PREMIERE PARTIE
un bel appartement ici à côté. J’y représente pendant une , deux et quelquefois trois heures avec beaucoup de dignité, devant des gens qui me traitent avec de grands égards. C’est l’abbé qui est lame de tout cela. On m’a déjà mariée deux fois sans que je sache pourquoi, ni avec qui. Les noms sont singuliers. On a employé la ruse, pour que je ne couchasse pas avec mes maris, dont l’abbé m’a dit que le premier était mort. Le second est actuellement malade; sans doute parce qu’on m’en veut donner un troisième. L’abbé seul avec maman peut expliquer tout cela. Je préside aussi à une table de jeu. On m’a mise au fait. Ma vie est très-agréable... »
Mais il est tard! Voilà bien du temps que je suspens le tête à tête de deux tendres amants ! Je vais m’habiller et passer une partie de la nuit au jeu.
Elle nous quitta. Nous demandâmes à Gertrude si elle était au fait de quelque chose? — Non (répondit-elle); tout est secret pour nous. Ce que je sais néanmoins, c’est que Rosière, ainsi nommée par maman Cunégonde pour indiquer quelle a toujours sa rose, fait son rôle comme nous le nôtre. Mais Polhimnie est plus instruite de ce qui la regarde , et demain , vous saurez d'elle
une infinité de choses intéressantes et curieuses.
Nous embrassâmes l'adorable Gertrude et nous retournâmes à la maison paternelle.
L’éditeur. Ha! que de choses arrivaient dans Paris, dont je ne me doutais pas, moi, qui en savais tant!... Mais M. Aquilin des Escopettes est bien plus répandu que moi!... Le temps est arrivé où les mœurs seront pures et moins mystérieuses !