‹ Le Palais Royal (volume 2)Chapitre 15 sur 94 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

crut pas innocente. Cependant il profita de l’occasion. Il emmena la petite, alors âgée de dix-sept ans et six mois.

Au bout de la grande allée, la mère se retourna ; elle ne vit pas sa fille. Rocher, qui venait de la mettre dans une maison voisine, paraît alors, et demande à la dame, si elle a maltraité sa fille ? Mlle Naya convient d’une querelle assez forte le matin. Rocher lui dit, qu’elle vient de fuir ; qu’elle voulait qu’il l’accompagnât ; qu’il s’y est refusé ; qu’un autre homme de la connaissance delà jeune Mélanie étant survenu, la petite était allée se jeter dans ses bras ; qu’ils étaient montés en fiacre, et qu’il accourait pour l’avertir. Il dit le n°, et promit de découvrir la retraite de la demoiselle.

Grande rumeur ! On s’en retourna. L’abbéjournaliste mit tout en combustion, et ne retrouva pas sa nièce, qui était chez M. Rocher.

Celui-ci, que la facilité de Mélanie Levêque avait mal prévenu, la traita lestement, et ne crut pas à son bonheur réel. Il fit pis encore : animé par la vengeance, il voulut lui faire multiplier les écarts, pour aggraver l’avilissement de la fille de son critique : il céda Mélanie à un ami : celui-ci à un autre. Elle passa par dix mains, avant d’être placée chez une matrulle, avec qui elle est restée deux

ans. Elle s’est enfin mise à elle depuis la mort de sa mère, arrivée en 1788. Elle n’est pas jolie: mais elle a des amateurs, qui vont la visiter, pour satisfaire le plaisir de la vue.

Nota. Mélanie était encore au Palais royal, mardi 15 décembre. Elle nous parut fort triste ! Nous lui en demandâmes la raison. Elle venait d’entrevoir son oncle. Ceci nous a donné l'idée de la servir. Nous avons averti M. Naya le dimanche 20 ; et le lundi 21, il avait retiré Mélanie du désordre.

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