‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 39 sur 98 · MUGUETTE ET JACINTHE · texte numérisé non relu

MUGUETTE ET JACINTHE

La première était vive et charmante ; mais la seconde était touchante et modeste. Elle ne voulait pas que sa blonde compagne fît leur histoire. Mais Muguette lui observa qu’il fallait obéir à maman Janus.

» — Si nous sommes plus particulièrement liées l’une à l'autre, c’est par la seule raison que nous avons le même vieillard. Nous sommes deux enfants que maman Janus a obtenues par protection, tentée par notre bonne santé. On lui remit en même temps deux billets, trouvés sur chacune de nous , et quelques bagatelles en verroterie et cuivre doré.

» Maman Janus nous a élevées avec ses autres protégées, jusqu’à 1 âge de douze ans sans parler de nous ; mais à notre douzième année, elle nous fit voir, et en même temps elle montra nos billets et nos brimborions.

« Un jour qu’il y avait grand monde chez son médecin, maman Janus parla de Jacinthe et de moi : on désira nous voir. Elle nous vint prendre, et nous présenta aux dames de la compagnie. Puis elle fit lire nos billets. Une des dames pâlit et parut toute troublée. Maman Janus le remarqua, mais sans faire semblant de rien. Elle se promit d’employer des moyens adroits pour savoir la vérité. Une autre dame, au contraire, après avoir lu mon billet, fut d’une gaieté extraordinaire ; elle m’embrassa, me caressa, me donna des bonbons et ne me quitta qu’avec peine.

» Les deux dames n’étaient point connues personnellement du médecin, chez lequel elles avaient dîné ; c’étaient deux amies communes, qui 'avaient amené chacune la sienne, sur la demande que celles-ci faisaient depuis longtemps de connaître le docteur. Elles ne sont plus revenues ; mais maman Janus s’est informée, et elle a découvert que l’une est fille d’un homme fort riche, qui avait deux enfants, un garçon et une fille ; que le garçon était

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