‹ Le Palais Royal (volume 2)Chapitre 52 sur 94 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

dans le quartier d’Angélique, et l’ayant aperçue à la fenêtre, il la salua. On lui rendit sa politesse. Enchanté, il monta. Angélique en fut surprise ! mais elle ordonna d’ouvrir.

— Mademoiselle (lui dit le jeune homme), pardon de ma témérité ! mais je suis épris, et je sens que c’est pour ma vie. Dites-moi sincèrement, si vous êtes trop au-dessus d’un jeune marchand drapier, riche de cent mille écus ? Angélique rougit, en lui répondant. — Monsieur, je suis plutôt au-dessous, qu’au-dessus. — Ha ! je suis comblé ! (s’écria le jeune homme)... Puis-je vous faire demander en mariage ? — Si ma mère le permet, monsieur. — J’ai une mère aussi. Elle viendra voir la vôtre? — Comme il vous plaira. A ce mot, le jeune homme se jeta sur la main d’Angélique, la baisa, et se re tira précipitamment.

» Deux heures après, il parut avec sa mère. Les quatre sœurs étaient ensemble. — Voilà une jolie famille! (dit la dévote). Elle pria qu’on l’introduisit auprès de la mère. Angélique y conduisit la dame et son fils. Madame Ogret , déjà prévenue, fut enchantée. Comme elle parlait bien, qu’elle avait le ton pathétique, affectueux, elle capta la dévote drapière, qui dit à son fils. — C’est tout mérite, dans cette heureuse maison! Je ne m’informe pas de la

dot. Si madame et mademoiselle y consentent, voilà ma bru. Madame Ogret donna son aveu ; Angélique laissa entrevoir le sien, et les articles furent préparés.

Or, dans le même temps, Sophie avait amené son amant à l’épouser ; et Adèle ainsi que Zephire n’étaient pas moins avancées, comme vous le verrez demain.

» Cette seconde histoire repose un peu l’imagination... Ha! que n’avons-nous des faits attendrissants à rapporter?

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