aujourd’hui.
La salle du théâtre était plus déserte encore que le palais. Plus de fêtes, plus de ballets. C’est à peine si de temps à autre ou y entend quelques concerts avec «théorbes, luths, violes, voix», comme dit Loret. Pendant deux saisons, en i655 et i65G, une entreprise particulière fut autorisée à y donner des représentations. On payait trente sols par place.
...Obligeamment on les donne Pour trente sols chaque personne2.
Les exécutants se partageaient les bénéfices. Cela n’eut pas de suite3. Ce n’est que le 21 janvier 1661 que Molière, mis par le roi en possession du théâtre, lui donnera la vie et l’éclat auxquels il (lut sa gloire.
Le jeune roi Louis XIY venait encore parfois au Palais- Royal visiter sa tante et sa cousine Henriette-Anne. U donna même dans le jardin, en iG5G, une série de brillants carrousels. Mais c’est dans cette dépendance du palais qu’on avait nommé longtemps (d’hôtel de Richelieu» qu’il se rendit principalement et où sa romanesque aventure avec MHo de La Vallière lit h cette époque jaser toute la Cour. Ou se rappelle ce qui a été dit plus haut de
i. De Vii.lieks, Voyage à Paris, 1661.
a. Loret, Muse historique, t.. Il, p. 263. .