‹ Le Palais Royal (volume 4)Chapitre 89 sur 98 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Un plus heureux destin !

Mon âme était assoupie D’une mortelle langueur ;

Une épouse trop unie M’affadissait le cœur !

Rendez-lui sa vigueur,

Son ancienne énergie,

Par un peu de lubie,

Mais sans trop de rigueur !

Giroflée .

Pour l’amant qui m’engage Je prendrai le langage Que mon cœur m’a dicté.

Vous n’êtes point volage ;

Fidèle à la beauté,

Si votre cœur est arrêté Dans une chaîne nouvelle,

Ce n’est pas qu’il ait quitté Celle qui dut être éternelle :

Votre femme de nouveauté Fnvers vous seule est coupable ;

Elle a cessé d’être semblable A celle qui vous charma :

Elle connaît son tort, et change,

En vous rendant l’objet que votre cœur aima, Ainsi, ne trouvez pas étrange Que de votre côté votre épouse se range.

Et vous laisse brûler du feu qu’elle alluma ! Elle veut que votre tendresse Se lasse d’un nouvel amour,

Pour être nouvelle à son tour :

Et revenant, par ce détour,

Au cœur qui l’intéresse.

Elle prend le plus court.

— Avalez ce potage! (lai dit-on, en le retenant sur sa chaise, ou la musique cesse, et la chanteuse disparaît ! Mais il ne put manger. On lui dit alors que deux belles actrices vont venir se mettre à table, s’il promet de manger. Il s’y engage. Le rideau s’ouvre, et les belles paraissent. — Mademoiselle Renaud ! (s’écria le vieillard), et... Madame Dugason!.,. Ah! divinités! venez, venez embellir ma table ! Les belles s’y assirent en rougissant. — — Je vais manger (leur dit-il).

En effet, à peine furent-elles servies, qu’il fallut le modérer, de peur qu’il ne s’étouffât. Il leur enlevait ce qu’elles avaient touché. Un morceau mordu leur était ravi sur-le-champ. On craignit pour son estomac.

Depuis ce moment, les deux belles chantèrent, mangèrent, reçurent des présents et furent adorées. Giroflée est recherchée aujourd'hui par un excellent parti. Quant à Violette, nous avons découvert qu’ elle est fille du notaire. C’est avec précaution que nous instruirons ses parents. Nous leur dirons tout, parce qu’ils le sauraient malgré nous : mais

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