DEUXIEME PARTIE
l’amusait à une harpe), en recevait les plus tendres caresses.
— Ma fille! (lui disait le vieillard), d’où vient-il que mon cœur est si sensible pour vous?... Ma chère enfant ! je vous dois le bonheur de mes derniers jours! C’est une tendresse paternelle que j’éprouve !... Je crois revoir ma fille, à l’âge que vous avez; mais embellie; vous êtes plus jolie qu’elle ne l’était.
En ce moment, le petit fils, jeune homme de vingt cinq ans, heurta quelque chose, et fut aperçu, tant du vieillard, que des deux jeunes personnes. Son aïeul le gronda de le surprendre. Mais il fut adouci par Julienne, qui le priait pour le jeune homme. Elle était si belle, si provoquante, que la sympathie agit sur-le-champ. A. D. p. se mit aux genoux de la jeune beauté en lui disant. — Fée céleste! je ne vous connais pas; mais je vous suis attaché pour jamais !
’ Le vieillard fit un cri de joie , et embrassa son petit fils
Depuis ce moment, la porte fut ouverte à la famille. Le lendemain, la marquise de L*** vint chez son père. Elle vit Julienne, et fut émue. Elle se rappela ce qu’on lui avait dit de sa fille ; elle la fit parler, et la reconnut, mais sans le témoigner. Ce
fut à son père seul qu’elle fit sa confidence. Le vieillard, ne voyant que le bonheur de retrouver une petite fille, dans Julienne, en pleurait de joie. Ce fut lui qui lui proposa de la faire épouser au jeune A. D. p. La marquise le désirait fort ! Mais le père du jeune homme hésitait.
Dans le même temps, le jeune comte de L*** arriva de sa garnison. Il vit Centaurée, s’en fit aimer, et il y parut. Le vieillard aimait fort ses deux berceuses ! Il seconda la passion de son autre petitfils. Centaurée accoucha d’un fils sain et vigoureux. Le vieillard lui-même le présenta au marquis de L*** son gendre, en lui disant : — Voyez si vous voulez le rendre malheureux, le vouer à l’opprobre? Dans un premier attendrissement, il consentit.
Le même jour, on maria les deux couples, et l’on en fut ensuite tout étonné ! Mais les deux enchanteresses, accoutumées à plaire, et stylées par maman Janus , firent leur cour aux pères de leurs maris, et les captèrent si bien, qu’elles prirent sur eux un empire absolu. Elles les menaient à leur gré. La marquise était ravie du pouvoir de sa fille. Mais l’épouse de Madame A. D. p. était un peu jalouse de sa bru. Il y eut quelques nuages d’humeur. Ce fut alors que Julienne, guidée par les conseils de maman Janus, entreprit de gagner cette femme