AUBÉPINE ET ÉPI N EVIN ETTE
Nous ne pouvons faire qu’un seul article de ces cinq jeunes personnes, quoique dans les trois ordres. La raison en est qu’elles sont toutes avec le même homme, le maréchal. Il a choisila modeste Jacinthe, parce qu’elle lui a plu. Il a Roseblanche, parce qu’elle chante comme mademoiselle Renaud ; Narcisse, parce qu’elle narre avec grâce ; et les deux autres sont ses uniques Sunamites ; mais, pour les ménager, il ne les emploie que l’hiver. Ce fut Nar-
cisse qui nous fit ce récit qu'on va lire, un jour que nous la rencontrâmes chez Madame Janus.
» — Je suis charmée de vous voir (nous dit-elle, en nous apercevant). Savez-vous que nous sommes cinq à demeure, chez le maréchal? Jacinthe, que vous connaissez, mes trois sœurs et moi?,.. Mais Jacinthe va nous quitter. Les enfants qu’ont eus ses parents, sont morts de la petite vérole, et on est trop heureux de la retrouver, avec toutes les preuves que maman Janus a conservées. Elle a un beau parti, car ses parents sont riches ; et l’on a dit qu’elle avait été élevée au couvent. On a trouvé une supérieure, qui l’assure négligemment. Comment donc ! c’est un homme de marque ! Mais que fait cela? Elle est une jolie femme, et une jolie femme pleine de mérite ! Il n’existe personne au monde qui la surpasse. Vous n’avez pas d’idée de son talent pour plaire, et pour gagner l’estime! M. le maréchal ne semblait l’avoir prise que pour nous faire admirer ses vertus. Douce, modeste, obligeante, excellent cœur, désintéressée jusqu’à s’oublier toujours; malgré cela, économe et soigneuse, elle offrait la réalité de la perfection. M. le maréchal a été sur le point de l’épouser. Mais il a préféré, pour elle, le sort qu’elle va obtenir. Elle est toujours avec nous, parce que son mariage se traite en pour-