‹ Le Palais Royal (volume 2)Chapitre 34 sur 94 · ADELAÏDE · texte numérisé non relu

ADELAÏDE

Une jeune personne , fille d’un artiste célèbre (nous désignons sous ce nom, les auteurs, les médecins, les acteurs tout comme les musiciens, les mathématiciens, les peintres, les sculpteurs, les graveurs, etc). Une fille d’artiste célèbre dont le père avait carrosse, grande, faite au tour, fut recherchée en mariage par un parti considérable. Tout lui riait, elle comptait alors sur le bonheur. Mais son père était un libertin dont la fortune boursoufflée ne contenait que du vent. Il avait chassé sa femme de chez lui, quoiqu’il eût gardé ses enfants. Cette épouse irritée ne rêvait que des projets de vengeance.

Le mari au milieu de toutes ses chimères de grandeur vint à mourir. La mère rentra alors dans la maison. Elle trouva un mobilier immense, et des dettes plus considérables encore. L’amant de sa fille survint. On calcula. Tout compensé il s’en manquait une rente de cent écus à payer à un domestique qu'il n’y eût un sou de reste.

L’amant regardant alors sa maîtresse, cette fille charmante devant laquelle du vivant du père, il n’était qu adorateur, il offrit de l’entretenir !... La mère indignée le prit par le bras et le mit à la porte.

Lorsqu’il fut parti, elle dit à sa fille : — Adélaïde ! il faut nous venger de tous ceux qui nous ont dédaignées! Tu ressembles à ton père. Ton amant est un infâme... Laisse-toi conduire. Adélaïde jura une entière soumission à sa mère.

Cette femme était une mauvaise tête et un mauvais cœur. Cependant, elle aimait sa fille. .Elle va la traiter comme elle-même. Considérant, que son mari avait été honoré du titre de conseiller d’Etat, du cordon noir, etc., etc., elle voulut s’avilir, pensant que son âme en serait témoin (car cette femme croyait à l’immortalité), qu’elle en enragerait, et que son épouse serait vengée. Que fit-elle ? On aurait peine à le croire, sans l’événement ! elle

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