TROISIEME PARTIE
KJA
la vie... Ha ! qu’il est intéressant ! Voilà comme je serais pour vous, belle Louise... pour vous aussi, séduisante Thérèse, si l’on pouvait avoir un double amour.
Thérèse. — Je ne savais pas cela !
Louise. — Ni moi non plus!
Noyers. — Je l’ai su par hasard... Quand j'aurai le bonheur de les voir, je leur dirai... c^uelque chose... I^ir exemple. Monsieur votre oncle, qui est protestant... aime une ex-religieuse, dont la Révolution a cassé les vœux... Ce qu’il y a de singulier, c’est qu’il s’est retrouvé, au bout de trente ans, aussi amoureux qu’il l’était, lorsque sa maîtresse n’en avait que seize, âge auquel on lui ht prononcer ses vœux... Elle est encore belle... C’est un air de langueur...
Lcsclabasse. — Où diable va-t-il chercher cela !... Il nous prend pour d’autres!
Alan. — Cela est arrivé à quelqu'un... A la vérité. j’aime une femme mariée...
Lesclabasse. — J'ai aussi aimé une religieuse... Mais...
Noyers {qui a baissé la main de Lcuise). — Je vais vous raconter une singulière aventure, réellement arrivée à Paris, et qui démontre bien la nécessité de porter la loi du divorce, à laquelle tous les faquins s’opposent. ly
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« Il y avait, à Paris, près la rue de la Ferronnerie^ une jeune et jolie personne , dont était amoureux un grand écolier, par conséquent encore sans état. Elle était jeune et ne paraissait pas quatorze ans ; mais elle en avait seize. Lecolier trompé espérait. Par amour pour la charmante Rose Houdon, il hâta ses succès et finit glorieusement ses études.
Le jour même qu’il abandonnait son collège, il apprit que Mademoiselle Houdon était demandée en mariage par un horloger, et qu’elle était accordée. Il voulut faire agir ses parents ; mais on se moqua de lui.
Margane (c’est son nom) fut au désespoir! Il résolut de périr ou d’empêcher le mariage. Pour remplir ce projet, il ne vit pas de moyen plus efficace, que d’enlever Mademoiselle Houdon, et comme il ne pouvait la garder, de lui faire violence. Il la guetta, la surprit un soir qu’elle n’avait que la rue à traverser, l’enleva vigoureusement, la jeta dans un fiacre, dont il avait gagné le cocher, et couvert de boue le numéro. Ce fut là, que Margane menaça du poignard une fille timide, effrayée, si elle résistait, ou si elle criait. Hélas ! il était sans armes!... Mademoiselle Houdon l’avait entrevu. C’était un grand jeune homme aimable, bien mis...