DEUXIEME PARTIE
ne pouvait séparer deux enfants, qui le menaçaient de mourir. Enfin, au bout de cinq ans. son fils, qui le voyait sans cesse pleurer, lui dit : — Mon père ! je me suis remplacé auprès de vous ; je ne veux plus vous chagriner. J’ai assez vécu pour le bonheur. Combien en est-il, qui n’ont pas été cinq ans heureux, en cent années de vie !... Et l’infortuné se jeta aux genoux de son père, dont il baisa les mains... Il le quitta.
Le lendemain, le père ne voyant point paraître ses enfants, il alla dans leur chambre, et les trouva dans le même lit, embrassés; mais froids. Ils étaient morts...
Il paraît qu’ils avaient pris une dose excessive de laudanum.
A son arrivée à Paris, le vieillard voulut se marier, mais à une femme qui reconnut avoir eu de lui les quatre enfants, inconnus à son neveu. Il ne trouva pas ce qu’il désirait. Il aurait épousa une négresse, si elle avait pu légitimer vraisemblablement les enfants.
Il entendit alors parler de Madame Janus. Il résolut de louer deux Berceuses, pour en essayer. Quoiqu’il ne fut pas cassé, il affecta de l’être, croyant qu’il le fallait, d’après le récit qu’on lui avait fait de l’honnêteté de maman Janus. Il obtint
facilement Balsamie et Tubéreuse, qui furent celles qui lui plurent davantage, et il les emmena chez lui, sous les conditions ordinaires.
Dès le premier jour, il leur remit à chaque une deux de ses enfants ; en leur disant : — Mes belles, voilà ceux et celles dont vous serez les Berceuses... En voyant tous les jours ces deux jeunes filles, il se sentait attendri pour Balsamie. Son neveu, d'un autre côté, en devint éperdument amoureux. Le vieillard raisonnable la lui céda, mais à condition qu’il l’épouserait, et que Tubéreuse deviendrait son épouse, à lui. Les deux belles y consentirent. Tubéreuse épousa le vieillard, et on reconnut que les quatre enfants étaient d’elle. Ce qui étonna fort le neveu ; mais il adorait Balsamie ; il signa tout ce qu’on voulut.
Madame Janus cependant, faisait la recherche des parents, et elle parvint à connaître personnellement les mères. Cette femme prudente, après ses découvertes, examinait si elles seraient utiles à ses élèves, ou non ; et dans ce dernier cas. elle ne donnait son résultat qu’à celle qu’il concernait. Si le vieillard eût épousé Balsamie, elle aurait tout brûlé, car c’était sa fille... Après le mariage de la mère de Balsamie, qu’il avait bien reconnue, il s'était découvert à elle, et il en avait eu deux en-