‹ Le Palais Royal (volume 3)Chapitre 70 sur 89 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

l’amour,.. Votre amant n’est point inconstant; il ne fut pas même infidèle. Il n’a pas encore fait sa femme de son épouse (ceci était vrai par des circonstances personnelles à Eugénie, point assez formée, quoiqu’elle dût l’être).

Isabelle fut étourdie par ce discours. — Est-ce un piège (s'écria-t-elle) ? — Non ! non ! (lui répondit Charles, en se précipitant dans l’appartement). On s’expliqua. On fit à Isabelle, en présence d’Eugénie, toutes les confidences, sans exception, dès qu’elle eut consenti à être la femme efi’ective de Charles. Eugénie s’était laissé gagner plus facilement encore, à cause de sa passion insurmontable pour Dulis. Les quatre époux allèrent chacun chercher le bonheur.

Le lendemain, on acheva les explications. Et ce fut alors, qu’Isabelle, sur ce qu’on lui dit, apprit à Dulis que sa femme, sous le nom d’Henriette Kircher, avait épousé Johnson Cahuac. Elle la reconnut aux demeures et aux aventures. On s’assura de la vérité ; les précautions les plus exactes furent prises ensuite pour ne pas être découverts.

Les quatre époux sont heureux, autant qu’on peut l'être, dans les craintes que le désordre nourrit dans l’âme. Dulis chérit Eugénie ; il retrouve

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presque dans ses bras, comme une perdrix que poursuit l’autour, se jette dans le sein du chasseur. Il conduisit Louise chez elle.

La jeune personne occupait seule un petit appartement au coin de la rue Babille et de celle des Deux-Ecus. Elle avait une cuisinière et une voisine mariée, dont l’époux était un gros pédant! La cuisinière fut très-émue de l’accident de sa jeune maîtresse; la voisine la plaignit et remercia Noyers; le gros voisin déclama sur la perversité du siècle, et termina par conseiller à Louise de ne jamais sortir. La dame, elle, proposa de la marier. Louise, qui connaissait le prétendu, répondit vivement qu elle ne voulait pas se marier. Noyers resta peu, de peur d’être indiscret. Il entendit, en sortant, qu’on faisait beaucoup de questions sur son compte. Louise dit, que c’était un- inconnu. — Il ne vaut pas mieux que les autres (s’écria le gros voisin) ; et je suis sûr qu’il vous désire. — Quel mal. quand il me désirerait un peu (répondit naïvement Louise). Nous employons une partie de la matinée à nous rendre désirables ; nous dépensons pour cela ; n’est-il pas ridicule de nous fâcher ensuite, quand ces pauvres hommes nous témoignent que nous avons réussi? — Ah ! Mademoiselle Louise ! (s'écria le gros voisin) ce que vous

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