‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 4 sur 91 · ROSE ET AURORE · texte numérisé non relu

ROSE ET AURORE

Nous avons fait Thistoire de Narcisse. En continuant de rendre visite à Madame Janus, nous parvînmes à savoir le complément de l'histoire de toutes ses autres élèves.

On connaît la singulière origine de la belle Rose : jamais, peut-être, il ne fut de fille aussi jolie, aussi spirituelle. Son père, en la faisant, songeait à la belle baronne, qu'il croyait posséder, et qu'il possédait avec une volupté inexprimable, pour la première fois. Surpris de la perfection de ses charmes, il ne pouvait se lasser de les admirer. En effet, c'étaient réellement ceux d'une vierge de quinze à seize ans, sur les appas de laquelle ancune

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main amoureuse ne sëtait encore appesantie. Le vicomte était dans l'enchantement ! Or on sait combien le charme de la conception influe sur le caractère de Penfant, qui provient d'un embrassement complet! Ce qu'il y a de particulier, c'est que Rose ressemblait à la baronne, plus qu'Œillette ellemême, sa sœur de père, qui était véritablement fille de cette dame.

Quoiqu'il en soit, il résulte de tout ce que nous venons de dire, que Rose avait infmiment d'esprit et de beauté. Après avoir été Sunamite, sans trop affaiblir sa santé, par les précautions de Madame Janus, qui n'était pas une avide matruUe, mais une mère tendre pour toutes ses filles ; Rose fut choisie, avec Aurore, aussi belle et presque aussi spirituelle, pour amuser une grande dame, par leur conversation. Cette grande dame, après des malheurs égaux à sa haute naissance, était tombée dans une mélancolie profonde, dont rien ne pouvait la distraire. Rose particulièrement en vint à bout, non seulement par la conversation, mais par son talent pour la peinture, dans lequel elle réussit admirablement. Aurore la secondait.

Rose, un jour, dit à cette aimable compagne : — Nous avons épuisé tous les contes des villes et des provinces; nous avons récité à la princesse toutes

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