TROISIÈME PARTIÉ
malade et mourut. Dulis fut au désespoir !... Rien ne l’attachait plus à la maison où il était. L’intérêt même de ses enfants, demandait qu’il rendît sa reconnaissance impossible à sa première femme. Il disparut et fit enterrer sous son nom un malade de l’Hôtel-Dieu, frappé à mort, et qui ne put dire son nom.
Ce coup fait, il s’éloigna sans attendre le retour de son frère. Charles qui s’était fait appeler M. Diranci, dans son pays même, comme d’un nom de terre, en avait imposé facilement à la jeûne Eugénie. Elle ne voyait pas ce qui était visible. De retour à Paris, il garda le silence. Il ignorait cependant le sort de son frère qu’il croyait mort. Mais Dulis le guettait.
Un soir, après avoir suivi Charles, Dulis l’aborda, dans un endroit solitaire, et lui révéla ses nouveaux secrets. Madame Dulis première venait de faire courir le bruit de sa mort, pour épouser un Anglais nommé Johnson Cahiiac. Dulis crut à ce trépas, qui l’arrangeait. Il avait vu Isabelle : c’était, après Rose, la plus jolie des femmes, c’était un parti avantageux. Il ne l’aimait pas de passion ; il aurait préféré Eugénie, mais il était impossible d’épouser celle-ci, sa belle-sœur, et mariée. Il savait qu’il en était aimé. Un crime en facilite un autre, en fami-
liarisant avec les idées du désordre. Dulis rêvait à mille choses étranges, lorsque M. et Madame Bourgeois payèrent en huit jours le tribut à la nature.
Ce décès favorisait les desseins mal conçus de Dulis. II s'ouvrit à son frère, qui aimait encore Isabelle. 11 fut décidé, que Dulis se présenterait pour la demander ; qu’il ferait valoir sa fraternité avec Charles, etc.
Tout cela s’exécuta. Dulis encore aimable, plein de capacité, plut au notaire, qui précipita le mariage.
Le soir des noces, Dulis seul avec Isabelle, lui dit : — Ma chère femme, êtes-vous capable de recevoir et de garder les plus étranges confidences ? Isabelle l’assura, qu’elle ne faisait plus qu’un cœur avec lui. — Je ne vous ai pas touchée... Charles est là ; il vous adore ; il vous voit. Je suis son frère, son ami... Voulez-vous être à lui, sous le voile du mystère ?... Il s'est marié malgré lui, par nécessité, pour me sauver la vie et l’honneur. Je vous ai recherchée, épousée, pour lui rendre bienfait pour bienfait, en vous remettant dans ses bras. Consentez-y. Jamais je n’userai de mes droits, que je lui cède... Bien plus, il est mari d’une femme que j’aime, et dont je suis aimé... Cédez à l’attrait de