DEUXIEME PARTIE
sœur... Mais voyez celle que vous choisissez. — — Moi. choisir !... Ah! Madame! à mon âge, il est trop doux de l’être! — Voyons donc celle qui vous aimera le plus. Elle rentra, et au bout d’un demiquart d'heure, elle revint avec Automnette. Le père crut que c’était celle qu’on voulait lui donner. Mais la dame lui dit : — Il vaut mieux donner cette grande fille, saine et vigoureuse, à votre fils; elle le dominera plus aisément, malgré sa douceur, que la délicate Liserone qui, d’ailleurs, est plus votre admiratrice.
Le père baisa la main de la dame, et passa auprès de Liserone; tandis que la dame protectrice disait au jeune homme : — Monsieur, je vous assure Automnette. Elle ne vous a pas choisi; c'est moi qui vous la donne. Le jeune fat fut sf frappé de l’éclat de la belle brune, qui rougissait, en voilant ses grands yeux noirs, par des paupières dont les cils descendaient au milieu de ses joues de rose, qu’il s’oublia un instant , pour songer à elle.
Cependant, on s’arrangeait dans 1 autre pièce, et les mariages se décidaient. On invita les deux hommes à souper. La soirée fut délicieuse, et en sortant de la maison, le fat aimait Automnette presqu’autant que lui-même.
Passons au dénoûment.
Le jour des articles, veille de la célébration, il fallut décliner les noms. La dame protectrice donna les deux véritables, et avoua que les deux belles n 'étaient que ses filles adoptives ; que les parents de Liserone étaient absolument ignorés, et que l’on connaissait ceux d’Automnette. Le père fut un peu étourdi ; mais le fils lui demanda si la dot était réelle. Sur la réponse affirmative, il déclara qu’il se marierait. Le père était trop épris de Liserone, pour rétrograder. Ainsi, grâces à l’adresse et à la générosité de la riche dame, ses deux pupilles furent épousées.
Mais on ne s’en repentit pas. A peine le riche oncle d’Automnette fut-il instruit, par le billet d’invitation, du sort heureux de sa nièce, qu’il accourut avec sa sœur. Ils augmentèrent la dot, et assurèrent la moitié de leur succession à Autom nette, qu’ils chérissent depuis ce moment. La tante coquette est enchantée de se trouver dans une maison honnête, dont elle peut tirer vanité parmi ses connaissances considérées.