‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 82 sur 301 · L K PALAIS-ROYA T · texte numérisé non relu

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authentiques que j’ai cités (voy. p. 120), fut achetée par le roi en 1660 seulement. Cependant, tous les auteurs de l’époque et les historiens venus à la suite disent qu’elle avait été cédée vers 1 055 par Anne d’Autriche «au duc de Damville, autrefois appelé Brion»1. Y a-t-il là erreur de date ou confusion? Anne d’Autriche, en effet, ne put pas céder à Damville en iG55 ce qui ne fut acquis qu’en 1G60. D’autre part, la Gazette de Loret précise formellement que dans cette habitation, le i5 mai iG55, le duc de Damville reçut le roi, le cardinal Mazarin, tonte la Cour, et que des fêtes furent alors données au Palais- Brion, ainsi qne déjà on la désigne. Entre de telles affirmations et l’autorité d’un document aussi catégorique (pic l’arrêt royal de 1GG0, que conclure? Faut-il croire qu’Anne d’Autriche avait disposé de l’hôtel en faveur du duc de Damville sans en avoir le droit et sans savoir que le cardinal de Richelieu en avait fait la réserve pour ses héritiers? Fut-ce le motif qui détermina si rapidement le gouvernement, an moment de la vente de l’hôtel, en 1GG0, aux trois associés de Lespine, Boileau et de Flacourt, à subroger le roi à ceux-ci? D’un autre côté, est-il admissible que les créanciers du cardinal, qui surent bien obliger le jeune duc de Richelieu à vendre cet hôtel, auraient accepté sans protester de le voir attribuer par Anne d’Autriche à Damville? 11 y a là un point obscur et un petit problème compliqué à résoudre. Quoi qu’il en soit, il est certain que c’est bien l’hôtel Richelieu qu’on appela le Palais-Brion à partir de iG55. Les plans de Paris, et la gravure de .1. Marol, que nous, reproduisons, ne laissent aucun doute à cet égard. Cette dernière est intitulée : Veue du Palais Richelieu dit à présent le Palais Brion, du sieur Mercier comme il devait estre, estant acheué. Elle nous montre — ce qui est intéressant— le projet qu’avait conçu l’architecte et qui ne fut pas exécuté. Mais nous restons toujours dans l’ignorance sur ce que fut l'habitation qu’y dut aménager le duc de Damville, car il n’est que trop évident que ce n’est pas dans l’unique galerie de la bibliothèque qu’il aurait pu se loger et donner des fêtes à la Cour. Peut-être, aussi, cette habitation comprenait-elle le bâtiment <pic, dans son Testament, Richelieu désigne sous le nom de «Conciergerie» ou de «Capitainerie», dans lequel le cardinal avait placé les objets d’art légués à son héritier. Cette hypothèse me paraît la plus plausible.

Laissons là, pour l’instant, cette question à laquelle il me paraît difficile de donner mie solution certaine, et arrivons à l’épisode dont le Palais-Brion fut le théâtre et Louis XIV le héros. Il se trouve tout au long- raconté dans une espèce de roman que l’auteur — un contemporain — a gravement intitulé : Histoire du Palais- Rot/al (Paris, in- 12 de 9 G pages; iGG5 à 1GG7), et qui circula durant la fin du xvne siècle. Tous les principaux personnages de la Cour

1. Piganiol, Description historique de Paris, 1765, p. 3f)8 .

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