TROISIEME PARTIE I
les contemporaines de N.-E. Restif, ses Françaises, ses Parisiennes, qui par leur naturel, lui paraissaient dés faits réellement arrivés: au lieu que les contes de Marmontel, ne sont que de jolis contes. J'ai répété les Nuits de Paris, comme des faits nouveaux : j'étais au bout de mes sciences, lorsque j'ai découvert un trésor 1 Nous en avons pour un an. C'est quatre-cent trente-quatre histoires provinciales, recueillies par Restif, sur des canevas envoyés de toutes les parties du royaume. Elles sont encore en manuscrit. Nous en apprendrons chacune, toi et moi. une par jour, et nous les réciterons, comme à l'envi, à la princesse! Aurore fut enchantée de la découverte. Elle reçut de la main de Rose, son histoire à réciter, et elle l'apprit. C'était la Seconde Provinciale (i).
La princesse, chaque jour, écoutait une de ces histoires à sa toilette, et l'autre, après son dîner. On les lui donnait pour des faits récents, qui venaient d'arriver, et elle était distraite,. par là, d'une manière efficace.
Le succès de la recette de Rose l'encouragea. Les Provinciales étaient toutes composées; elle voulut s'essayer à devenir auteur elle-même ,
(1) Cet ouvrage doit paraître, après celui-ci.
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et c'est à ses efforts, pour désennuyer la princesse, que nous devrons les Mille et une métamorphoses. Mais Rose sentit qu'un ouvrage aussi vaste fatiguerait son imagination. Non-seulement elle s'associa sa belle compagne, mais, de concert, elles mirent de l'entreprise les seize autres converseuses.
Il fut convenu, qu'après la composition de chaque Métamorphose, on la communiquerait aux dis-sept coopératrices ; que chacune d'elles ferait un essai de la Métamorphose suivante, et qu'on préférerait la meilleure, ou qu'en les fondant, on en ferait une, deux, trois bonnes et même davantage. Ce plan fut agréé par toutes. Ainsi, nous n'y reviendrons plus. On voit qu'au moyen de cette association, les dix-neuf con verseuses devaient être très-amusantes, parce qu'une d'elles n'avait pas son esprit seul, mais l'imagination de toutes les autres : ce qui devait la faire paraître admirable, aux personnes qu'elle devait amuser par la conversation. Aussi ont-elles le plus grand succès ! Elles sont devenues bien nécessaires pour les ennuyés qu'elles doivent dissiper, et ces êtres auparavant blasés, les regardent comme le sel de leur vie... Puissions-nous étendre leur réputation, et rendre plus connue cette ressource