ZÉPHIRE ET ZOÉ
— Me voici (dit Elise, en accourant au devant de nous, dans la grande allée, en sortant des Variétés). — Allons, votre temps estprécieux; jeYous écoute? (lui répondîmes nous).
» — Zephire est la plus délicieuse fille, qui soit au monde. Je vous ai dit, qu’elle avait un amant, comme ses trois autres sœurs. Il est beaucoup plus relevé ; car celui d’Adèle est un étranger fort riche, il est vrai, mais simple colon des Iles.
» Un jour, que Zephire recevait un jeune homme que ses trois sœurs avaient émoustillé, au moment de s’échapper, elle ne fut pas assez promptement substituéeT.Le jeune homme se voyant abandonné dans le moment le plus voluptueux, s’écria : —
Hé! quoi, céleste Houri! vous me quittez!.... Ha ! ne croyez pas qu’une autre puisse vous remplacer, comme vous-même en avez remplacé trois ! Non! non! je renonce à l’amour, à la jouissance, au plaisir, à la volupté, si vous ne me les procurez ! Zephire ne voyant personne, revint auprès de lui, avec autant de légèreté qu’elle avait disparu. — Je ne puis faire ce que vous me demandez, quoique... je vous préfère à tous les hommes (lui ditelle). Je suis une Houri mortelle; je ne puis conv tinuer à l’être , qu’en me comportant comme je le fais... Adieu... Voici la Volupté , qui vient à vous. A ces mots, elle s’enfuit, légère comme le vent dont elle portait le nom.
» Une jolie fille entra. C’était une Vierge. Elle s’approcha timidement du jeune homme, et lui dit: — Je me nomme Zoé : Je n’ai pas le privilège, comme les quatre Houris, de l’être toujours : mais je le suis aujourd’hui ; et Madame, mère dçs quatre sœurs que vous venez de voir, m’envoie à vous, pour vous récompenser de votre bonne conduite avec elle. — Comment êtes-vous Houri , aujourd’hui? — Je ne suis ici que depuis quinze jours Madame me réservait pour une bonne occasion. Elle a pensé quelle ne pouvait en trouver de meilleure, pour donner le trésor que je possède en-