PREMIER ORDRE LES BERCEUSES
Lorsque nous avons revu Madame Janus, toutes les Sunamites, dont nous avons croqué l’histoire, avaient fini leurs trois années. Les vieillards avaient tenu leur parole, pour les pensions, à leurs trois couples de restauratrices ; Madame Janus leur avait donné le fruit des épargnes faites pour elles, parce que les siennes étaient bien plus considérables, et qu’il est aisé d’être un peu généreuse, quand on est très-riche. Enfin, chacune des élèves de cette femme, utile à la longévité des vieillards, avait une des fonctions auxquelles son caractère et sa capacité la rendaient propre. Nous
allons reprendre chacune des ex - Sunamites , pour la placer dans la classe où elle doit rester pendant tout le temps de sa jeunesse.
Le genre de nos récits va changer ! Nous n'aurons plus des origines monstrueuses à décrire. Il l’a fallu néanmoins, pour ôter aux Femmes publiques , et même aux Sunamites , un certain charme, que leur donne une parure provoquante, leur adresse , leur beauté , leur facilité même. Dorénavant, nous n’aurons à décrire que la manière dont les filles seront sorties de leur état j oublie et hors de la société , pour se remettre au rang des citoyennes ; qualité qu’elles n’obtiendront jamais que par la vertu.