CAPUCINE ET LAVANDE
aUARANTE^SIXIÈME SUNAMITE ROSEMAUVE
Capucine est fille de la laitière à la marche voluptueuse, et sœur-nièce de Centaurée. Celle-ci est fille de la femme de chambre de la marquise et du cocher, comme Julienne est fille du même et de la marquise. Madame Janus avait toujours les origines présentes à l’esprit, quand il s’agissait d’établir ses élèves, qu’elle nommait ses filles.
Un médecin, dans les mêmes principes que celui de Madame Janus, avait ordonné au vieux prince de***, la conversation de deux belles, également sages et spirituelles, pour tout régime ; car du reste, il pouvait manger, boire, etc. Ce prince.
qui avait un superbe hôtel, et une jolie maison sur le boulevard, choisit Capucine et Lavande. Il eut lieu d’en être content. Elles l’amusaient par leurs entretiens, parsemés, comme on l’a vu, de jolies historiettes. Tout le mal, c’est que la provoquante Capucine mettait le feu dans tous les cœurs, par les grâces de sa démarche; et que Lavande, vive, fringante, n’était pas propre à l’éteindre.
Un abbé, parent du prince, devint si éperdûment amoureux de Capucine, qu’il offrit de renoncer, pour elle, au petit collet. La voluptueuse blonde consulta la maman Janus, qui lui représenta. que labbé devait avoir de grands bénéfices, et qu'il était trop grand seigneur pour l’épouser. Il fut décidé, entre ces deux femmes, que le jeune et joli abbé garderait la calotte, et que Capucine prendrait des arrangements avec lui. On voit que Madame Janus se faisait toute à tous. L’abbé dit, en particulier à cette dame : — Je veux bien avoir Capucine pour maîtresse ; mais je veux qu’elle se croie ma femme, afin qu’elle en soit plus honnête et plus heureuse. Il faut cela pour mon propre bonheur. Arrangez les choses en conséquence.
Madame Janus n’avait pas donné à ses élèves une grande connaissance des lois et de la discipline. Elle vint à bout de persuader à Capucine,