‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 45 sur 98 · BELLE DE JOUR ET BELLE DE NUIT · texte numérisé non relu

BELLE DE JOUR ET BELLE DE NUIT

Deux jeunes Sunamites, de la beauté la plus touchante, l'une blonde, l’autre brune, s’avancèrent modestement, après que Narcisse eut cessé de parler.

» — Nous avions douze à treize ans, (dit modestement la jeune Belle de jour), quand un grand malheur nous arriva... Heureusement que nous avions entendu parler de maman Janus. Nous vînmes la trouver, et nous nous jetâmes à ses genoux. — Que me veulent ces charmantes filles ? (nous dit-elle). — Hélas ! Madame, nous sommes les sœurs de l’infortuné... qui... Notre père et notre bonne mèfe viennent d’expirer de douleur. Nous savons com-

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bien vous êtes bonne, et nous sommes accourues nous réfugier dans vos bras. Maman Janus nous reçut avec une bonté céleste.

» Il y avait à la maison un riche et vieux médecin, qui est l’inventeur du Sunamisme. Nous avions parlé si haut qu'il nous avait entendues, ce qui fut peut-être cause qu’il tenta l’essai. Il nous demanda brusquement si nous étions nubiles. Cette question, que nous n’entendions pas, nous fut expliquée par maman Janus. Il nous proposa de coucher auprès de lui, le soir même. Nous rougîmes. — Est-ce que vous entendez malice à ma proposition ? (nous ditil brusquement). — Mais, coucher avec vous ! (lui dis-je). — Expliquez-leur cela, bonne Janus! (reprit-il).

» Alors maman nous détailla les vues du vieux médecin, qui mettaient notre vertu en toute sûreté; elle nous expliqua ce que nous gagnerions : ce qui nous assurait un sort pour l’avenir. Sans comprendre bien parfaitement tout cela, nous sentîmes que les sœurs d’un supplicié n’étaient pas dans le cas de faire les difficiles. Nous nous soumîmes à tout ce que maman Janus lui exposa, lui assurant que ses ordres étaient la meilleure des raisons. Elle nous embrassa, en nous disant que nos intérêts lui seraient toujours chers.

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