PREMIERE PARTIE
dans le cas des maladies épidémiques, l’infection en est propagée par les haleines corrompues. » Or » si la respiration humaine est si fétide, si nuisible » et si puissante, pourquoi ne concevrions-nous » pas qu’elle peut être de quelque efficacité, dans » les personnes dont la santé est aussi franche que » vigoureuse \ Presque personne n’ignore combien » la respiration de la vache est rafraîchissant et
» salutaire ; et comme la fragrance des jeunes
» personnes élevées dans un régime convenable, j» n'est guère d’une moindre pureté , ne peut-on » pas raisonnablement présumer qu’elle partage » les mêmes vertus ? »
L’auteur entre, à ce sujet, dans des détails trèspiquants, et finil par supposer, que vraisemblablement Hermippus était ou régent, ou directeur d’un collège de jeunes vierges : Il conçoit ce collège comme uniquement fondé en faveur de leur éducation, et par là même suscepfible d’avoir été composé d’une constante succession de jeunes filles, depuis l’âge de cinq ou six ans, jusqu’à celui de treize ou quatorze. Ces jeunes personnes se levaient, en toute saison, d’assez bonne heure. Dans le printemps et l’été, elles se promenaient toujours dans la compagnie de leur directeur, qui peut-être était obligé de les entretenir, pendant la promenade,
d’historiettes et de contes gais ou moraux à leur portée. Dans l’hiver, après les exercices pieux du matin, les aimables pupiles s’amusaient, dans un appartement entretenu au degré de chaleur convenable. Ensuite Hermipus et ses élèves se retiraient chacun de son côté , pour se baigner , s’habiller, se mettre en état de plaire, et à ellesmêmes, et à leur vieil ami. Vers midi, Hermipus rejoignait son petit troupeau; une courte et légère conversation précédait un bon dîner, bien gai ! Une musique vocale et instrumentale succédait à ce repas. De là, une promenade champêtre si le temps le permettait; sinon, quelques exercices poussés au point d’animer et de colorer la physionomie, mais jamais jusqu’à la sueur et la fatigue. La soirée n’était pas moins joyeusement employée, et ensuite les jeunes écolières se retiraient dans un dortoir, où chacune d’elles avait sa petite cellule.
Ajoutez à ce genre de vie qu 'Hermippus était exempt de passions et ne se mêlait pas de politique.
Voilà un exemple bien difficile à suivre! Mais quand on ne le regarderait que comme un hypothèse chimérique, il n’en serait pas moins vrai qu’une foule des vieillards qui ont vécu le plus longtemps, se plaisaient dans la compagnie des