‹ Le Palais Royal (volume 3)Chapitre 48 sur 89 · LE CURE PATRIOTE · texte numérisé non relu

LE CURE PATRIOTE

On publie ce conte, sans craindre d'être accusé d’mmoralité. On se connaît en morale tout comme un autre, et peut-être mieux. Vous laissez des prêtres célibataires ; vous paraissez frémir, à la vue d’un curé qui veut prendre femme ! Et vous ne frémissez pas d’envoyer vos filles à confesse à un célibataire... fougueux... ou corrompu!... O insensés ! ô fous! on va dire ce qu’a fait un curé... On ne le nommera pas... Cependant on le connaît... Un autre très-honnête homme, ne désirait ni la jouissance, ni même l’attachement d’une femme; mais il était dévoré du désir d’avoir un enfant sur lequel reposeraient ses affections paternelles. Il prit une fille, une infortunée; il en eut un fils... La fille mal conseillée, lui donna des chagrins... Elle empoisonna sa vie... L’enfant est

mort ; il va quitter cette ingrate créature et se marier.

Tout le monde sait à quels excès un certain abbé, très-vigoureux, a osé se porter! La capitale a retenti du bruit d’un attentat vraiment criminel contre la femme de son ami. On pourrait citer une foule d’autres traits qui le concernent , et qui tous prouvent combien le riche bénéficier contrarie la nature, en demeurant célibataire... Et cependant, qui le croirait ! cet abbé se montre en toute occasion, un des plus ardents prôneurs du célibat sacerdotal !...

Un autre abbé, qu’un district a tellement épouvanté, qu’il a fui au-delà des monts, avait si besoin d’une épouse, qu’il paraissait quelquefois enragé dans les rues. Il se jetait sur les femmes et les filles, avec une indécence, qui le faisait dire atteint de la maladie des... chiens... On raconte le trait de la petite louche, très-attrayante, qui fut si effrayée d’une des attaques de M. l’abbé, qu’elle épousa un homme qui l’adorait, et qu’elle n’aimait pas , à condition qu’elle ne coucherait jamais seule... La pauvre enfant s’était mariée à propos! Elle accoucha la première nuit de son mariage... et n’en fut pas moins aimée de son mari, qui allait disant partout: — Moi! me plaindre! j’ai obliga-

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