‹ Le Palais-Royal d'après des documents inéditsChapitre 97 sur 301 · L E F K E UE 1)E LOUIS XI V · texte numérisé non relu

L E F K E UE 1)E LOUIS XI V

La Baronnière (5a5 livres) et les terrassiers, qui commencent à «labourer» de fond en comble le jardin que Le Nôtre va, en i <>7 4 , établir sur ses dessins.

Peint par le Titien Gravé par Bouillard

MERCURE ENSEIGNA \ T A LIRE A L’a AI O U R

(Tableau de la Gdcrie du Palais - Royal)

Bien que le nom du célèbre artiste n’apparaisse à aucun moment dans les comptes du Palais-Royal, c’est à celle date, à mon avis, qu’on doit placer les travaux qu’il fit dans le jardin et qu’on peut lui attribuer avec certitude non seulement parce que Germain Brice l'affirme1, mais parce qu’il existe

1. Dans sa Description de Paris , Germain Itrice dil du jardin du Palais-Royal: «Jardin dressé par Le Notre, sur le modèle des Tuilleries. » (Édition de r 687 , p. 58.)

(le cette époque une gravure représentant le Parterre du Palais -Roy al, du dessin de M. Le N autre, gravure dont nous publions une reproduction réduite. André Le Nôtre, ou Le Nautre1, était alors âgé de soixante et un ans. Il jouissait de toute la grande réputation que lui avaient procurée ses beaux travaux des Tuileries, des bosquets de Versailles et d’ailleurs. Mais il 11’était pas retiré des affaires et ne s’était pas encore confiné dans les recherches des médailles et curiosités au milieu desquelles il ne termina que vingt-six ans plus tard son heureuse vieillesse. On ne peut donc être surpris que Monsieur se soit adressé à lui pour transformer l’aspect des alentours de son palais de Paris. Les dépenses furent d’abord réglées par le service des Bâtiments, et l'on y peut relever le détail de ce que coûta l’ensemble du travail. On voit que c’est De Marie qui le dirige (il touche pour cela 180 livres); Bouticourt, le vieux concierge du Palais, qui pendant dix mois surveille les ouvriers, reçoit fioo livres de gratification. Les alignements sont tracés par Dupuis (3oo livres). O11 fait venir des quantités de tombereaux de terre, du terreau, a54 voitures de fumier, du gazon (à Orieu et Courats, 49G livres); on rétablit le rondeau (à Duez, 5oo livres); on fait le « regallement » des allées (à Vannier, 900 livres) que l’on garnit de sable fin de rivière (à Ledru, 881 livres; à Baubert, 19.3 livres); puis on arrose le jardin pendant quatre semaines (5i5 livres) et on fait diverses sortes de claies d'osier, berceaux, treillages (à Lespais, 1 4 1 livres; à Vatebant, 9a livres). Les parterres sont bordés de buis (le jardinier La Roche reçoit 2,193 livres et, en outre, pour fournitures de i,856 hottes de buis, 742 livres 8 sols). La dépense totale du jardin atteignit i5,ooo livres2. Pour en achever la décoration, Louis XIV permit à son frère d’y transporter, quelques années après, diverses statues de pierre qui se trouvaient dans le parc de Versailles, représentant des nymphes, satyres, Pan, etc., dues aux ciseaux de Lerambert et de Ruyster.

En même temps divers aménagements furent entrepris dans l'intérieur du palais, sous la direction de l’architecte Le Pautre3. C’est d’abord le théâtre où Molière venait de mourir (17 février 1 G 7 3) qu’on restaura. Pour y jouer l’opéra, Lully et Vigaroni reçoivent une subvention de 3, 000 livres. Puis, Monsieur fait installer un superbe appartement au chevalier de Lorraine, — toujours sur les fonds des Bâtiments du Roi, — dont un mémoire de Le Pautre, se montant à i4,4oo livres, ne nous donne pas la description, mais

1. La véritable orthographe est Le Nostre. C'est Blondel qui, sans motif, écrit Le Nautre, dans son ouvrage ( L’Architecture J, le nom de Carliste sur la planche que nous reproduisons d’après lui.

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